Françoise et Agnès Triaire, présidente et secrétaire de l’association « Music en Seine » et Jacky Weber, chef de chœur de la chorale « Cœur Gospel »
Ah ! Noël et ses chants traditionnels, ils sont encore dans toutes les mémoires ; parmi ceux-ci, le genre musical Gospel tient une place de premier rang. Nous vous invitons aujourd’hui à découvrir une chorale trielloise qui jouit d’une très bonne réputation dans ce domaine. Comment fonctionne-t-elle ? Comment son répertoire est-il choisi ? Nous allons essayer de répondre à toutes les questions que vous pouvez vous poser à son sujet… et vous donner l’envie de vous rendre à l’un de leurs concerts ou pourquoi pas de chanter dans ce groupe.
Bonjour Agnès, Françoise et Jacky, merci pour le temps que vous voulez bien nous accorder. Commençons par la création de votre chorale, comment est-elle née ?
Jacky Weber (JW) : elle a été créée en 2003 et un peu par hasard. J’étais à cette époque chef de chœur dans une chorale, déjà de gospel, à Cergy ; Françoise et Agnès étaient déjà choristes dans cet ensemble. Un petit différend avec le bureau a fait que le groupe a été scindé en deux. Dans le même temps, la municipalité de Triel nous a proposé de nous prêter une salle de répétition si, en échange, nous nous engagions à participer à la fête de la musique locale.
Françoise Triaire (FT) : nous étions alors une quinzaine de choristes dirigés par Jacky, nous ne partions pas de zéro ; nous nous connaissions et possédions déjà un répertoire commun. Cette participation a été le départ de notre association « Music en Seine » et de sa chorale « Cœur Gospel ».
Agnès Triaire (AT) : la chorale a rapidement pris son rythme de croisière et depuis cette date nous n’avons eu de cesse de croître en effectif, ce qui fait que nous sommes actuellement quatre-vingts ! Il faut toutefois noter que la plus grosse progression a eu lieu après les années « COVID », notre effectif a presque doublé en 2022.
Je suis admiratif : diriger autant de personnes doit demander maîtrise et compétence, comment y arrivez-vous ? Avez-vous suivi une formation ?
JW : contrairement à ce qu’on peut penser, il est plus difficile de conduire un petit groupe qu’un gros ensemble. Pour répondre à votre dernière question, oui j’ai eu la chance de pouvoir intégrer une école de musique parisienne ; j’y ai obtenu un diplôme, passeport indispensable pour diriger une chorale. Mais je suis avant tout autodidacte. Je suis d’origine malgache et dans mon pays, le chant fait partie intégrante de la culture. Les hommes comme les femmes aiment chanter et contrairement aux pays européens dans lesquels les chorales sont à majorité féminines, on trouve à Madagascar une mixité quasi parfaite. Après mon école parisienne, j’ai aussi pu parfaire mon éducation musicale aux Etats-Unis, à la Nouvelle-Orléans et à New-York, deux lieux dans lesquels il existe une réelle culture gospel ; j’y ai beaucoup appris. Ces expériences me permettent maintenant de diriger plusieurs chorales, pas seulement de gospel mais aussi de variétés et de leur apporter mon savoir-faire.
De votre côté, Agnès et Françoise, comment avez-vous intégré une telle chorale ?
FT : pour ma part, j’ai toujours aimé chanter et comme ma sœur Agnès (Françoise et Agnès sont jumelles), déjà au collège, je faisais partie d’une chorale. Lorsque nous sommes arrivées dans la région parisienne, nous avons rapidement intégré la chorale de Cergy. Le chant en chœur a une grande importance pour nous ; il fait vraiment partie de notre vie et nous a toujours plu.
Revenons à la création de « Cœur Gospel », est-ce que les débuts n’ont pas été trop difficiles, avez-vous rapidement pu vous produire ?
AT : bien sûr au départ, nous avions moins de concert qu’actuellement mais nous avons assez rapidement trouvé notre rythme qui est d’à peu près quinze concerts ou prestations par an. Il faut bien sûr être connu et « reconnu », ça ne se fait pas tout seul ; il faut faire preuve d’un peu de professionnalisme et d’originalité, une qualité que possède notre chef de chœur et qu’il a su nous transmettre. Peut-être est-ce du fait de ses origines africaines, toujours est-il qu’il apporte à notre groupe une certaine ferveur propre à ces pays. Lors de nos concerts, nous aimons aussi faire largement participer le public, c’est un peu notre marque de fabrique ; cependant, cette façon de se produire peut plaire beaucoup ou … pas du tout ! En tous les cas nous constatons que, si au début c’est nous qui démarchions, maintenant ce sont souvent les associations ou les mairies qui nous appellent, c’est plutôt bon signe, non ?
Comment choisissez-vous votre répertoire ? Existe-t-il des incontournables ?
JW : comme Agnès le disait, nous essayons de nous montrer un peu différentes des autres chorales de gospel. Cette différence se traduit dans notre façon de chanter mais aussi dans le répertoire. Il y a bien sûr des évidences, des chants qui sont très attendus par un public qui serait peut-être déçu si on ne les lui proposait pas ; en général, ils terminent le concert, ce sont des traditionnels connus par tous dans lesquels l’auditoire peut très largement participer ; c’est aussi cette joie du public qui est notre plus belle récompense. Si nous pouvons pendant un peu plus d’une heure lui faire oublier tous ses soucis et lui trouver un petit espace de bonheur, je crois que nous avons réussi.
FT : en plus des gospels traditionnels, nous intégrons à nos concerts quelques chants malgaches arrangés par Jacky car c’est lui qui fait tous nos arrangements. Nous essayons aussi de nous renouveler ; nous apprenons un nouveau chant chaque quinzaine et finalement je crois qu’on peut dire que c’est notre répertoire en son entier qui change chaque année.
Mais comment faites-vous pour les répétitions, quatre-vingts personnes, il faut une grande salle ?
JW : depuis que nous sommes aussi nombreux, nous avons dû faire un choix et la chorale a été séparée en deux groupes, l’un répète le jeudi soir et l’autre le vendredi soir. Il est cependant indispensable d’avoir une répétition commune de temps en temps (ce que nous faisons deux fois par saison) et dans ce cas, nous trouvons toujours un espace adapté. Nous profitons d’ailleurs de cette interview pour remercier la mairie de Triel qui met gratuitement ces salles à notre disposition ; en plus, elle nous prête généreusement le bus municipal pour les longs déplacements ; c’est une aide très appréciable.
Parlons un peu de votre public, quel est-il ?
AT : on peut dire qu’il est vraiment intergénérationnel, nos concerts plaisent autant aux enfants et aux jeunes qu’aux adultes et aux seniors. On y rencontre aussi toutes les couches sociales, nous nous produisons aussi bien à Saint-Germain-en-Laye qu’à Argenteuil et dans tous les cas la ferveur est la même, c’est une des richesses du gospel, c’est avant tout un chant qui rassemble.
Justement, à propos de vos concerts, dans quels lieux vous produisez-vous ?
FT : nous chantons le plus souvent dans des églises ; c’est vraiment l’espace le mieux adapté pour ces chants qui sont à la base chrétiens. En plus, ces bâtiments sont souvent majestueux et emplis d’une certaine spiritualité qui vient ajouter du sens à nos chants. Par exemple, nous avons eu la chance d’accompagner la grande organiste Rhoda Scott lors d’un concert dans la collégiale de Mantes-la-Jolie ; c’est pour nous tous un moment inoubliable. Mais nous pouvons nous produire aussi dans des salles des fêtes ou des endroits plus intimes. Nous intervenons de temps en temps dans des EPAHD ou des centres pour personnes handicapées où les pièces ne sont pas très grandes et dans ce cas, nous nous adaptons ; nous pouvons nous produire à partir de dix choristes, ce qui est également le cas pour les cérémonies de mariage ou de baptême. Il nous arrive aussi de jouer au profit d’une association comme le Rotary ou le Lions Club ; dans ce cas une partie de la recette leur est versée.
Quelle est la composition de votre chorale ?
JW : comme beaucoup de chorales en France, elle est composée de femmes à environ 85 %. C’est curieux, je ne sais pas trop comment expliquer le fait qu’il y ait si peu d’hommes dans les groupes de chant, peut-être un problème de sensibilité ou de pudeur ? Je ne sais pas comment répondre ? En ce qui concerne les choristes, un peu comme notre public, la gamme d’âge est large, elle va de 21 à 88 ans !
Est-ce qu’il est nécessaire d’avoir une belle voix pour en faire partie ?
JW : pas du tout, il faut quand même chanter juste, mais comme nous ne proposons pratiquement aucun solo, la « belle voix » n’est pas indispensable dans notre ensemble. Quand il y a besoin d’un chanteur soliste, c’est moi qui l’assure ; nous préférons privilégier le côté festif du gospel.
Est-ce que votre association propose à ses membres une formation leur permettant de progresser ?
AT : nous avons mis en place un stage annuel de perfectionnement ; il est proposé un dimanche afin que tous puissent y participer et a lieu dans la maison des associations de Triel. Cette formation est assurée par une professeure de technique vocale avec laquelle nous travaillons depuis plusieurs années et par un professeur de percussions de l’école de musique de Triel.
Nous voilà arrivés au terme de notre entretien, si un lecteur ou une lectrice voulait rejoindre votre chorale, d’abord est-ce possible et puis, question un peu plus matérielle, pouvez-vous nous donner une idée du montant de la cotisation ?
FT : elle est actuellement de 180 € (340 € s’il s’agit d’un couple) pour l’année. Et oui bien sûr, c’est avec plaisir que nous accueillerons de nouveaux choristes car, si la plupart d’entre eux sont fidèles (70 % des chanteurs sont dans la chorale depuis au moins dix ans) il y a un peu de « turn-over » et chaque année il est nécessaire de renouveler notre effectif.
Nous voudrions aussi saluer le travail formidable de notre trésorier Eric Peney, indispensable dans notre équipe et remercier tous les membres du bureau élargi. Ils sont nombreux à gérer le site Internet, les réseaux sociaux, les recherches de concerts, les paroles, les affiches, les toges, etc.
Pour conclure, j’aimerais rappeler la date de notre prochain concert à Meulan, il aura lieu le 14 mars à la Ferme du Paradis, il commencera à 20 h 30 ; le tarif est de 10 € pour les adultes, 5 € pour les 12-18 ans et pour les moins de 12 ans, l’entrée est gratuite. Nous vous y attendons nombreux et avons hâte de vous présenter notre nouveau répertoire…
Merci beaucoup à vous trois pour votre énergie, pour cette belle présentation de votre chorale et pour tout le bonheur que vous apportez à votre public, vivement le 14 mars que nous puissions aller vous applaudir.
Propos recueillis par Jannick Denouël
Pour ceux qui veulent rejoindre la Chorale « Cœur gospel » ou qui désirent plus d’information :
https://coeur-gospel.fr – 06 27 47 94 75 – cgospel@free.fr

