En parlant avec Jean-Philippe Guillot, président de Meulan-Vexin-Seine-Athlétisme (MVSA)
L’athlétisme, un sport dont on parle beaucoup au moment des Jeux Olympiques mais qui, une fois cette période passée, retombe rapidement dans l’anonymat. Il s’agit pourtant d’une discipline majeure, un sport universel et complet qui a de nombreuses valeurs. Nous avons la chance à Meulan d’avoir un club qui permet de le pratiquer, bienvenue sur la piste, nous vous proposons aujourd’hui de découvrir le MVSA…
Bonjour Jean-Philippe Guillot. Vous êtes président du club Meulan-Vexin-Seine-Athlétisme, parlez-nous de sa création, comment a-t-il vu le jour ?
Il a été créé en 2011 et le début a été difficile, nous n’étions que onze passionnés, c’est bien peu ! Quand on voit ce que notre section est maintenant devenue, nous sommes deux-cent-soixante-cinq, on se rend compte du chemin parcouru…et lorsque l’on fait le bilan de ces quatorze années, on constate que ce sont plus de mille deux cents personnes qui ont pu découvrir et pratiquer l’athlétisme grâce à MVSA, c’est une grande satisfaction !
En effet, c’est une progression spectaculaire, mais de votre côté, vous étiez-sans doute déjà pratiquant ?
Oui, j’ai commencé très jeune dans ce sport, ma spécialité était plutôt le sprint. Je faisais partie du club des Mureaux, le « CO Basse-Seine » puis de celui d’Aubergenville. Ensuite, en 1991, j’ai eu envie de devenir entraîneur et ai eu l’occasion de monter plusieurs projets autour du sport scolaire avec la ville d’Aubergenville ; en 1994, je suis revenu aux Mureaux dans un club qui avait changé de nom et s’appelait « Les Mureaux-Val-de-Seine-Athlétisme ». Il se trouve que dans ce club, beaucoup de personnes devaient traverser la Seine pour s’entraîner et pratiquer ; or, vous connaissez comme moi les problèmes de circulation sur le pont qui relie les deux rives… Stéphane Jeanne, à cette époque maire d’Oinville et dont le fils était membre du club, m’a soufflé l’idée de créer un club sur la rive droite ; c’est de cette façon qu’a été fondé le MVSA.
C’est une belle histoire, mais pour les entraînements, comment faisiez-vous ? A ma connaissance, il n’y a pas de piste d’athlétisme à Meulan ?
Au début, les entraînements étaient organisés sur le stade de Meulan, avenue des Aulnes, mais malheureusement, nous avons rapidement dû déménager car il s’est transformé en mare. Nous n’avons toutefois pas perdu au change car depuis 2014 notre lieu de préparation est le gymnase Michel Jazy. Avec son petit stade, c’est un véritable écrin entouré d’arbres, une vue magnifique sur le Vexin voisin avec le chant des oiseaux qui rythme nos séances. Nous disposons là d’un endroit un peu privilégié, très agréable qui apporte au club une note familiale.
Bon vous voilà bien installés à Meulan, pouvez-vous nous dire quelles disciplines vous y pratiquez ?
Nous pouvons y faire presque toutes celles de l’athlétisme classique, courses (sprint, haies, demi-fond et fond), sauts (hauteur, longueur, triple saut et perche) ; il n’y a que pour les lancers qu’il y a un petit bémol. Nous ne disposons pas de « cage », donc pas de lancer de marteau ou de disque et le javelot est aussi limité à la catégorie jeunes car la surface d’herbe est petite. Nous disposons sur ce site d’une piste en synthétique qui mesure 180 m (200 m sur le couloir extérieur) qui nous permet de nous entraîner sur toutes les distances. Nous avons aussi les compétences et le matériel pour former nos jeunes au saut à la perche, une discipline spectaculaire très prisée, ainsi qu’une section marche nordique que vos lecteurs connaissent sans doute puisque Vincent Berger, son animateur, a déjà eu le plaisir d’être interviewé pour votre journal.
Sur les maillots de vos sportifs apparaît le logo de la communauté urbaine GPS&O, est-ce que ça veut dire qu’elle vous soutient ?
Oui, c’est un peu pour cette raison, mais pas seulement. Fin 2018, une entente GPS&O-Athlé regroupant huit clubs de la région (CA jeunesse, Mantes-la-Jolie, Limay, Les Mureaux, Vernouillet, Poissy, Conflans et bien sûr Meulan) a été créée. Ils participent ensemble, sous la bannière GPS&O à toutes les compétitions mais cette entente nous permet surtout de pouvoir mutualiser nos éducateurs et nos équipements, matériel qui coûte très cher. J’évoquais tout à l’heure les lancers de marteau et de disque ; cette entente nous permet aussi de pouvoir nous y entraîner à Mantes ou dans un autre stade équipé.
Parlons un peu des résultats, car il me semble avoir lu dans la presse quelques belles performances.
En effet, beaucoup de nos jeunes atteignent maintenant un très bon niveau et nous en sommes ravis. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer Odeline Lafontant (elle a été en 2025 vice-championne de France en U18 sur 400 m), Enzo Lucas qui est dans le top 15 français chez les cadets toujours sur le 400 m et Rémy Ledent tout près du niveau national sur 60 m haies. Ces trois athlètes sont vraiment de très belles satisfactions ; ils sont des exemples pour tous les membres de notre club. Actuellement pour la saison d’hiver, nous préparons les championnats de France de cross qui auront lieu à Carhaix en Bretagne. Dans ce domaine, nous avons pu par le passé saluer les belles performances de ceux et celles qui ont participé à des compétitions relevées : Matéo Méplomb aux championnats de France (2024), Sébastien Dray aux championnats du monde de trail court (2025), les jeunes Elie Humbert (2025) et Laura Leviel (2021) toujours sur les championnats de France de cross.
Pour atteindre de telles performances, il faut bien sûr s’entraîner ; quand ont lieu ces préparations ?
Pour les plus jeunes, le créneau principal est le samedi matin. Nous accueillons ce jour-là plus de soixante athlètes de tous âges ; mais nous avons aussi des entraînements au cours de la semaine en soirée. Pour les 6-10 ans, ils ont lieu le mercredi à partir de 17 h et jusqu’à 18 h 30 et le vendredi de 17 h 40 à 19 h 10 et pour les U14 et U16, le mercredi de 17 h à 19 h et le vendredi de 18 h 30 à 20 h 30. Pendant l’hiver, s’il fait vraiment mauvais nous pouvons pratiquer dans le gymnase Michel Jazy ou dans celui des Annonciades.
Pour assurer autant de séances, vous disposez sans doute d’une équipe d’entraîneurs importante ?
Oui, nous avons au club un staff de quatorze éducateurs. Ils sont pour la plupart pratiquants ou anciens athlètes et sont diplômés. Au sein de notre école d’athlétisme, ils font tous un gros travail de formation, en commençant l’athlétisme jeune, avec de la patience, ils arrivent à obtenir de beaux résultats.
Est-ce que vous avez des partenaires avec lesquels vous préparez des projets ?
Oui, c’est le cas cette année, notamment avec le collège Henri IV. Dans le but de faire un état des lieux, nous avons effectué des « tests-santé » sur les classes de sixième de cet établissement. Nous leur avons fait découvrir le sprint et le saut en hauteur et le résultat a été très probant : en deux séances, 90 % d’entre eux étaient tout à fait aptes à effectuer un saut. D’autre part, avec le concours de GPS&O et du conseil départemental des Yvelines, nous avons organisé entre juillet 2023 et l’été 2025, un « Athletic day », une sorte de village itinérant permettant de découvrir l’athlétisme. Une cinquantaine de communes appartenant à la communauté urbaine a pu bénéficier de cette animation. Pour cela nous disposions d’une structure gonflable sous laquelle nous avons pu initier près quinze mille jeunes au saut à la perche, au saut en hauteur, à la vitesse avec un radar, aux courses d’obstacles et aux lancers. Nous avons choisi de présenter ces disciplines sous une forme ludique, par exemple en récompensant les participants d’une médaille ; nous sommes très fiers de cette réussite.
Avec un professeur d’EPS du collège Henri IV, nous avons aussi en projet la mise en place d’un village-athlétisme sur une journée ; elle aura lieu le 19 juin prochain. Son organisation va être confiée à une classe de 3ème. Ses élèves devront gérer toute la logistique de cet évènement, c’est-à-dire préparer et juger les épreuves, s’occuper des invitations, etc. C’est un gros travail qui leur permettra de voir toutes les facettes d’un tel évènement qui, en plus, sera inclusif, donc ouvert à tous.
Deux de nos éducateurs interviennent également régulièrement à l’IME des Mureaux avec des jeunes en situation de handicap.
Revenons aux compétitions d’athlétisme ; quand ont-elles lieu ?
Il y a deux saisons, celle d’hiver qui est en cours : elle comporte surtout du cross et des trails plus ou moins longs et celle d’été qui commencera en avril et se terminera mi-juillet. Au cours de cette dernière, il y a deux types de rencontres, les interclubs, en général au mois de mai, et les championnats individuels, d’abord départementaux, puis régionaux et enfin nationaux. A chaque niveau, pour être qualifié, il faut avoir accompli un certain minima pour avoir le droit de participer ; ils deviennent de plus en plus relevés, particulièrement dans notre région d’Île-de-France et on peut dire que lorsque l’on est sur le podium régional, on n’est guère loin du niveau national.
Voilà, nous arrivons au terme de cet entretien, est-ce que vous désirez ajouter quelque chose pour conclure ?
J’espère avoir donné envie à vos lecteurs de nous rejoindre ; l’athlétisme est un sport qui apporte beaucoup, tant au point de vue de la santé physique que sur celui du mental. Nous sommes aussi très conscients des valeurs qu’il véhicule, estime de soi, sens de l’équipe, respect mutuel, etc.
Je tiens également à remercier les membres du bureau, Audrey Arcoleste, David Fedel, Pascal Meplomp et Cédric Carpentier et les autres dirigeants qui contribuent ou ont contribué au fonctionnement du club ; nous leur devons une grande part de notre réussite. Merci également à toute l’équipe des bénévoles, qui nous permet de continuer à accueillir de nombreux enfants, et au syndicat intercommunal qui met gracieusement à notre disposition les infrastructures indispensables à notre activité.
Merci beaucoup Jean-Philippe Guillot pour toutes ces précisions concernant votre club qui n’a maintenant plus de secrets pour nos lecteurs, un grand bravo à tous vos athlètes pour leurs très beaux résultats et à toute votre équipe pour son engagement au service de tous.
Propos recueillis par Jannick Denouël

