les catéchumènes, un appel à la conversion de nos communautés
Un dimanche après-midi autour de la question de la présence de nombreux catéchumènes sur notre paroisse, plus de cinquante catéchumènes. Deux rencontres simultanées à Triel et à Meulan. Je retiens de cet après-midi du dimanche 8 février une grande joie. D’ailleurs la journée était très ensoleillée.
Pas de réponses ni de grandes décisions : simplement un échange, des pistes de réflexion et un questionnement. Et si ce questionnement gagnait toute la communauté. Et si tous ensemble, nous acceptions de nous émerveiller devant l’appel du Christ ? Et de nous réjouir ? Car cet appel n’est pas une mise en route pour être en règle avec l’Église ou avec Dieu. Voilà la joie. Il s’agit bien plus profondément de la rencontre du Christ bien souvent dans des moments de fragilité : deuil, épreuves de relations, déceptions amoureuses ou amicales, maladie ou difficultés professionnelles, …
Une vraie rencontre amoureuse de Jésus qui rejoint et parle dans nos blessures. « Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades ». Comme tant de rencontres dans l’Évangile, des hommes et des femmes blessés, meurtris, voire humiliés, font la rencontre de Jésus qui les comprend et peut les guérir. Pendant que les « faisant bien » et les « sachant bien » sont indifférents à la présence de Jésus et critiquent la proximité de Jésus avec les pauvres.
Comment communiquer la joie de ce questionnement et de cet étonnement ? Sans chercher des réponses. Mais en les attendant du Seigneur lui-même, dans la prière et dans l’échange ? Comment se laisser renouveler dans notre façon de suivre le Christ Jésus par des catéchumènes qui n’entrent pas dans la communauté pour simplement pratiquer une religion ? Nous nous tromperions lourdement si nous ne voulions simplement que les intégrer dans nos activités, dans l’organisation que nous voulons. Souvent, ils répondent présents quand on leur propose de visiter des malades ou d’aller à Lourdes.
Les catéchumènes sont, c’est une évidence pour moi, envoyés pour renouveler notre conception de la vie en communauté. Pour exprimer cela en deux mots, je reprendrai une expression du pape François : une Eglise en sortie : « sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile ».
Frère Baudoin, prêtre.

