Petite histoire du ticket de métro parisien
Ce livre de Grégoire Thomas retrace la vie de ce petit bout de carton au fil des années, jusqu’à sa prochaine complète disparition cette année 2026.
Quelle tristesse pour les ésitériophiles !
Tirés de ce livre, je me permets de vous livrer quelques détails historiques.
Le prix des tickets ne variera pas pendant dix-neuf ans de 1900 jusqu’à 1919 ; rose pour la première classe (25 centimes) et, pour la seconde classe, crème pour un aller (15 centimes) et vert pour un aller et retour (20 centimes). Mais en janvier 1919, une grève au sein de la compagnie (CMP) pour obtenir une réduction de la journée de travail à 8 heures va entraîner la première augmentation de 5 centimes.
Par la suite apparaîtra sur les tickets un « alphabet tarifaire » : en 1925 c’est le tarif A, en 1926 le B suivi quelques mois plus tard du C mais sans augmentation immédiate, simp lement parce que le stock du B était épuisé ! Et en 1958 le changement de tarif est agrémenté d’un changement de couleur, ce qui deviendra une habitude. Le dernier ticket (en 2003) portera la lettre t et t + (en 2007). A noter que pour éviter une possibilité de triche, il n’y eut jamais de tarif Q ni R !
Il a servi aussi de support publicitaire et a vu en 1943 la taille du trou de compostage agrandi passant de 4 à 6 millimètres… des usagers, assez nombreux semble-t-il, auraient, pour faire des économies, maquillé leurs tickets usagés en tickets neufs en remplissant le trou du compostage avec de la mie de pain écrasée. Ce trou était spécifique à chaque ligne, comme indiqué sur le tableau ci-joint et disparaît totalement en 1975 ainsi que quelque temps plus tard le principe de l’alphabet tarifaire avec la généralisation des tickets à bande magnétique et des « tourniquets ».
Un autre enterrement eut lieu en 1991 : la première classe fut définitivement supprimée dans le métro mais il faudra attendre 1999 pour le RER.
Bruno Gonin

