Quel regard portons-nous ?

Dans le quotidien de nos existences, chacun évolue et ressent instinctivement ou de manière raisonnée tous les messages qu’il reçoit lors de ses contacts avec des personnes de son entourage ou plus éloignées, qu’il s’agisse d’entretiens verbaux, de gestes, de différentes informations ou rumeurs transmises par toute sorte de médias et autres méthodes. Notre vie et celles des autres sont autant de messages que nous envoyons et recevons. Ils sont reçus et interprétés. Ils jouent un rôle énorme dans l’élaboration de nos jugements.

Le jugement est périlleux et peut entraîner celui qui juge et celui qui est jugé sur une pente dangereuse, les malentendus sont vite arrivés. Le Christ nous a mis en garde : « Ne portez de jugement contre personne et Dieu ne vous jugera pas non plus ; ne condamnez pas les autres et Dieu ne vous condamnera pas ; pardonnez aux autres et Dieu vous pardonnera. Dieu mesurera ses dons envers vous avec la mesure même que vous employez pour les autres. » (Luc 6, 37) Pour juger, il faut avoir en mains tous les tenants et aboutissants afin de pouvoir porter une juste appréciation. Avons-nous la possibilité de tout savoir ? Non ! Il faut bien reconnaître que globalement nous en sommes incapables ; il y aura toujours un point, qui concerne l’évènement ou la personne en cause, qui ne nous est pas connu ce qui altère notre vision des choses.

C’est pourquoi il nous faut une très grande prudence dans l’expression de nos points de vue qui sont parfois des sentences redoutables. N’ayons pas peur d’avoir de l’indulgence car celle-ci, implicitement, fera ressortir le fait que nous ne savons pas tout et que peut-être nous commettons les mêmes erreurs que celui que nous incriminons. Les médias, les conversations nous abreuvent de faits plus ou moins correctement rapportés, d’interviews parfois orientées ou tendancieuses qui ont pour finalité de nous convaincre d’adhérer à telle ou telle idée, de juger telle ou telle personne ou situation.

Ayons notre propre opinion et ne nous cachons pas derrière celle des autres. Essayons de prendre un peu de hauteur et d’analyser de notre mieux, ne nous arrêtons pas à la première constatation qui nous est présentée. Oui, il y a des trains qui arrivent en retard mais regardons le nombre de ceux qui arrivent à l’heure grâce au travail de tous les cheminots. Oui, il y a des problèmes dans les services hospitaliers mais c’est grâce au personnel qui se dévoue que les personnes en détresse de santé sont secourues. Oui, en France, on se plaint de la délinquance mais les services d’ordre sont là pour assurer le bien-être de tous. D’autres pays sont bien moins lotis que nous. Oui, il peut y avoir des problèmes dans les couples. Tout n’est pas mauvais chez l’un ou l’autre et les torts sont souvent partagés. Le bien commun doit guider notre regard et notre engagement.

Il ne s’agit pas d’une harangue politique mais d’une réflexion pour nous inviter à voir le bon côté des choses et ne pas s’arrêter à la première impression. L’être humain est ainsi fait ; il a du mal à aller jusqu’au bout du raisonnement en écoutant tous les arguments à la fois positifs et négatifs. Et si au lieu de laisser la grogne gérer notre vie, nous laissions notre joie naturelle nous conduire à œuvrer, agir et être des acteurs de bons sens, de paix et d’harmonie. Cherchons à nous sortir de cette morosité qui nous menace. Quand un journaliste a demandé à Mère Thérésa : « N’avez-vous pas l’impression que ce que vous faites est une goutte d’eau dans les océans ? » Elle répondit : « Oui, mais si elle n’y était pas elle manquerait ! »

Alors que chacun d’entre nous soit une goutte d’eau car ce sont les gouttes d’eau qui finissent par faire des océans.

Yves Corvisy

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