ASCLEPIOS

Tout le monde connait le caducée de la médecine, composé d’un bâton surmonté du miroir de la prudence, autour duquel s’enroule un serpent. C’est le bâton du dieu grec de la médecine, Asclépios (ou Asklepios),  rebaptisé Esculape pour les Romains. Le serpent qui s’enroule autour du bâton symbolisait l’arbre de vie qui harmonisait les deux aspects, maléfique et bénéfique du serpent qui, certes, peut donner la mort mais aussi la vie en étant source de remèdes.

Asklépios a peut-être été un humain connu pour ses connaissances et sa bonté et qui fut ensuite divinisé, mais la mythologie est toujours beaucoup plus complexe et l’a intégré au panthéon olympien comme fils d’Apollon et de la nymphe Coronis. Fille du roi de Thessalie Phlégyas, Coronis ne devait jamais connaître son fils. Un corbeau blanc chargé de surveiller la nymphe, apprit à Apollon que celle-ci le trompait avec un mortel nommé Ischys. Lorsqu’Apollon sut la nouvelle, il maudit le corbeau pour ne pas avoir crevé les yeux d’Ischys. C’est, dit-on, du fait de cette malédiction que les corbeaux arborent depuis une couleur noire. Apollon tua Coronis de deux flèches et Zeus foudroya Ischys. Conformément à la tradition, le corps de Coronis fut placé sur un bûcher funéraire. Lorsqu’il commença à se consumer, Apollon, pris de remords, arracha Asclépios vivant du ventre de sa mère, puis le confia au centaure Chiron.

De nombreux lieux de culte furent dédiés à Asclépios dont deux grands centres, l’un à  Epidaure et  l’autre dans l’ile de Cos. Cette dernière vit la naissance vers 460 avant J.C. d’un homme qui devint le véritable père de la médecine, Hippocrate.

Dans ces centres, la cérémonie proprement dite débutait après le coucher du soleil et se déroulait selon des rituels parfaitement mis au point qui prédisposaient le patient à recevoir les soins des prêtres.

Avant de consulter le dieu dans son temple, le malade était soumis à un grand nombre de pratiques que l’on pourrait appeler physiques ou hygiéno-diététiques, comme le jeûne, les ablutions, les bains, l’exercice, tandis que les autres, comme les purifications et les sacrifices, avaient un caractère religieux. Après cette préparation, il était admis dans le temple pour y passer la nuit dans le portique sur un lit placé près de la statue d’Asclépios. Là, dans le silence et la demi-obscurité du temple, il recevait en songe la visite du dieu pour lui indiquer les remèdes qui devaient le guérir. Le lendemain, le malade racontait ce qu’il avait vu ou entendu aux prêtres qui interprétaient ces visions pour appliquer le traitement prescrit par le dieu. Parfois la guérison était instantanée, parfois elle résultait d’un véritable traitement médical. Il semble qu’à l’origine les guérisons instantanées aient été les plus courantes. Il s’agissait pour ces cas de véritables miracles qui devaient être aussitôt consignés par écrit. On soignait quantité de maux, mais on peut penser que l’élément le plus important de ce genre de guérison était la foi du patient. L’atmosphère spirituelle et religieuse était sans doute fort impressionnante. Il n’est tout de même pas exclu que de nombreux soins à base de produits et procédés naturels comme la balnéothérapie ont dû avoir une certaine efficacité, ce qui expliquerait logiquement que ces centres de cure aient perduré pendant plusieurs siècles. L’usage voulait qu’avant son départ, le sujet guéri témoignât de sa reconnaissance par un présent plus ou moins important selon sa condition sociale ; il devait écrire sur une plaque de marbre le nom de sa maladie et le remède qui l’avait guéri. Avec le temps, la nature des sanctuaires, tout au moins les plus prestigieux, se transforma et on construisit de grands établissements de bains. Epidaure devint une sorte de ville d’eaux, où la cure de repos, l’hydrothérapie et les soins de médecins éclairés guérissaient tout autant qu’Asclépios.

L’ile de Cos possédait une école médicale réputée, la confrérie des Asclépiades, d’où le grand Hippocrate fera émerger l’embryon de la médecine moderne basée sur l’interprétation méthodique et clinique des symptômes présentés par le patient et l’application d’une thérapeutique codifiée.

Mais nous en reparlerons sans doute

 

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