CURNONSKY, poids lourd de la gastronomie

curnonsky1, 85 m pour 128 kgs, Curnonsky était connu pour son solide appétit et son sens de l’humour. Né à Angers le 12 octobre 1872, les débuts dans la vie de Maurice Edmond Sailland furent difficiles : sa mère meurt en lui donnant naissance et son père l’abandonne. Il est alors recueilli par sa grand-mère, toujours accompagnée de sa cuisinière, fin cordon bleu. Très tôt, il est donc initié à la cuisine de terroir.

Désirant devenir journaliste, à 18 ans, avec sa grand-mère et sa cuisinière, il s’installe à Paris pour préparer l’Ecole normale supérieure. Commençant à rédiger des articles pour des journaux, Alphonse Allais lui conseille de s’inventer un pseudonyme. « Pourquoi pas sky ? la mode étant aux noms à consonance russe, Tchaïkowsky, Stravinsky … ce qui en latin donne « cur non sky » !

Tout en continuant sa collaboration journalistique, il publie des romans ainsi que des contes. Il devient même en 1895 un des « nègres » de Willy, premier mari de Colette. Parallèlement, bon vivant, il fréquente les bistrots, théâtres et cirques et effectue un voyage en Extrême-Orient où il découvre la cuisine chinoise.

Une invention va bouleverser sa vie : l’automobile. Avec elle, il connaît les plaisirs des voyages. Son amitié avec André Michelin, pour qui il créera le nom de Bibendum pour le personnage de la marque (cf. notre numéro de décembre), lui fait prendre conscience d’une perspective d’avenir : le tourisme. Il parcourt alors la France culinaire, recherchant la cuisine du terroir, la cuisine simple des grands-mères qu’il a toujours privilégiée, rejetant celle trop sophistiquée à son goût des grands restaurants parisiens.

A partir de 1921, il publie avec Marcel Rouff « La France gastronomique », vingt-huit volumes sur la cuisine régionale et les meilleurs restaurants de France. En 1933, il fonde l’Académie du vin de France et lance, en 1947 avec Madeleine Decure, la revue « Cuisine et vins de France » qui donnera en 1953 naissance à un monumental ouvrage du même nom considéré comme la bible des recueils de recettes de cuisine.

Pour ses 80 ans, le 12 octobre 1952, quatre-vingts restaurateurs d’Ile-de-France apposèrent dans leur salle, à la place qu’occupait chez eux, celui qui avait été élu « prince des gastronomes », la plaque suivante : « Cette place est celle de Maurice Edmont Sailland Curnonsky, prince élu des gastronomes, défenseur et illustrateur de la cuisine française, hôte d’honneur de cette maison ».

Les soucis financiers et de santé : « J’ai trop d’urée … j’ai trop duré » disait-il, attristent ses dernières années. Le 22 juillet 1956, alors qu’il est à la fenêtre de son petit appartement situé au troisième étage de la rue Laborde, face au square Henri Bergson, il est pris d’un malaise et se tue en tombant sur le trottoir. Il est enterré au cimetière de Beauchamp (Val d’Oise).

Il laisse le souvenir d’un homme qui a défendu toute sa vie la cuisine bourgeoise et les plats régionaux et surtout la simplicité « signe de la perfection qui pouvait s’élever à la dignité d’un art ».

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