Dieu prend-il des vacances ?

Le livre de la Genèse, premier livre de la Bible, décrit, à travers une allégorie, la création du monde. Dans ce récit, la mise en place de l’univers s’opère en six jours. Et, toujours selon ce récit : « Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il s’était alors reposé après tout son ouvrage de création ». Cette affirmation a justifié, dans la sphère d’influence judéo-chrétienne, la semaine de sept jours et le repos hebdomadaire : pour les Juifs, le sabbat (le samedi), un temps consacré à la prière et la méditation ; pour les Chrétiens, le dimanche, jour de la célébration de la mort et de la résurrection du Christ, à travers l’assistance à la messe.

L’époque actuelle a sensiblement transformé la signification du repos hebdomadaire, tout en accentuant cette idée que l’activité obéit à un rythme où se succèdent effort et détente : cycle journalier avec le repos nocturne, cycle hebdomadaire avec le repos de fin de semaine, maintenant étendu à deux jours, cycle annuel avec ses périodes de congés. La fatigue du travail se résorbe dans ces périodes de ressourcement : temps donné au corps et au mental pour opérer la remise en forme.

Mais au delà de ce renouvellement des énergies vitales, le chercheur de Dieu apporte une signification particulière à ces périodes de repos. Tout comme Dieu contemple son œuvre le septième jour et la trouve bonne, ainsi chacun peut mettre à profit ces temps de coupure avec les contraintes de la vie professionnelle pour opérer un retour sur soi : temps de réflexion, d’évaluation, de préparation, de remotivation.

Il y a tellement de sujets qui sollicitent notre réflexion.

Tout d’abord notre relation aux autres et principalement dans la vie familiale : plus d’attention au conjoint, aux enfants, aux amis, à la vie associative. Les occasions et les moyens de rencontre entre personnes sont plus développés aujourd’hui qu’à toute autre époque de l’histoire. Mais il s’agit souvent de rencontres fortuites ou sans véritable communication. Rencontrer l’autre demande de faire le silence en soi pour écouter vraiment. C’est à la fois le moyen d’aider autrui et de se construire soi-même.

Il y a aussi notre programme de vie. Est-on pleinement satisfait de sa vie professionnelle ? Peut-être faut-il prendre un peu de recul et opérer un recadrage. L’organisation familiale peut-elle être améliorée pour que chaque membre de la famille dispose des meilleures conditions de vie ? N’y a-t-il pas des questions essentielles qui touchent à notre bonheur et à notre devenir et qui méritent notre attention ?

Alors, on peut se donner quelques défis : par exemple lire un livre qui favorise la réflexion plutôt qu’une œuvre simplement romanesque, renouer avec une activité physique pour ceux qui ont une activité sédentaire, se donner chaque jour une période de méditation ou un temps de prière si on ne le fait pas déjà. Bref, marquer ce temps de plus grande liberté par une décision qui nous fera progresser sur un ou plusieurs points précis.

Si tel est le cas, il n’en résultera peut-être pas une belle histoire de vacances à raconter à ses meilleurs amis, mais une grande satisfaction personnelle et une vraie régénération.

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