Editorial d’octobre 2015 : image, émotion, action ?

Nous savons depuis très longtemps que l’image peut avoir un impact très important, en particulier chez les enfants, à tel point que de nombreux parents tentent de protéger leur progéniture de toutes les agressions visuelles des médias. La photo du petit Aylan Kurdi, un enfant syrien de 3 ans, gisant sur une plage à Bodrum (Turquie), après le naufrage de son embarcation à destination de l’île de Kos (Grèce), le 2 septembre dernier, a provoqué une telle émotion que nous avons, une nouvelle fois, pris conscience de l’impact que peut avoir une image. Nous sommes interpellés dans ce que nous avons de plus cher, l’enfant innocent et fragile, victime de la plus grande des folies des adultes : la guerre. En effet, c’est en voulant fuir son pays en guerre, pour protéger sa femme et ses enfants que ce père, maintenant torturé de douleur, les a conduits à la mort.

Ce que cet événement dramatique met également en évidence, c’est que l’être humain a parfois besoin d’électrochoc pour prendre conscience de l’urgence d’agir. Confrontés de façon violente à la réalité des événements les gens se mobilisent d’avantage.

N’est-ce pas pour nous l’occasion de prendre conscience de l’importance pour chacun d’entre nous, de pas attendre d’être interpellé pour être attentif aux autres ou pour s’engager au service des autres comme le font déjà beaucoup de bénévoles au sein d’associations caritatives locales ou internationales.

Si nous nous sentons souvent impuissants par rapport à des situations de détresse éloignées de nous, de temps en temps il nous serait possible de venir en aide auprès de personnes en difficulté, plus proches de nous, parfois de notre propre famille ou inconnues.

Ainsi, si nous ouvrons notre regard aux autres peut-être pourrons nous éviter des drames, en particulier ceux qui touchent les enfants, soit directement comme par exemple en signalant des cas de maltraitance qui sont malheureusement trop fréquents, ou bien en apportant réconfort et soutien aux parents confrontés à des difficultés ou des décisions difficiles comme l’interruption de grossesse, le divorce, la maladie ou le décès du conjoint ou de la conjointe etc… Un dicton populaire dit qu’il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Alors ouvrons les yeux sur la réalité de notre monde. N’attendons pas des images chocs pour prendre conscience que nous pouvons aider aussi bien nos proches que l’inconnu. Sachons redécouvrir que le respect et la protection de l’autre est une valeur de base de toute l’humanité. 

                                                                                  Yves Maretheu Rédacteur en chef

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