Arnaud Sepval, président de la Protection Civile des Yvelines

Depuis deux ans, vous les avez peut-être croisés patrouillant en bord de Seine ou lors du choco-trail d’Hardricourt : Febus et Epona, deux magnifiques chevaux noirs de race Auvergne qui ont élu leur QG en bord de Seine, à la sortie d’Hardricourt entre le chemin de halage et le boulevard Michelet. Pour en savoir plus, nous avons rencontré leur responsable, Arnaud Sepval, ce qui nous a conduits à nous intéresser à la Protection Civile, vous allez savoir pourquoi…

 

Bonjour M. Sepval, vous êtes à l’initiative de l’arrivée de Febus et d’Epona à Hardricourt. Mais quel est le lien entre ces deux chevaux et la Protection Civile ?

Febus et Epona sont les premiers acteurs de l’unité équestre de la Protection Civile des Yvelines, la seule unité équestre en France. La Protection Civile est une association loi 1901, agréée de Sécurité civile par le ministère de l’Intérieur, qui intervient en complément des services de Sécurité civile. Par exemple, elle est l’une des trois associations agréées pour répondre aux demandes du Samu Social lors des maraudes. J’en exerce la présidence pour les Yvelines mais je suis aussi administrateur fédéral en charge des partenariats au niveau national. C’est une activité passionnante pour laquelle je suis bénévole, sachant que j’ai aussi une activité professionnelle.

Comment cette association est-elle présente dans notre région ?

Il faut savoir qu’elle se décline dans les départements. Votre département est rattaché à celle des Yvelines qui compte environ quatre-vingt bénévoles et une douzaine de personnes chargées de l’encadrement et dont le siège est à Villennes-sur-Seine. Nous intervenons dans tout le département et nous disposons de locaux à Septeuil, Villennes-sur-Seine, Poissy et Hardricourt.

Quelles sont les missions de la Protection Civile ?

Elle a trois missions principales : aider, secourir, former. Aider, ce sont les maraudes auxquelles je viens de faire allusion mais aussi le soutien à la population lors de catastrophes comme les inondations – nous collaborons d’ailleurs lors de la définition et l’animation du Plan Communal de Sauvegarde. Nous participons aussi aux actions humanitaires : en ce moment, nos équipes sont mobilisées pour l’Ukraine. La deuxième mission, c’est secourir : nous sommes présents aux côtés des sapeurs-pompiers et en renfort du SAMU des Yvelines pour des gardes prompt secours. Nous étions aux championnats de France de cross-country aux Mureaux le week-end du 12-13 mars dernier où il y avait trois mille cinq cents compétiteurs et où nous avons réalisé près de deux cents interventions ; plus généralement, nous intervenons sur des dispositifs prévisionnels de secours à la demande des organisateurs d’événements sportifs ou culturels pour compléter le maillage des secours en parallèle des sapeurs-pompiers. Enfin, la dernière mission est de former : en interne pour nos bénévoles mais aussi pour le grand public, les mairies, les entreprises, les associations ; nous dispensons en particulier la formation « Prévention et Secours Civique niveau 1 » (PSC1) ainsi que d’autres formations que vous pouvez retrouver sur le site Internet de l’association.

Avez-vous des partenaires privilégiés ?

Nous avons le soutien des communes des Yvelines avec un partenariat avec l’Union des Maires des Yvelines, mais aussi un partenariat avec la SNCF pour intervenir en cas d’accident ou d’interruption de trafic, avec ENEDIS en cas de coupure électrique importante comme récemment lorsqu’un camion a fait tomber accidentellement un pylône électrique. Nous pouvons aussi aider à la mise en place de centres d’hébergement d’urgence dans un gymnase avec du matériel d’accueil des impliqués et d’hébergement (lits de camp, produits de première nécessité, etc.). Nous avons aussi des conventions avec la préfecture, le SAMU des Yvelines et les sapeurs-pompiers ainsi que les forces de l’ordre. Plus généralement, notre association est soucieuse de valoriser les acteurs du territoire et plus loin, comme l’Association de Valorisation des Chevaux de Race Auvergne (AVA-CRA) pour notre unité équestre.

Quels sont les types de bénévoles que vous recrutez ?

On a besoin d’une part de personnes pour des tâches administratives et d’autre part, de secouristes et de personnes qui s’engagent dans l’humanitaire, en particulier en temps de crise. Après une réunion d’information et un entretien, les bénévoles font un parcours d’intégration, sont formés et reçoivent un uniforme ; ils doivent être âgés d’au moins 16 ans et sont mobilisés douze à vingt heures par mois. Nos bénévoles sont souvent très investis : on constate cela, en ce moment, en les voyant prendre des congés pour porter secours aux populations d’Ukraine. Pour mieux les accompagner lors de missions éprouvantes, une pédagogie à la préparation mentale à nos diverses actions est intégrée à la formation ainsi qu’un suivi psychologique en cas de besoin.

Revenons à Febus et Epona. Ils n’ont pas passé ces derniers mois à Hardricourt. Pouvez-vous nous donner de leurs nouvelles ?

Febus et Epona vont très bien. Ils sont chez leur éleveur à Villemonteix dans le Puy-de-Dôme et devraient rejoindre Hardricourt dans le courant du mois de mai. Ce sont deux chevaux de race Auvergne, des chevaux demi-traits, de race rustique et calme et sensibilisés par leur éleveur aux bruits de la vie courante, travail qui est maintenu par nos cavaliers. Ils devraient être rejoints par Kéops, un jeune poulain de deux ans, en cours de préparation et d’autres chevaux pour les besoins des missions opérationnelles.

Comment se fait-il que la ville d’Hardricourt accueille vos chevaux ?

C’est un peu par hasard. J’ai d’abord rencontré Yann Scotte, maire d’Hardricourt lors d’une de nos réceptions et nous entretenons d’excellentes relations. Comme il est également président du conseil d’administration de l’association Handi Val de Seine, cela nous a aussi permis d’initier des actions vers le handicap. Lorsque j’ai été sollicité par mes équipes pour la recherche d’un pré, je me suis naturellement orienté vers lui. C’est ainsi que nous avons pu disposer d’un terrain à Hardricourt pour Febus et Epona. Sans Hardricourt, l’unité équestre n’aurait pas pu se lancer ! C’est une grande joie pour nous, d’autant plus que nous avons reçu le prix de l’innovation au congrès national de la protection civile aux Sables d’Olonne, le 20 mars dernier !

Quelles sont les autres missions particulières de votre unité équestre ?

Elles sont diverses ; les chevaux sont utilisés dans les missions de la Protection Civile où ils sont adaptés, par exemple en assistant la police ou la gendarmerie pour retrouver des personnes égarées ou secourir des personnes blessées, dans des endroits inaccessibles aux véhicules traditionnels ; cela peut-être lors du choco-trail d’Hardricourt comme en maraude dans les rues piétonnes des communes des Yvelines. Ils sont d’ailleurs aussi « mobilisables » pour des missions dans d’autres départements comme les Vosges récemment. Les chevaux interviennent aussi en partenariat avec la Protection Judiciaire de la Jeunesse pour accompagner des jeunes en difficulté en leur faisant côtoyer le milieu équestre.

Vous avez donc besoin de déplacer vos chevaux, avez-vous un véhicule dédié ?

Nous avons participé à l’appel aux projets participatifs d’Île-de-France l’an dernier et avons été lauréat. Le budget de 10 000 € gagné contribuera au financement d’un véhicule de transport à moteur écologique adapté aux transports de chevaux. La valorisation de notre environnement est par ailleurs un de nos soucis et nous étudions des solutions pour mettre à disposition des Hardricourtois le crottin de nos chevaux.

Avez-vous des messages à faire passer à nos lecteurs ?

Les bénévoles sont toujours les bienvenus. Pour l’unité équestre, on cherche des personnes Galop 5 avec une expérience du milieu urbain et nature ; nous avons un objectif ambitieux qui est d’accompagner les épreuves hippiques des JO de 2024 qui auront lieu à Versailles. Nous avons d’ailleurs un QR code pour le recrutement.

Merci beaucoup de m’avoir reçue, Monsieur Sepval, d’autant que dans le contexte actuel, vous êtes mobilisés au plus haut point. Nos lecteurs qui veulent soutenir votre action en Ukraine sont les bienvenus et trouveront les informations sur votre site : www.protectioncivile-78.org

 

Propos recueillis par Véronique Schweblin

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