Ghislaine Senee, maire d »Evecquemont

Merci Madame d’accueillir les Echos de Meulan à l’occasion de votre réélection de maire de la commune d’Evecquemont.

Tout d’abord pouvez-vous nous parler des dernières élections qui vous ont reconduite à votre poste de maire ?

Ce fut pour moi une heureuse surprise car toute notre liste a été réélue dès le premier tour, ce qui signifie que ce que nous avons entrepris, a été jugé bien mené. C’est très réconfortant d’autant qu’au regard du contexte politique national, on me pensait fragilisée. Les habitants m’ont fait confiance pour le travail effectué et pour les projets et je les en remercie. Nous repartons avec énormément d’enthousiasme mais aussi de pression car nous souhaitons, bien entendu, réaliser le programme annoncé. Fort heureusement, avec une équipe élue au complet, nous avons la possibilité de travailler dans le même sens et sans perte de temps. Enfin, dans les petites communes et au travers des listes dites ouvertes, même si nous n’avons pas tous les mêmes idées autour de la table, nous partageons le même intérêt pour notre commune ; il y a donc de quoi mener de vrais débats ! C’est dynamisant.

Pouvez-vous nous parler de votre nouvelle équipe ?

Nous avons la chance d’avoir des élus de grande qualité au sein de ce conseil municipal. En fait, l’équipe s’est montée tardivement car nous recherchions avec Cécile Leroy et Jean-Christophe Barras (les deux adjoints sortants également sur la liste), des personnes disponibles, compétentes et investies. Nous avons atteint cet objectif. Au départ, nous partagions une même volonté de s’investir puis très vite le programme a été élaboré. Une dynamique s’est réellement engagée. L’équipe est au final très complémentaire. Nous avons la chance d’avoir deux jeunes de 24 et 25 ans qui ont beaucoup d’enthousiasme, c’est rafraîchissant. Il y a aussi des plus anciens apportant toute leur expérience. La parité est bien entendu respectée…et si le maire est une femme, on peut dire que c’est encore une exception  sur ce territoire, même si nous sommes maintenant quatre femmes maires sur dix-sept dans la communauté d’agglomération Seine & Vexin.

Quelles sont vos priorités en tant que maire ?

Etre maire, c’est être au service des habitants, répondre à leurs préoccupations, au « bien vivre ensemble ». Il faut aussi régler les problèmes entre les citoyens et malheureusement parfois faire usage de ses pouvoirs de police. Trop souvent, les habitants font abstraction de l’autre…mon objectif est de faciliter les liens, ce qui est plus aisé dans un petit village à échelle humaine comme Evecquemont.

Le rôle du maire est de gérer également au mieux les finances et investir selon les moyens dont on dispose, sans alourdir les charges du contribuable. Il faut aussi, bien entendu, gérer l’équipe municipale, l’animer et l’encadrer pour qu’elle porte les projets à leurs termes. Il faut enfin de la continuité, travailler sur le long terme… Je prendrai un exemple : le « zéro phyto », c’est-à-dire l’éradication de produits chimiques, tout comme la gestion différenciée des espaces verts, s’inscrivent dans le temps. Pour regagner la confiance des citoyens, les élus doivent voir loin devant, fixer un cap, le partager et tenir bon…tout en sachant répondre au court terme. Le mandat de maire est passionnant mais il est exigeant.

Face à une situation nationale peu encourageante, des moyens de plus en plus réduits, quelle politique envisagez-vous pour votre petite commune ?

On parle certes de réduction de nos ressources (-10% pour l’année prochaine et -30 % d’ici à 2017) ; or, n’oublions pas que 70% des investissements en France sont faits par les collectivités locales. Evecquemont a aujourd’hui la capacité  de lancer un nouveau contrat rural autour d’aménagements et de la valorisation du centre village visant à améliorer les conditions de vies des Episcomontois(e)s. Actuellement, les projets de travaux concernent la rénovation de notre patrimoine, la création d’un lieu de services et la réfection de voirie. Il faut également construire peu à peu l’intercommunalité avec une vraie volonté de travailler ensemble, chacun apportant ses atouts et compétences. L’intercommunalité permet de mutualiser un certain nombre de nos besoins en équipements (comme par exemple une crèche) mais aussi de donner accès à de nouveaux services publics (mobilité, accès au numérique…). Au final, il s’agira bien de faire des économies.

Quel est pour vous le rôle essentiel d’un élu ?

Le rôle d’un élu est prioritairement de répondre aux besoins premiers des habitants : avoir un toit, un travail et pouvoir vivre dans un environnement meilleur que celui d’aujourd’hui. Permettre à chacun de vivre dignement en somme. L’offre de logement est actuellement insuffisante et il faut faire de la pédagogie pour faire comprendre à la population que les besoins de logements exigent des mutations. Au-delà du renouvellement des générations, l’évolution des modes de vie (séparations, divorces,…) nécessitent de plus en plus de logements. Si on ne veut pas continuer à voir grossir la ville (ou la métropole), si on veut garder des espaces naturels, de la terre agricole et consommer une alimentation locale, il faudra bien collectivement faire des choix. Sur ces questions, les élus manquent parfois de courage politique car le citoyen comprend bien, lui, que cela ne pourra pas durer tel quel !

Pour conclure, quel message aimeriez-vous transmettre à nos lecteurs ?

Le contexte économique et la crise écologique nous obligent à réinventer de nouvelles pratiques et à revenir finalement à l’essentiel. Finis l’ère des grands projets dispendieux, de la croissance à tout va, de la communication et son lot de superficiels. Nous devons revenir à des valeurs simples de mutualisation, de partage, de respect et de solidarité. Et ne jamais perdre de vue l’intérêt général, tant du coté des élus que du coté des citoyens.

Car avant tout, nous devons impérativement réapprendre à nous faire confiance !

 

(Propos recueillis par Ghislaine Denisot)

 

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