Jean-Michel Fradet, entraîneur de l’association de boxe française à Tessancourt

Nous aimons aller à la rencontre des différentes associations de notre secteur. Ce mois-ci, nous avons choisi pour thème : le sport ; nous avons rencontré Jean-Michel Fradet qui est à l’initiative du jeune club de boxe française à Tessancourt.

 

Bonjour Jean-Michel Fradet, merci de nous recevoir pour parler de la Boxe Française. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Natif de Triel, Taxicurtien depuis 1981, j’ai vécu préalablement avec mon épouse Michèle, à Chatou et Montesson. Mariés en 1974, nous avons eu deux enfants : Coralie, institutrice à Tessancourt qui a trois enfants, 12, 10 et 8 ans, Thomas notre fils, artisan boulanger à Berck, qui a deux enfants, 11 et 8 ans. Sorti de l’Ecole Normale, j’ai été professeur de génie thermique et climatique. Je suis actuellement retraité de l’Education nationale.

Et concernant la boxe française ?

J’ai commencé la boxe française en 1969 à Andrésy où j’ai obtenu mon premier grade et suis devenu moniteur. J’ai créé un club à Chatou en 1973 et co-créé un autre club à Saint-Germain en 1975 où j’ai passé un professorat fédéral et un brevet d’éducateur sportif 2ème degré. Un peu plus tard en 1986, j’ai créé un club à Triel puis repris un club de full-contact durant six mois à Poissy. Plus récemment, j’ai ouvert un club de boxe française aux Mureaux et repris un club à Verneuil-sur-Seine. Après une interruption en 2020, j’ai créé le club de Tessancourt.

Avec un tel parcours, on peut vraiment dire que vous avez toujours eu la passion de transmettre votre sport.

Oui, ce sport m’a tellement apporté que j’ai toujours eu l’envie de le transmettre aux autres. C’est d’ailleurs en voyant le désir de certains de mes petits-enfants de pratiquer la boxe française que, en tant que papi, j’ai repris « du service » ; je me suis dit, je vais les former mais autant en faire profiter également les enfants de Tessancourt.

D’où la création de votre association en 2020 ?

Oui c’est cela ; nous accueillons des jeunes de 6 à 12 ans une fois par semaine à la salle des fêtes mise à notre disposition par la mairie, le mercredi de 18 h à 19 h 30, hors vacances scolaires.

Avant de revenir à votre activité à Tessancourt, pouvez-vous nous parler de la boxe française pour éclairer nos lecteurs ?

Ce sport de combat et de percussion est né à Paris. Au XIXe siècle, il est l’héritier d’une tradition française des duels à l’épée et de l’escrime dont il reprend le vocabulaire et l’esprit. La boxe française est aujourd’hui pratiquée dans plus de quatre-vingt-dix pays et fait partie du patrimoine immatériel français depuis 2015. Elle se pratique sous forme d’assauts et se juge sur la technique au nombre de touches mais aussi sous forme de combats. Les compétences techniques sont validées par le passage de grades appelés « gants » : gants bleus, verts, rouges, blancs, jaunes, violets et gants d’argent 1er, 2ème et 3ème degré. Ces changements de gants se font par rapport à l’acquisition d’enchaînements techniques.

Quand on parle boxe, on pense à la boxe traditionnelle pratiquée avec les poings uniquement.

Oui, il s’agit de la boxe anglaise issue elle-même dans notre lointain passé, du pugilat et du pancrace grecs, sports de combats au corps à corps dont des scènes sont représentées dans la civilisation sumérienne, égyptienne et grecque. Le premier champion olympique du pugilat est Onomaste de Smyrne en 688 av. J.-C. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que la boxe anglaise fait son apparition basée sur le pugilat, puis les règles du duc de Queensbury, rédigées en 1865, mettent l’accent sur l’agilité, plutôt que sur la force et interdisent le combat sans gant.

A la suite de la boxe anglaise, les autres boxes ancestrales dont celles utilisant conjointement les frappes de poings, pieds et projections (savate-boxe française et pratiques orientales), comme je l’évoquais précédemment, ont vu leur émergence sportive quelques décennies plus tard. C’est Charles Lecour qui crée en 1830-1840 le sport de combat connu sous le nom de « boxe française » en réunissant la technique des pieds de la savate avec quatre techniques de poings empruntées à la boxe anglaise (direct, crochet, uppercut, swing). La « savate-boxe française » se distingue des autres disciplines pieds-poings par le port obligatoire de chaussures et par une technique de coups de pieds dits « coups armés ». Joseph Charlemont et son fils Charles codifieront toutes ces techniques pour en faire la boxe française pratiquée aujourd’hui.

Et en quoi consiste cette pratique ?

Comme je l’ai évoqué précédemment, la boxe française utilise des techniques de pieds et de poings. Pour pratiquer ce sport, deux possibilités : sous forme d’assauts de trois fois deux minutes ou de combats de cinq fois deux minutes. Les assauts concernent les enfants et les jeunes et se pratiquent avec un casque, un protège dents, une coquille, des protège-tibias. Les coups sont non portés ou touchés sans violence. Les combats concernent des athlètes de niveaux supérieurs et se pratiquent avec le même équipement mais sans casque, les coups sont portés et le KO est possible.

Revenons à votre club, combien avez-vous de jeunes boxeuses et boxeurs et comment se déroule une séance d’entraînement ?

Nous avons débuté avec huit enfants et nous en accueillons actuellement quinze assidus, principalement de Tessancourt, cinq filles et dix garçons. L’entraînement se déroule avec un temps d’échauffement, d’assouplissement, d’entraînement technique, puis des séances d’assauts (confrontation), et on termine par un retour au calme et des étirements.

Utilisez-vous des équipements particuliers ?

Non, à part les gants que nous fournissons aux débutants, la plupart ont leurs gants personnels. La salle des fêtes mise à notre disposition par la mairie est en parquet, ce qui convient très bien et dispose de glaces, ce qui permet à nos jeunes de se voir et de corriger certains défauts. Bien sûr qu’un local dédié permettrait de prévoir des matériels comme des sacs suspendus mais nous remercions la mairie de mettre cette salle, qui nous convient, à notre disposition.

On comprend votre motivation quand on assiste à un entraînement. Voir le nombre d’enfants pour un petit village comme Tessancourt, leur implication et leur enthousiasme, c’est réjouissant, surtout quand on sait que la concurrence des sports est vive, le foot en particulier attirant de nombreux enfants.

Oui pour moi, c’est une grande motivation d’autant plus que la boxe française est un sport esthétique et complet qui travaille tout le corps et transmet des valeurs inspirées de l’escrime dès le plus jeune âge : respect des règles et de l’adversaire, apprentissage de techniques et de traditions. Autre satisfaction, c’est de voir que certains enfants ont déjà acquis un niveau prometteur.

En parlant de niveau, vous avez un long parcours d’entraîneur, avez-vous formé des enfants ou des jeunes qui ont fait de la compétition ?

Oui, le plus marquant que j’ai eu, c’est le plaisir de former à Chatou Stéphane Roussel qui a été sept fois champion de France et sa compagne qu’il a lui-même entraînée, Sandrine Matile qui a débuté au club de Chatou et qui est devenue championne du monde il y a une dizaine d’année ; tous deux sont maintenant entraîneurs à Houilles et ont plusieurs titres de champions du monde parmi leurs élèves.

Quel gage de qualité pour les jeunes que vous formez à Tessancourt, peut-être y-a-t-il parmi eux de futurs champions ?

Pourquoi pas, les vocations naissent très jeune ; le secret, c’est la ténacité et le travail.

Il nous faut conclure et j’aime bien demander quels sont vos temps forts et vos projets pour votre association ?

Nous avons deux temps forts, un pot à Noël avec les parents et une rencontre au mois de juin où les enfants sont fiers de leur faire constater leur progrès. Par ailleurs j’envisage de proposer des rencontres interclubs avec Houilles. Enfin, mon souhait est de fidéliser les enfants et les jeunes, de pérenniser le club de Tessancourt et bien sûr d’accueillir de nouveaux enfants. Pour tout renseignement, je suis joignable au 07 82 07 16 10.

Un grand merci, Jean-Michel, pour votre disponibilité et votre accueil ; à l’entraînement j’ai pu voir que la boxe française vous avait conservé jeune et véloce et j’ai pu également observer que votre épouse Michèle était à vos côtés avec un œil avisé pour conseiller les enfants. Bravo pour votre engagement et votre implication pour faire découvrir et pratiquer ce beau sport aux enfants et aux jeunes. Longue vie au club de boxe française de Tessancourt et nous serons ravis de relayer vos informations.

 

(Propos recueillis par Yves Maretheu)

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