GALIEN

Claude Galien est né à Pergame vers 129. La cité de Pergame située en Asie Mineure, actuelle Turquie, était un des hauts lieux scientifiques, littéraires et artistiques du monde gréco-romain. Il est mort à l’âge de 86 ans, peut-être à Rome ou à Pergame ? Deuxième père de la Médecine après Hippocrate de Cos, Galien de Pergame a peut-être été le plus grand médecin de tous les temps, puisque ses ouvrages constituèrent la base des connaissances médicales pour les générations suivantes. Quinze siècles durant, les médecins fonderont leurs observations sur les travaux de Galien qui furent admis sans beaucoup d’opposition jusqu’à la Renaissance.

Profondément déiste, il admet une philosophie vitaliste censée doter le corps humain d’un pneuma d’essence divine. Sa foi en un dieu unique lui fait dédier son chef-d’œuvre « De usu partium » au créateur du corps humain. Ceci explique la position favorable de l’Église sur les travaux de Galien. S’opposer à ses théories signifiait s’opposer à l’Église et son enseignement restera donc incontesté fort longtemps.

Il commence des études de philosophie et de médecine dans sa ville natale où se trouvait un lieu saint dédié au dieu grec de la médecine, Asclépios. Il observe tout jeune les techniques médicales d’anatomie de l’époque et reçoit sa formation de médecin à Smyrne, puis entreprend de nombreux voyages autour de la Méditerranée, notamment à Alexandrie, pendant dix ans, pour élargir ses connaissances auprès des médecins les plus réputés de l’époque. De retour à Pergame en 160, il devient médecin de l’école des gladiateurs ce qui lui permet de faire de notables progrès en chirurgie. Il arrive à Rome vers 164. Il y ouvre un cours public dans le temple de la Paix où se pressent les plus hauts personnages de la Cour. C’est devant cet auditoire qu’il dissèque des animaux vivants : chèvres, singes, chiens, poules… et réalise des expériences, en particulier sur le système nerveux, qui font de lui le premier physiologiste et le créateur de la médecine expérimentale. Innovateur, il compose en public la thériaque, mélange de soixante-quatorze ingrédients, dont le principal était la chair de vipère ainsi que des opiacés, ce qui en faisait le médicament capable de guérir ou d’atténuer les effets des intoxications et des morsures venimeuses. Il devient le médecin de l’empereur Marc Aurèle.

Sa théorie des contraires reste moderne. Il explique les maladies par l’influence exercée par les quatre éléments : eau, air, terre, feu et les quatre qualités physiques : chaud, froid, humide, sec, sur les quatre humeurs : sang, bile, pituite, bile noire. Sa thérapeutique est diététique et médicamenteuse et son étude des plantes médicinales gardera le nom de « Pharmacie galénique ». La pharmacie galénique est la science et l’art de préparer un principe actif pour le rendre administrable au patient sous une forme qualifiée de galénique : comprimé, pilule, sachet, solution injectable, suspension, sont des exemples de formes galéniques. C’est une science sans laquelle le médicament ne peut exister.

Le serment de Galien ou serment des apothicaires est un texte prononcé par tout étudiant en pharmacie à la fin de la soutenance de sa thèse d’exercice. Il s’inspire du serment d’Hippocrate prêté par les médecins et provient d’une modernisation d’un texte médiéval, le serment des apothicaires. Galien est un organiciste : il affirme que toute altération d’une fonction est la conséquence d’une lésion de l’organe et inversement, que toute lésion de l’organe provoque une altération de la fonction. A partir de là, son diagnostic repose sur l’étude des symptômes. Contrairement à Hippocrate, sa thérapeutique repose sur l’emploi des contraires:  » contraria contrariis curantur « , les contraires guérissent les contraires. Les plantes médicinales tiennent dans son arsenal thérapeutique une place de choix. C’est à l’époque de Galien que remontent à Rome les débuts de la santé publique : les fontaines pour la distribution d’eau propre, la mise en place d’égouts et de latrines publiques, la construction de thermes publics et de valetudinaria : établissements de soins tenus comme étant les premiers hôpitaux, à l’usage des vétérans et des infirmes.

Ne pouvant pratiquer de dissections humaines, les observations anatomiques de Galien présentaient des erreurs et il faudra attendre le 16ème siècle avec Vésale pour faire entrer l’anatomie dans la modernité et mettre fin aux dogmes du galénisme qui bloquaient l’évolution scientifique depuis plus de mille ans. Galien n’avait pas la réputation d’un homme facile et de bon caractère mais peut être était-il quand même bon vivant puisqu’il a dit : « S’il est bu avec mesure, le vin, par la digestion, la distribution des sucs, la production du sang et la nutrition, contribue grandement à rendre notre âme plus douce et en même temps courageuse ! ».

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