J’ai assisté à une greffe

Pas une greffe de cœur, bien sûr. Mais une greffe de cerisier sur un merisier !

C’était au printemps, mais le chirurgien qui exerçait, pardon, le jardinier, Alain que nous avions interviewé en mars, m’a certifié que deux-trois jours après un bon orage au mois d’août, l’opération avait également toutes les chances de réussir.

Tout d’abord, un joli petit panier contenait le matériel : une scie, à petites dents de préférence, un Opinel, un autre canif, du mastic tiédi au bain-marie, du raphia, un tournevis et un petit marteau.

Ensuite, il a fallu s’occuper du « futur greffé » : un petit merisier d’un mètre de haut, pas bien épais (1,5 cm de diamètre environ) ; le jardinier avait préparé son intervention de longue date en sélectionnant un merisier un ou deux automnes auparavant et l’avait installé à l’endroit qui lui convenait dans son jardin.

 

Premier acte : le merisier a été élagué à la scie à un petit mètre de hauteur puis soigneusement nettoyé au canif.

L’Opinel a ensuite été planté dans son cœur, pour inciser le tronc, sans le couper en deux bien sûr ! Observez bien la petite branchette sur le côté… C’est le tire sève, elle est très importante, car elle aidera la greffe à prendre.

Et plus haut, en face de l’opinel, il y a un nœud, c’est aussi un atout pour le renfort de l’arbre à sa maturité.

Après la préparation du greffé, il a fallu s’attaquer au petit greffon : un rameau a été coupé sur une branche bien saine du cerisier que nous souhaitions multiplier et nous n’avons gardé qu’une branchette à trois yeux qu’il a fallu, elle aussi, préparer en enlevant sa peau et en la fendillant sur deux côtés

Ensuite, la dernière étape de l’opération est arrivée : l’insertion du greffon dans le greffé : tout un art, délicatesse recommandée : un petit coup de tournevis dans la fente, sans trop forcer, mais assez quand même pour pouvoir insérer le greffon bien à l’extérieur du tronc du merisier.

Il restait, après avoir enlevé Opinel et tournevis, à bien attacher tout cela en serrant la greffe avec du raphia puis en tournant plusieurs fois avant de faire un nœud.

Et, pour bien protéger notre tout jeune opéré, le dernier acte consistait à l’enduire bien partout de mastic, en n’oubliant pas la petite goutte en haut du greffon.

Dernier petit détail, et non des moindres : pour éviter qu’un petit passereau ne vienne s’installer sur le sommet du greffon pour pousser sa chansonnette, compromettant son équilibre délicat, nous avons fixé au tronc un petit bâton, plus haut que le greffon pour que l’oiseau ne se pose pas sur la greffe mais sur ce bout de bois !

Il ne reste plus qu’à attendre les premiers signes de vigueur de notre greffe …

 

NB : C’est en février qu’on greffe généralement les cerisiers, vers le 15 mars, les pommiers sur des pruniers.

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