Jean-François Millet, à l’honneur au musée de Lille

Qui ne connaît Millet, le peintre des travaux de la vie paysanne au XIXème siècle ! Le musée de Lille le remet à l’honneur dans une exposition qui lui est consacrée et permet de découvrir les différents aspects de son art, souvent réduit à ses plus célèbres tableaux : Les glaneuses et l’Angélus ; ils illustraient souvent le calendrier des postes avant la guerre ; les nostalgiques de ce temps révolu, ainsi que les « musées des traditions populaires », en font collection.

Penchons-nous sur sa vie bien remplie.

Il est né le 4 août 1814 à Gruchy, hameau de Greville La Hague (Cotentin) d’une famille de paysans relativement aisée qui ne manque pas de main d’œuvre car Jean-François est l’aîné de huit garçons ! Même s’il a travaillé péniblement la terre et s’en souviendra, il n’est pas ignare car son oncle curé lui apprend le latin et lui fait lire les grands auteurs. Son père convaincu de ses talents, l’inscrit en 1835 à Cherbourg, dans l’atelier de Dumonchel. A la mort de son père, il revient à la ferme mais sa maman et sa grand-mère le pressent de retourner à Cherbourg : ce sera dans l’atelier du peintre Langlois.

Une bourse de la municipalité de cette ville lui permet d’entrer à l’école des Beaux-arts de Paris mais il échoue par deux fois au concours du prix de Rome et perd sa bourse ; heureusement il peut vivre de son talent de portraitiste.

En 1841, il épouse Pauline-Virginie Ono. Le couple vient vivre d’abord au Havre puis à Paris où Jean-François s’adonne à ce qu’il appelle sa « manière fleurie », traduisez des œuvres plus que légères, à la manière de Watteau ou Boucher comme « La femme nue couchée », sans doute sa maîtresse. En 1844, sa femme meurt de tuberculose. Il retourne à Cherbourg avec sa maîtresse Catherine Lemaire et se lie avec Constant Troyon, paysagiste et animalier, avec Honoré Daumier le caricaturiste politique et social, mais surtout avec Alfred Sensier, fils de notaire, qui deviendra son mentor, son biographe et lui fera découvrir Barbizon où il possède une maison. La critique commence à le remarquer et Ledru-Rollin, ministre de l’Intérieur, lui achète son « Vanneur » et lui obtient des commandes de l’Etat.

La famille Millet, qui s’agrandira peu à peu de neuf filles, va fuir Paris où la vie est chère, où gronde la Révolution de 1848 pour s’installer à Barbizon dans une maison qui sera sa demeure jusqu’à sa mort et le berceau des « pré impressionnistes : Théodore Rousseau, Daubigny… Il souffre de douleurs ophtalmiques qui ne le quitteront plus. Libéré de ses dettes, il épouse civilement sa compagne, Catherine Lemaire, acquiert des œuvres d’art et autorise la reproduction en cartes postales de ses tableaux. En 1857, il présente au Salon « Les glaneuses », et deux ans plus tard « l’Angélus » vendu 1 000 francs ; le tableau sera revendu 38 000 francs et n’entrera dans les collections du musée du Louvre que grâce à un généreux donateur.

L’aisance financière de Millet lui permet de voyager, enrichissant sa palette des paysages d’Auvergne puis d’Alsace qu’il quitte pour fuir les Prussiens (1871). Il rentre à Cherbourg puis Barbizon. Il est très malade et le 3 janvier 1875, il épouse religieusement sa femme avant de s’éteindre le 20 du même mois. Il repose aux côtés de Théodore Rousseau dans le cimetière de Chailly dont Barbizon n’était alors qu’un hameau.

Son œuvre est empreinte d’humanité, ne dira-t-il pas : « C’est le côté humain, franchement humain, qui me touche le plus en art ».

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