JEAN-MICHEL CAVAN, président de la Meulanaise

Vous connaissez sans doute cet orchestre, une institution à Meulan ; il assure l’animation de nombreuses cérémonies et fêtes dans notre secteur ; nous vous invitons à faire plus ample connaissance avec celui qui en assure la présidence, alors … en avant la musique !

Bonjour Jean-Michel. Merci d’accorder un peu de votre temps aux « Echos », votre association, « La Meulanaise », fait partie du patrimoine de notre ville, comment est-elle née ?

C’est une très vieille histoire, nous avons pu en retrouver les traces au temps de la Révolution Française … en 1789 ! Cette harmonie de Meulan a trouvé ses origines dès cette époque dans la milice de la ville, alors Garde nationale. Le premier dirigeant, je ne sais pas si on parlait à ce moment de président, était un certain monsieur Jean Ribault et, en cherchant un peu, on découvre dans les livres que c’est son fils Etienne qui a pris sa succession, ainsi les Ribault ont dirigé notre ensemble jusqu’en 1855. Nous sommes en possession d’un registre qui relate son histoire jusqu’en 1927. Je n’ai connu que la « Persévérante », C’était alors une fanfare qui jouait de la musique en défilant.

En 1971, Fausto Fabbri, clarinettiste, est devenu son chef. La fanfare participait alors à toutes les festivités de la cité : la « fête de la Rosière » en mai-juin ou la « fête de la saint Côme et saint Damien » en septembre et plus près de nous, les commémorations, armistices du 8 mai ou du 11 novembre ou célébrations du 14 juillet. C’est en 1979 que la Persévérante s’est appelée « La Meulanaise », qui est toujours le nom de notre association. Elle a été au début présidée par Daniel Tesseydou, qui possédait un magasin de musique dans Meulan : « la Boite à musique », puis par Jacques Crevoiserat, Aline Corbeau et ensuite par Michel Coulaty, durant vingt-trois années. Mais notre groupe existe surtout grâce à son ancien chef de musique, Fausto Fabbri.

Il semble que La Meulanaise lui doive beaucoup ?

Effectivement, c’est surtout grâce à ses qualités tant artistiques qu’humaines, que la Meulanaise a beaucoup évolué, particulièrement durant les années 70 et jusqu’au début des années 80 ; la formation interne qu’il dispensait a permis l’intégration « des bois » et « des cuivres » dans notre ensemble. C’est à cette époque que notre répertoire a changé ; nous avons commencé à jouer assis, abandonné les airs militaires et donné nos premiers concerts d’harmonie.

Revenons un peu à vous, Jean-Michel, je crois que vous êtes saxophoniste ; comment avez- vous découvert la musique et en particulier cet instrument ?                                                                                     

Il faut aller chercher loin dans mon enfance pour trouver les racines de mon attirance pour la musique, c’est une belle histoire…J’aimais aller à la découverte d’objets bizarres dans le grenier familial. Je suis tombé un jour sur un instrument bizarre et inconnu qui s’est avéré être un saxophone, celui de mon grand-père qui en jouait dans l’harmonie d’Us. Bien sûr, il n’était plus en état de jouer correctement, mais à force d’efforts, j’ai réussi à en sortir quelques notes ; de là est née ma passion pour cet instrument magique ! Mes parents m’ont par la suite inscrit au conservatoire des Mureaux où, sous la direction de M. Toulorge, j’ai appris la musique. J’étais tellement passionné que je faisais des heures supplémentaires en autodidacte avec une méthode, résultat : vers mes 15 ans, je savais un peu jouer et surtout étais capable de lire une partition. Enfin ma grand-mère m’a offert un saxophone et depuis … Mais, même si je suis surtout saxophoniste, alto, baryton et ténor, je joue également de la basse et commence à apprendre la trompette avec notre nouveau chef, Jean-Marie Dufossez.

 Voilà pour l’apprentissage, mais votre intégration à l’orchestre, comment s’est-elle passée ?

Parallèlement à la musique, je faisais aussi l’aviron. C’est en pratiquant ce sport au sein de l’AMMH que j’ai rencontré le fils de notre chef à cette époque et dont nous avons déjà parlé, Laurent Fabbri, qui jouait du trombone à la Persévérante. Il n’a pas eu grand-chose à faire pour me convaincre et peu de temps après, je le rejoignais dans les rangs de cet ensemble. C’était en 1974, j’avais alors 16 ans et pour l’anecdote, Laurent et moi jouons toujours côte à côte dans l’orchestre qui s’appelle maintenant L.O.V.M.Y. (L’Orchestre de Variétés de Meulan-en-Yvelines).

Parlez-nous de cet ensemble, d’où vient ce nom ? Quelle est sa composition ?

Notre association s’appelle toujours La Meulanaise, mais notre orchestre a maintenant changé de nom : il s’appelle L.O.V.M.Y. Cette idée nous est venue vers 2005-2006, l’image de notre groupe alors était plutôt fanfare-harmonie et nous sentions qu’avec l’arrivée des clarinettes, claviers, trompettes, nous pouvions proposer une musique différente, plus proche de la variété ou du jazz, plus exigeante aussi, ce que l’on appelle maintenant un « Big band ». Après concertation, nous avons opté pour ce nom L.O.V.M.Y., qui sonne assez bien puisqu’il symbolise en même temps l’amour, celui que nous avons pour la musique ou celui que nous partageons avec les danseurs qui suivent nos prestations, et notre appartenance à la ville de Meulan, qui nous apporte son aide.

 Sa composition varie en fonction de ce que nous jouons et même de ce que l’on nous demande de jouer. Classiquement, il est composé d’au moins vingt-trois musiciens. Il y a des guitaristes, des claviers, des flutistes, des trombones, des batteurs et des percussionnistes, des trompettes, des saxophones et tout cela forme un groupe qui sonne très bien ; nous pouvons aussi modifier notre formation, parfois plus modeste en nombre, pour jouer de la bossa nova par exemple. Notre offre est assez large ; l’orchestre peut jouer des classiques du jazz en concert, mais aussi animer des thés dansants, et dans ce cas accompagner les danseurs avec des valses, tangos, cha-cha-cha ou marches, ou toutes sortes de cérémonies, anniversaires, mariages …, nous participons aussi, comme nos prédécesseurs, à toutes les manifestations commémoratives de la ville.

 Comment fonctionne votre association ?

 Comme une association de type loi de 1901, tous les membres sont bénévoles et paient une modeste cotisation. Il y a bien sûr des défraiements ; notre chef de musique par exemple vient pour chaque répétition de Chartres ; il est indemnisé pour ses déplacements. Bien sûr, nos prestations sont payantes, excepté lorsque nous intervenons dans le cadre d’une action caritative ou humanitaire où la participation de notre « client » devient symbolique voire nulle, mais cela ne suffirait pas pour faire vivre notre association. Nous avons la chance de bénéficier d’un local prêté par la municipalité, même si son accès et le stationnement sont problématiques et d’une subvention de la ville de Meulan. Nous en remercions l’équipe municipale ; elle vient compléter notre budget et permet ainsi de l’équilibrer.

 Nous avons une répétition par semaine, le samedi de 17 à 19 heures, au domaine Berson à Meulan et nous nous produisons environ quinze fois dans l’année.

 Est-ce que La Meulanaise peut proposer une formation aux jeunes (et moins jeunes) musiciens qui voudraient la rejoindre ?

 Nous ne formons pas vraiment les jeunes à la musique ; nous n’avons pas vocation d’être une école. Cependant, beaucoup de nos musiciens ont intégré l’orchestre avec un niveau moyen. Dans ce cas, ce sont les plus anciens, les plus expérimentés, qui les prennent en charge et complètent leur formation, mais il faut tout de même un niveau minimum pour jouer dans le groupe, être capable de suivre des partitions simples par exemple. A ce propos, nous recherchons actuellement des trombonistes ; s’il se trouve parmi les lecteurs de tels musiciens qui désireraient intégrer notre ensemble, ils y seront accueillis à bras ouverts.

 Comment choisissez-vous votre répertoire ?

 Vous abordez là un sujet délicat car ce choix doit être consensuel au sein de l’orchestre ; il nous faut tenir compte du goût des musiciens, ce n’est pas toujours facile mais on y arrive. De plus, il ne s’agit pas seulement de ceux qui composent notre orchestre mais aussi des désirs du public. Dans ce cas, la rencontre avec celui que nous appelons le client est très importante et il faut bien se mettre d’accord au départ sur le programme et le genre de musique à jouer.

 Je vois que l’équilibre de votre association, comme beaucoup d’autres, tient d’une savante et mystérieuse « alchimie », comment envisagez-vous le futur pour L.O.V.M.Y. ?

 Pour atteindre le niveau que le groupe a maintenant, il a fallu une bonne trentaine d’années. Nous savons tous que notre orchestre tient à quelques personnes essentielles ; il nous faut donc être vigilants, assurer le renouvellement des musiciens et surtout continuer à maintenir la très bonne ambiance qui règne entre tous. Il n’y a pas de « star » ; il est important que chacun se sente à sa place et soit considéré. C’est une de mes plus grandes motivations et je travaille dans ce sens.

 D’un autre côté, je suis conscient que tout cela tient à peu de chose ; certains musiciens nous quittent, principalement pour des raisons professionnelles et il est parfois difficile et long de les remplacer. J’ai confiance dans l’avenir de L.O.V.M.Y., mais suis vigilant et conscient que cet équilibre est fragile. Avant de terminer cet entretien, j’ai une pensée pour Fausto Fabbri, un chef de musique qui m’a beaucoup appris, m’a fait énormément progresser et qui reste dans la mémoire des nombreux musiciens qu’il a formés.

 Merci beaucoup Jean-Michel, nous connaissons maintenant un peu mieux la longue histoire de cet ensemble qui enchante nos oreilles à chacune de ses prestations ; nous ne pouvons que vous souhaiter de nombreux concerts et encourager nos lecteurs à aller vous applaudir lorsque vous vous produirez près de chez eux.

   

(Propos recueillis par Jannick Denouël)

 

 

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