Jésus, le Saint de DIEU

Quatrième et dernière figure biblique de notre série d’articles : le SAINT, illustré par Jésus. Parvenir à la sainteté est le but du chrétien, mais qu’est-ce que la sainteté ? Dans l’évangile de Jean, Pierre dit à Jésus : « Nous croyons, nous et nous savons que tu es le Saint de Dieu » (Jn 7,69). Dans l’évangile de Marc (1,24) le démon utilise la même expression. Que nous révèle la vie de Jésus et plus généralement la Bible, sur la sainteté ?

 Dans le Premier Testament, écrit en hébreu, le mot  » saint  » (qodesh, qadash pour le verbe sanctifier) est fréquemment utilisé. Son sens originel est à rechercher dans les très anciennes pratiques rituelles de la tradition pastorale des Hébreux. Acte majeur pour s’attirer la bienveillance de Yahvé : le sacrifice, pour lequel un animal devait être sélectionné suivant des critères précis (le premier-né d’une brebis par exemple), séparé du reste du troupeau, mis à part pour être montré à tout le clan et traité avec des égards particuliers. Qodesh exprimait tout cela : consécration, séparation et volonté d’établir une fonction ou un espace sacré (réservé) par opposition au profane (au quotidien).

 

Qodesh s’appliquait non seulement aux animaux destinés aux sacrifices, mais aussi aux lieux, aux édifices, aux objets ou aux hommes qui avaient un lien avec ces actes liturgiques. Ainsi dans le Lévitique, livre de rituels : « Il égorgera l’agneau dans le lieu où l’on égorge les victimes expiatoires et les holocaustes, dans le lieu saint (qodesh) ; car, dans le sacrifice de culpabilité, comme dans le sacrifice d’expiation, la victime est pour le sacrificateur ; c’est une chose très sainte (qodesh). » (Lévitique 14,13).

 

 Ces règles rituelles étaient censées venir de Yahvé lui-même et les Hébreux ont utilisé le même mot  » saint  » pour exprimer la transcendance divine. C’est une extension du sens initial. Au départ la sainteté est une marque d’origine humaine (sur un animal, un lieu, un objet ou un homme). Elle devient ensuite la façon de désigner l’essence même de Yahvé. « Tu regarderas un sacrificateur comme saint, car il offre l’aliment de ton Dieu ; il sera saint pour toi, car je suis saint, moi, l’Eternel, qui vous sanctifie. » (Lévitique 21,8). A noter que, dans cette évolution du sens, la sainteté de Yahvé est la source de la sainteté de l’homme.

 

 C’est ainsi que nous comprenons la sainteté aujourd’hui : Dieu seul est saint et si ce terme peut être appliqué à l’homme, ce n’est que par participation à la sainteté divine. Jésus est le Saint de Dieu car il est en union totale avec le Père, principe de l’essence divine et source par conséquent de toute sainteté. Nous pouvons reprendre pour illustration quelques versets de l’évangile de Jean, le plus mystique des quatre évangiles canoniques, aux chapitres 7 et 13.

 

Jésus y affirme avec beaucoup d’insistance son unité avec le Père : « Croyez-moi ! Je suis dans le Père et le Père est en moi » … « Le Père et moi nous sommes un ». Cette unité fait de lui la parfaite image du Père parmi les hommes : « Qui m’a vu a vu le Père… ». Il est aussi celui qui réalise ici-bas les œuvres du Père, celui qui est en parfaite unité de volonté et d’action avec lui : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même : le Père qui demeure en moi accomplit les œuvres. ». Enfin cette unité entre le Père et Jésus est son principe de vie : « […] envoyé par le Père, qui est vivant, je vis par le Père… ».

 

 A l’image de Jésus, le projet du chrétien est l’union à Dieu dont la première étape est le baptême qui met en lui le germe de la vie divine. Mais cette vocation à la sainteté, n’est-ce pas aussi la vocation de tout homme ? La sainteté est une expansion, une dilatation de l’être humain, une intégration en Dieu sans confusion, une participation plénière à la vie divine, comme don sublime.

 

 Ceux que le christianisme déclare saints sur le constat de leur vie exemplaire, voire héroïque, sont ceux qui ont atteint cette plénitude de vie. Non que la sainteté soit d’abord le fruit de leurs efforts, mais ils ont répondu mieux que d’autres à l’action sanctifiante de Dieu qui s’adresse à tous.

 

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