La femme noire

Pour ce numéro de juin, redonnons la parole à une dame, Marie-Rose Delavay, et à son sonnet estrambot (1), forme poétique de l’époque Renaissance, mais assez peu usitée :

 LA FEMME NOIRE

 Elle m’est apparue, à son foyer, fidèle,

Sur son dos un enfant aux yeux plein de candeur,

Près de Kasangulu (2), lieu sans attrait majeur,

Image ancrée en moi au cœur de l’Afrique éternelle.

 

De tous mes souvenirs les plus marquants c’est Elle,

La Femme au port altier, au pagne de couleur

Ceint autour de son corps, qui le met en valeur.

Elle sut m’émouvoir, mais cela le sait-elle ?

 

Elle pile le mil tout près de sa maison,

La case où le soleil brille en toute saison,

Face au désert doré qui borde l’horizon.

 

Le culte des Anciens freine son impatience

De répondre à l’appel d’une vie à outrance.

L’Homme blanc a conquis le sol pas sa conscience.

 

Jour après jour grandit l’espoir des lendemains.

En marge des conflits tragiques des humains

Gronde au loin le tam tam. Les cieux restent sereins.


  1. Le sonnet estrambot en poésie classique se compose de deux quatrains aux rimes alternées et de trois tercets au lieu de deux, soit dix-sept vers alors que le sonnet normal n’en comporte que quatorze.

  2. Petite ville du Congo Kinshasa située au sud-ouest de cette capitale.

 

 

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