Le Carême, un appel pour tous ?

Nous pouvons tous ouvrir et regarder le livre abîmé de la réalité. Chaque jour apporte son lot de nouvelles tristes au sujet de la dégradation du livre de la création. Nous ne décrirons pas ici la situation de la planète. Les médias le font très bien et nous sommes tous plus ou moins alertés et, de ce fait, très inquiets.

Le premier appel serait d’ouvrir le livre de la création comme le livre de Dieu. Ne sommes-nous pas arrivés dans l’impasse mortelle d’une vision sans Dieu, rationaliste et matérialiste, qui réduit le monde et l’homme à un pur objet de recherche et d’utilité économique ? L’homme lui-même, comme le monde, devient la proie de pouvoirs économiques et financiers dont leur « credo » est le PROFIT. À l’opposé de ce credo qui épuise le monde et nous déshumanise, nous devons accueillir et écouter toute la création dans un regard étonné et respectueux. On peut décider de ne plus circuler les yeux rivés sur son portable pour admirer le printemps qui arrive. « J’accueille avec reconnaissance la création comme un donné qui me précède et qui m’est confié pour moi et pour tous… ».

Le deuxième appel serait de reconnaître la violence intérieure qui nous habite et que nous nous infligeons les uns aux autres. Il s’agit de sortir de cette anxiété maladive qui nous rend superficiels, agressifs et consommateurs maladifs. Nous parlons de retrouver une attitude du cœur qui permet une attention sereine aux autres et à ce qui nous entoure, « qui nous permet d’être pleinement présent à quelqu’un sans penser à ce qui vient après » (Laudato si’, Pape François). Cette vie intérieure, à vrai dire, est liée à la conscience de la Présence de Dieu en nous et dans le monde. Elle seule nous donne un équilibre personnel qui nous évite de croire que notre bien-être dépend de nouveaux achats ou d’une accumulation de biens.

Baudoin, prêtre

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