Le M de Marie

Le 15 août fut particulièrement fêté cette année à Paris. Ce jour eut lieu en la basilique de Montmartre la consécration de la capitale aux cœurs unis de Marie et Jésus par Mgr Aupetit, suivie d’une longue prière pour la France.

Cette consécration fut proclamée en présence de la statue de Notre Dame de France, arrivée deux jours plus tôt dans la capitale, en calèche, accompagnée de nombreux pèlerins, après une longue procession depuis le sanctuaire de La Salette (Isère). Et l’après-midi de ce jour de l’Assomption, Marie fut emmenée autour de la basilique de Montmartre, au milieu des touristes, des peintres de la place du Tertre, des vignes… Aux visages étonnés, ou indifférents, parfois narquois, des touristes et des commerçants, nombreux à nous observer, on se dit que cette procession ne fut pas inutile. Drôle de caravane publicitaire, qui n’avait d’autres cadeaux à offrir que prières et cantiques. Pas même une image.

Pourquoi cela ?

Notre Dame de France représente Marie et son Fils, porté sur son épaule gauche et tenant un rameau d’olivier à la main. Haute statue blanche, non couronnée, de la blancheur évoquant la pureté du cœur de la mère de notre sauveur. Seule touche de couleur : le rameau porté par l’Enfant-Jésus est doré. On connait plusieurs modèles de cette statue, certains monumentaux, et pouvant légèrement différer.

Cet accueil de Notre Dame de France s’inscrit dans un long pèlerinage : le M de Marie. Démarrant simultanément à La Salette (Isère) et Lourdes le 1er juin, deux calèches portant chacune une statue de Marie se sont rejointes à Pellevoisin (Indre), le 13 septembre. La calèche partie de Lourdes est passée par Pontmain (Mayenne) et celle partie de La Salette est passée par Paris. Donc, ces deux routes ont dessiné sur la carte de France un M et ont réuni cinq sanctuaires mariaux, cinq lieux d’apparition, cinq lieux de visite de Marie à notre pays au XIXème siècle. Lourdes et Paris (Chapelle des sœurs de la charité de la rue du Bac) sont les plus connus. Mais La Salette, Pontmain et Pellevoisin attirent eux aussi, chaque année, nombre de fidèles.

Les enseignements, avertissements et invitations à la prière prodigués par Marie à ses enfants s’inscrivent dans une longue catéchèse, que le pèlerinage M de Marie a voulu nous rappeler. Ainsi :

  • La rue du Bac en 1830 : Marie propose à Catherine Labouré de prier, car « les temps seront mauvais, en France et dans le monde ». Elle demande de frapper une médaille dont elle donne le modèle : la médaille miraculeuse ;
  • La Salette en 1846 : appel de Marie à la pénitence, à la conversion, au respect de son Fils ;
  • Lourdes en 1858 : Marie appelle à la pénitence, Bernadette ressent un profond amour de la part de Marie qui promet guérisons et conversions ;
  • Pontmain en 1871 : « mais priez mes enfants ; Dieu vous exaucera en peu de temps, mon Fils se laisse toucher », dit Marie aux enfants, en pleine guerre Franco-Prussienne ;
  • Pellevoisin en 1876 : Marie, mère éducatrice, nous invite au Calme, au Courage et à la Confiance. Elle se révèle « toute miséricordieuse » et renouvelle sa demande de dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.

Cinq  visites de Marie invitant à la conversion, à nous tourner vers l’Amour, et à aimer cet Amour. Beaucoup de pèlerins ne connaissaient pas Jésus, mais connaissaient Marie.

Le départ des deux calèches eut lieu quarante ans (un temps biblique ?), jour pour jour, après l’appel de saint Jean-Paul II à la France (« nation profondément marquée par la foi », selon Mgr Aupetit) à se tourner vers la Sagesse Éternelle, seule voie du salut. Alors, réactualisons-le « à Jésus, par Marie » de saint Louis Marie Grignion de Montfort.

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