Les bénédictions

Afin de vous éclairer sur la Déclaration Fiducia supplicans sur la signification pastorale des bénédictions, nous proposons le texte du 10 janvier de la Conférence des Evêques de France (CEF).

 

La déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Fiducia Supplicans, datée du 18 décembre dernier, a eu un retentissement certain dans l’opinion publique, en particulier à cause des sujets sensibles qu’elle aborde : celui de l’accompagnement dans l’Église des personnes homosexuelles vivant en couple d’une part et celui des personnes divorcées engagées dans une vie de couple, d’autre part.

Le Conseil permanent reçoit cette déclaration comme un encouragement aux pasteurs à bénir généreusement les personnes qui s’adressent à eux en demandant humblement l’aide de Dieu. Ils les accompagnent ainsi sur leur chemin de foi pour qu’elles découvrent l’appel de Dieu dans leur propre existence et y répondent concrètement.

Fiducia Supplicans rappelle la doctrine de l’Église catholique qui, conformément « aux desseins de Dieu inscrits dans la création et pleinement révélés par le Christ Seigneur » (n° 11), comprend le mariage comme « union exclusive, stable et indissoluble, entre un homme et une femme, naturellement ouverte à la génération d’enfants » (n° 4). C’est ce que nous recevons de Jésus lui-même sur le mariage et son indissolubilité (cf. Mt 19, 3-9).

Nous recevons également de Jésus-Christ l’appel à un accueil inconditionnel et miséricordieux, puisque Jésus n’est « pas venu appeler des justes mais des pécheurs » (Mc 2, 17), que nous sommes tous. Fiducia Supplicans rappelle que ceux qui ne vivent pas dans une situation leur permettant de s’engager dans le sacrement de mariage, ne sont exclus ni de l’Amour de Dieu, ni de son Église. Elle les encourage dans leur désir de s’approcher de Dieu pour bénéficier du réconfort de sa présence et pour implorer la grâce de conformer leur vie à l’Évangile.

C’est en particulier à travers des prières de bénédiction, données sous une forme spontanée, « non ritualisée » (n° 36), hors de tout signe susceptible d’assimilation à la célébration du mariage, que les ministres de l’Église pourront manifester cet accueil large et inconditionnel.

Le Conseil permanent de la CEF

 

Voici le texte publié en décembre 2023 par le père Eric, le père Baudoin et notre diacre Philippe Cumunel, sur le site du groupement paroissial Meulan – Triel :

 

Chers amis,

Vous êtes nombreux à vous questionner et à nous questionner sur le sens de la déclaration Fiducia supplicans (= la confiance suppliante) concernant l’accompagnement des couples en situations irrégulières et des couples homosexuels.

Beaucoup, suite à des commentaires approximatifs ou erronés, sont dans la perplexité et un certain désarroi : le pape aurait approuvé la bénédiction des couples de même sexe ainsi que des personnes divorcées remariées ? C’est tout simplement faux.

Il s’agit de bien comprendre que la bénédiction pastorale proposée dans cette déclaration n’est pas une bénédiction du couple en tant que telle, avec un rituel ou dans le cadre d’une liturgie, ni même une prière publique à laquelle pourraient assister quelques personnes. Il n’est pas non plus question que les deux soient bénis ensemble ou d’apposer un sceau divin sur leur union, comme s’ils formaient un couple au sens où l’Eglise l’entend, comme si leur situation était légitime.

Ce dont parle le pape, c’est d’une bénédiction personnelle délivrée à titre individuel qui veut dire la miséricorde de Dieu pour chacun quels que soient sa situation, son histoire ou son péché. Elle veut dire que chacun est aimé de Dieu, car Dieu aime le pécheur même s’il n’aime pas son péché.

Ainsi, dans un cadre très privé, on peut dire à telle personne, sous la forme d’une prière de bénédiction qui ne concerne qu’elle, que Dieu est sur sa route et qu’elle est invitée, comme tout un chacun, à écouter l’Évangile et à se convertir. C’est la prière qu’un pauvre pécheur fait à Dieu pour un autre pécheur, en lui demandant d’éclairer son chemin de conversion et de lui donner les grâces dont il a besoin pour avancer sur ce chemin. « Père, bénissez-moi parce que j’ai péché », c’est ce que nous disons à chaque fois que nous nous présentons devant le prêtre pour implorer la miséricorde de Dieu dans le sacrement du Pardon. En implorant cette bénédiction, bien sûr que nous ne demandons pas à Dieu de donner son approbation à notre péché. Nous demandons au prêtre de nous redire que la miséricorde de Dieu est plus grande que notre péché, de nous confirmer que son amour est plus fort que notre péché, de nous assurer que Dieu continue de nous aimer malgré notre péché.

Dans cette déclaration, quoi qu’il en soit de ses mises en œuvre pratiques, l’objectif premier du Saint-Père est de nous donner à réfléchir sur le sens profond du mot bénédiction. Prenons donc le temps de lire et de recevoir son enseignement. Nos repas familiaux et amicaux de ces prochains jours n’en seront que plus apaisés et apaisants ! Et prions pour son ministère de successeur de Pierre.

Que Dieu vous bénisse.

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