L’inauguration du canal de Suez

17 novembre 1869. L’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, l’empereur d’Autriche-Hongrie François-Joseph, l’émir Abd El Kader, l’ingénieur français Ferdinand de Lesseps, constructeur du canal et cousin d’Eugénie, se retrouvent sur le navire « l’Aigle » pour l’inauguration du canal de Suez. Ils descendront ainsi le Nil sur une distance de quarante kilomètres en quatre heures.

Histoire

Déjà, six cents ans avant J-C, un petit canal entre le Nil, le lac Timsah et la mer Rouge fut commencé par le pharaon Néchao II et achevé par Ptolémée II. Quand les Romains conquirent l’Egypte, le canal s’était partiellement ensablé car utilisé périodiquement. L’empereur Trajan dut réaliser des travaux pour que la navigation soit possible Mais en 776, les califes décidèrent de fermer le canal pour éviter le passage des « infidèles ».

L’expédition de Bonaparte fait renaître le projet sans toutefois le concrétiser. Pourtant, un canal reliant la Méditerranée à la mer Rouge devenait capital pour diminuer la distance parcourue par les bateaux de commerce allant vers les Indes et l’Asie.

En 1854, l’avènement du vice-roi Saïd, ami de Ferdinand de Lesseps, consul de France à Alexandrie, permit la création d’une compagnie bénéficiaire d’une concession de quatre-vingt-dix-neuf ans à dater de l’ouverture. Les travaux commencèrent en 1859 et durèrent dix ans. On estime qu’un million et demi d’Egyptiens participèrent à la construction du canal et que cent vingt-cinq mille d’entre eux moururent, principalement du choléra.

Un raccourci entre l’Asie et l’Europe

Large de cent soixante-dix mètres avec une longueur totale de cent quatre-vingt-quinze kilomètres et profond d’une vingtaine de mètres, le canal ne comporte pas d’écluses et a une voie double sur soixante-sept kilomètres. Sur le reste du trajet, les navires doivent encore circuler en convois et s’arrêter pour le croisement. La traversée demande douze à seize heures. Quel progrès lorsque l’on sait qu’avant sa construction, il fallait contourner l’Afrique par la route du cap de Bonne-Espérance ! La distance est réduite de moitié entre le golfe Persique et la mer du Nord, d’un quart entre Tokyo et Rotterdam par exemple.

Un passage maritime majeur, source de devises pour l’Egypte

Après sa construction, Français, Anglais, Egyptiens et Israéliens se sont affrontés pour obtenir le canal de Suez. A la fin des travaux, l’Egypte pour 44% et vingt et un mille Français en sont conjointement propriétaires. De par sa situation géographique, le canal fut l’objet de convoitise de plusieurs pays ; les différentes guerres passées en sont la preuve. Mais la dette extérieure du pays força celui-ci à vendre ses parts à prix d’aubaine au Royaume-Uni qui assure ainsi sa route des Indes. En 1882, des troupes britanniques s’installent alors sur les rives du canal pour le protéger et remplacent l’empire ottoman comme tuteur du pays. Mais en 1956, Nasser, alors président de l’Egypte, nationalise le canal et l’intègre au patrimoine égyptien.

Chaque année, plus de vingt mille navires traversent le canal. Avec des recettes de plus de trois cents millions de dollars, soit 4% du produit intérieur brut, le canal de Suez constitue pour l’Egypte, la troisième source de rentrée de devises après le tourisme et le transfert financier.

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