Lundi Vert, vous connaissez ?

Peut-être en avez-vous entendu parler le 28 septembre dernier ?

Lundi Vert est une action de mobilisation en faveur de l’alimentation sans viande ni poisson un jour par semaine afin d’initier une dynamique de végétalisation alimentaire. Cet objectif est compatible avec celui proposé par la Convention citoyenne pour le climat de réduire de 20% la consommation de viande et de produits laitiers d’ici à 2030.

Lancé en France en janvier 2019 par cinq cents personnalités dont une majorité de chercheurs, mais aussi des artistes, sportifs, politiques…, il représente une manière efficace d’agir pour l’environnement et pour sa propre santé et de diminuer le nombre d’animaux utilisés pour la consommation humaine.

L’une des spécificités du Lundi Vert est de coupler une campagne de changement alimentaire à un protocole de recherche impliquant des universitaires et chercheurs issus de plusieurs disciplines et universités.

Quelques raisons parmi d’autres :

  • lutte contre le changement climatique : le secteur de l’élevage contribue à lui seul à 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre dues à l’activité humaine (cf. le rapport de la FAO sur élevage et changements climatiques). Le 5eme rapport du GIEC (IPCC 2014, chapitre 11) estime que la simple application des recommandations nutritionnelles de la Harvard Medical School, qui conseillent de limiter la consommation moyenne de viande de ruminants à 10 g par jour et la consommation des autres viandes, du poisson et des œufs à 80 g par jour, permettrait de réduire de 36 % les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole et de plus de 8,5 % les émissions totales. Cette mesure serait aussi efficace que de diviser par deux l’ensemble du trafic routier mondial ;
  • des raisons environnementales : l’utilisation massive de soja dans l’alimentation animale française dégrade les écosystèmes d’Amérique du Sud (cf. le rapport du WWF France de 2017) ;
  • des raisons de santé : depuis quelques années, des études établissent un lien entre la consommation de viande et les maladies cardiovasculaires, le diabète ou encore l’obésité ;
  • des raisons de respect de la vie animale pour éviter les élevages intensifs ou la surpêche.

Oui, mais qu’est-ce qu’on mange, alors ?

C’est très simple, on remplace les protéines animales par des protéines végétales. Cette année, le défi met l’accent sur les légumineuses : pois chiches, haricots, lentilles, fèves, soja…

Si vous voulez tout savoir sur les légumineuses, vous pouvez consulter le dossier mis en ligne par l’université Grenoble Alpes sur le sujet.

Quel est l’impact du scénario Lundi Vert sur les émissions de gaz à effet de serre ?

Les deux coordinateurs du Lundi vert, Laurent Bègue-Shankland, professeur à l’Université Grenoble Alpes et directeur de la Maison des Sciences de l’Homme Alpes (UGA/CNRS) et Nicolas Treich, directeur de recherche à l’INRAE Toulouse School of Economics, ont publié l’article suivant dans le magazine Slate:

« Selon l’étude la plus complète sur l’empreinte écologique des aliments publiée dans (la revue) Science, la viande de bœuf dégage par calorie ou par protéine plus de cinquante  fois plus de CO2 que les légumineuses et celle de porc environ cinq fois plus.

En calculant l’impact carbone à partir des données sur l’alimentation de l’Ademe, le scénario Lundi Vert permettrait ainsi d’économiser environ cent kilos d’équivalent CO2 (CO2e) par personne et par an. En multipliant par le nombre d’adultes en France, on obtient alors une réduction totale d’environ cinq millions de tonnes de CO2e, soit une baisse de plus de 5% des émissions de l’alimentation.

À titre de comparaison, la mesure gouvernementale réduisant la vitesse maximale sur les autoroutes de 130 à 110 km/h permettrait, selon les estimations du ministère de l’Écologie, de baisser les émissions de CO2e de 1,5 million de tonnes par an. Ainsi, Lundi Vert serait plus de trois fois plus efficace pour le climat que cette mesure routière. Autrement dit, si un(e) Français(e) sur trois adoptait Lundi Vert, l’impact serait plus favorable pour le climat qu’une diminution de 20 km/h de la vitesse maximale »

Bien sûr, nous avons conscience que tous nos lecteurs ne mangent pas de la viande tous les jours, que ce soit par obligation (la viande, c’est cher !) ou par choix. Mais pour ceux qui n’ont pas encore fait le pas de réduire la consommation de viande, nous vous invitons, le lundi, à relever le défi. Le lundi, cette année, c’est légumineuses !

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