MATHILDE DEVES, Responsable su secteur Ouest de l’Association Planète Sciences ILE-DE-FRANCE

Sciences, techniques, bricolages, curiosité, jeux… Ce sont ces mots qui pourraient caractériser l’association « Planète Sciences Ile-de-France», comme nous invitons nos lecteurs à la découvrir. C’est à Hardricourt, dans les bureaux de l’association situés dans la zone artisanale de la Brosserie que Mathilde nous reçoit.

Bonjour Mathilde, nos lecteurs ont peut-être déjà croisé le kangoo jaune de l’association et repéré votre logo, voire participé à une des actions que vous organisez, mais pouvez-vous nous dire en quelques mots en quoi consiste votre association ?

Planète Sciences Ile-de-France est une association loi 1901 qui a trente ans et a pour objectif de diffuser la culture des sciences et techniques auprès des jeunes. Cest une des onze délégations régionales de l’association nationale « Planète Sciences ». Initialement, l’objectif était de fédérer des clubs de particuliers qui avaient pour projet de partager leur savoir-faire, leur connaissance dans le domaine scientifique, par exemple en construisant des fusées avec des jeunes. L’association donne un cadre pédagogique mais aussi des normes de sécurité. Comme « Planète Sciences » a plus de soixante ans, cela nous permet d’avoir un réseau et une sérieuse expérience.

Comment se fait-il que vos bureaux soient à Hardricourt ?

Planète sciences « Ile-de-France » est divisée en deux secteurs : le secteur Est dont l’antenne est à Evry, et le secteur Ouest qui couvre les Yvelines et le Val d’Oise, d’où les bureaux à Hardricourt, position centrale pour cette zone.

Pouvez-vous nous décrire vos motivations et votre poste de responsable du secteur ?

J’ai un doctorat de biologie et j’ai au préalable travaillé au CNRS. Mais j’ai toujours été engagée dans la transmission des sciences en particulier auprès des enfants et intéressée par la vulgarisation scientifique. Quand j’ai vu l’offre d’emploi de Planète Sciences, j’ai pensé que c’était vraiment un poste pour moi… Mon travail consiste à définir, planifier et mettre en place les différents projets en lien avec la pédagogie que nous développons. Je suis en poste depuis bientôt un an et j’ai enseigné par ailleurs en faculté.

J’imagine que vous vous appuyez sur une équipe. Comment est-elle constituée et quel est le rôle de chacun ?

Nous sommes trois permanents à Hardricourt. Cynthia est animatrice et Nicolas s’occupe de la coordination de nos activités et de la logistique. Nous employons également une trentaine de vacataires sur l’année. Et nous avons aussi une équipe de bénévoles. Ces bénévoles viennent souvent avec des propositions, des idées, des projets dans le domaine de la science et des techniques. Notre rôle est de les soutenir pour pouvoir les mettre en musique de façon à susciter l’intérêt des jeunes pour la science et la technique dans une approche ludique… Par exemple, nous allons bientôt lancer un projet d’animation autour des rues qui ont des noms de scientifiques.

Comment est financée l’association ?

Nous réalisons souvent nos actions dans le cadre de partenariats (collectivités locales, éducation nationale, organismes de recherche…). Nous recevons des subventions départementales, régionales et de certaines grandes villes où nous intervenons et nos prestations sont payantes.

Comment intervenez-vous ?

Nous pouvons à la fois faire de l’animation sur des événements ponctuels, comme c’est le cas lors d’un atelier fusées à eau – nous en avions d’ailleurs proposé un à Hardricourt à la fête des associations il y a quelques années – ou nous accompagnons des projets que nous aidons à mettre en place sur des semaines de vacances, ou tout au long de l’année scolaire. Dans ce cas, nous appliquons les méthodes de gestion de projet de recherche industrielle : description des objectifs du projet, moyens de réalisation, planification…

Quel public touchez-vous et quelle est votre pédagogie ?

Nos actions concernent a priori les enfants entre 3 et 18 ans mais nous touchons surtout les 6-15 ans. Notre pédagogie est basée sur la manipulation et l’expérience. L’objectif est d’amener les jeunes à comprendre et à faire le lien avec le quotidien. Nous nous efforçons de développer les qualités d’observation, d’investigation, d’expérimentation, d’interprétation, de confrontation des résultats mais aussi de communication.

Dans quels domaines particuliers de la science intervenez-vous ?

Nous intervenons dans cinq grands domaines : l’archéologie, l’astronomie, l’environnement, l’espace et la robotique. Je vais vous donner des exemples concrets d’animations dans la région pour illustrer nos actions :

  • en archéologie, nous préparons un atelier d’initiation à la fouille archéologique qui aura lieu au musée de l’hôtel Dieu à Mantes lors des journées nationales d’archéologie, les 19, 20 et 21 juin. Nous utilisons pour cela de grands bacs à sable pour permettre aux enfants de s’initier aux techniques de fouille des archéologues.

  • En astronomie, nous disposons d’un planétarium gonflable de 3m de diamètre et 5m de haut : on trouve toujours un endroit pour l’installer ce qui permet de faire découvrir la voûte céleste, même de jour…

  • En environnement, avec le service de la réussite éducative de Mantes, nous avons organisé des activités pendant les vacances autour de l’alimentation sous différents angles : alimentation des hommes préhistoriques, des astronautes à travers le monde… Autre exemple, au lycée agricole de Saint-Germain, nous avons monté un projet sur plusieurs trimestres, intitulé « un bon plant pour l’air », où l’étude de la nécrose des feuilles de tabac révèle la pollution de l’air et la qualité de l’ozone.

  • Sur l’espace, qui est notre créneau de départ, outre la construction des fusées à eau lors d’animations ponctuelles, nous travaillons avec le Lycée Charles de Gaulle du technoparc de Poissy sur un projet de ballon stratosphérique qui sera utilisé pour étudier la pollution atmosphérique. Dans la nacelle se trouvent des appareils de mesure et un GPS. Le ballon sera lâché fin mai et volera pendant trois heures puis les mesures seront recueillies et exploitées. Ce projet est actuellement suivi par un ingénieur bénévole.

  • Enfin, en robotique, dans un collège de Guyancourt, nous faisons de la sensibilisation à la programmation dans le cadre du dispositif d’accompagnement éducatif : nous faisons construire puis programmer de petits robots. A Trappes, nous initions aussi des enfants plus jeunes aux principes de la mécanique grâce à des micro-bidules, de petits robots. Par ailleurs, « Planète sciences » organise depuis plus de dix ans les « trophées de robotique ». Les compétitions ont lieu au niveau des délégations régionales puis au niveau national. Cinquante équipes se sont ainsi affrontées lors de la finale le 21 mars dernier.

Difficile de faire court pour évoquer toutes vos activités. Vous avez parlé de communes du val d’Oise, de Poissy, Mantes… mais vous n’avez pas de projet dans les communes de distribution de notre journal ?

Effectivement, nous sommes intervenus quelques fois ponctuellement et nous n’avons pas de véritable projet de proximité. Mais nous sommes ouverts à toutes les propositions.

Nous tenons d’ailleurs des portes ouvertes pour rencontrer les bénévoles, expliquer les interventions que nous pouvons mener, aider à monter des projets. En juin, nous sommes présents dans notre local le samedi 20 juin.

 Merci beaucoup, Mathilde, d’avoir fait découvrir Planète sciences et la palette d’activités qu’elle propose à nos lecteurs. Nous espérons qu’ils seront nombreux à venir vous rencontrer pour monter leurs projets de transmission du savoir autour de la science et de la technique.

 

(Propos recueillis par Véronique Schweblin)

 

 

 

 

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