Monique CANNONE et Gisèle BRIENCHON, médiatrices familiales, diplômées d’Etat,à IDFM (Ile de France Médiation) de Meulan-en-Yvelines

Ayant choisi en ce début d’année le thème : Ponts et passerelles entre les hommes, les ECHOS DE MEULAN ont sollicité un entretien auprès de IDFM dont la mission essentielle est la médiation familiale. C’est avec grand plaisir et intérêt que je me suis rendu à IDFM de Meulan Paradis où j’ai été reçu, par Monique Canonne et Gisèle Brienchon.

Bonjour, merci d’avoir accepté de nous parler de votre activité qui n’est pas toujours bien connue mais pouvant intéresser, directement ou indirectement, un grand nombre de nos lecteurs. Pouvez-vous, tout d’abord, vous présenter ?

Monique Canonne (MC) : je suis directrice et médiatrice familiale depuis 2005, diplômée d’Etat en ayant suivi la formation à la médiation familiale et à l’Ecole des Parents et des Educateurs. Je pratique la médiation familiale depuis 2003.

Gisèle Brienchon (GB) : je suis également médiatrice familiale depuis 2005, diplômée d’Etat ; nous nous sommes d’ailleurs rencontrées dans le cadre de la formation continue, à l’Ecole des parents et des éducateurs. Je suis également assistante de service social.

Depuis combien de temps IDFM existe-t-elle à Meulan et quelle est sa structure ?

MC : IDFM est en place à Meulan depuis 2005, tout d’abord hébergée au CLC puis installée au 25 rue de la Ferme du Paradis à Meulan, un peu avant l’inauguration officielle qui a eu lieu en juin 2006. IDFM est constituée en association loi 1901, le conseil d’administration réunissant des professionnels, tous intéressés par la médiation familiale.

Quelles sont les activités de l’association ?

MC : le thème qui a suscité votre interview « Ponts et passerelles entre les hommes » est une image qui correspond bien à la mission principale de IDFM. En ce qui me concerne j’ai toujours pensé que nous étions des « passeurs » ; nous sommes là pour aider les personnes à passer sur l’autre rive, à aller vers l’autre, à communiquer entre elles, à apaiser leurs conflits.

GB : oui tout à fait, nos activités s’articulent autour de deux axes :

Le premier axe, c’est la médiation familiale. Nous la proposons pour les conflits (divorce, séparation, conflits familiaux intergénérationnels et collatéraux : grands parents, parents, enfants, fratrie etc..). Nous proposons aussi un concept nouveau, la médiation envers les personnes vulnérables, fragilisées par un handicap, une maladie invalidante ou le grand âge et nous avons imaginé et développé des entretiens médiatisés parents/adolescents, jeunes adultes pour répondre à une demande pressante des parents, des ados et des collèges.

MC : le deuxième axe, c’est le soutien à la parentalité : Depuis l’ouverture, nous proposons un espace de soutien parentalité, ouvert à tous sur le quartier, gratuit et sans rendez-vous, le mardi et jeudi après-midi de 14 h à 18 h. Chaque parent ou jeune peut venir parler des questions qui le préoccupent, de façon informelle.

De plus, nous avons un atelier discussion, un samedi par mois, dont l’accès est également gratuit et qui s’adresse aux parents qui veulent partager leurs expériences. Notre rôle est d’animer et de créer un réseau d’entraide soutenu par le réseau d’aide appui des parents des Yvelines (REAAPY).

GB : nous faisons également de la formation initiation à la médiation familiale, de l’information, nous animons des réunions sur des thèmes en lien avec la famille.

MC : quel que soit le domaine, notre objectif est d’ouvrir un espace de transition qui offre à chacun un temps et un lieu d’échange adapté à ses besoins.

 En quoi consiste la médiation familiale ?

MC : la médiation familiale c’est tout d’abord mettre en place cet espace de transition qui permettra de trouver une autre manière d’aborder le conflit familial, de rechercher des solutions concrètes pour les enfants quand les parents se séparent, de maintenir pour l’enfant des relations durables avec son père, sa mère et tout le réseau familial, ou de prendre des décisions concertées pour une personne vulnérable (parents âgés, majeurs placés, personne handicapée ou malade dépendante).

Comment se déroule cette médiation familiale ?

GB : nous recevons du lundi au samedi de 10 h à 20 h sur rendez-vous, après avoir été contactées par l’un des membres de la famille. Nous prenons un premier rendez-vous qui est une information à la médiation et une vérification de son opportunité. Ensuite, avec leur accord nous mettons en place les entretiens proprement dits de médiation. Cela passe par faire le bilan conjugal ou familial, identifier le ou les points précis qui font conflit comme par exemple en cas de séparation ou de divorce, la résidence du ou des enfants, la pension, la vente ou pas de la maison etc… Nous ne sommes pas là pour imposer quoi que ce soit, on ne traite que ce que nos interlocuteurs veulent bien traiter dans l’objectif, non pas seulement pour les aider à se séparer mais pour organiser la famille en conservant leur rôle de parents.

Pour qu’il y ait médiation il faut au moins être deux interlocuteurs, comment faites-vous pour que la rencontre puisse avoir lieu ?

MC : après le premier entretien, si nous n’avons qu’un seul interlocuteur, nous écrivons ensuite à l’autre personne concernée en lui expliquant, que dans un souci d’impartialité, nous avons besoin de la rencontrer. La plupart du temps, celle-ci accepte. Au fur et à mesure, les personnes prennent des décisions. Le nombre d’entretiens est variable. A la fin, nous pouvons proposer de rédiger un protocole des accords pris en médiation.

Vous devez rencontrer des cas plus ou moins difficiles ?

GB : tout à fait, surtout qu’une séparation ou un divorce n’est pas toujours accepté par l’un des membres du couple. Le cheminement n’est pas le même pour les deux membres. Comme pour un processus de deuil, notre rôle va consister à être dans la bienveillance, à écouter pour les aider à dénouer ce qui fait conflit, à les faire converger vers des solutions concrètes acceptées des deux.

MC : toutefois, nous ne sommes pas des thérapeutes, et si nous rencontrons des cas qui nécessitent préalablement un travail spécifique auprès d’un spécialiste, nous identifions les besoins et nous orientons nos interlocuteurs.

GB : pour traiter les conflits intergénérationnels (parents-ados, grands-parents – petits enfants etc..), nous créons également un espace d’écoute propice au règlement du conflit. Toutefois, dans le cadre d’un conflit parents-ados, même si le jeune va être considéré comme un interlocuteur à part entière, les parents, en tant que détenteurs de l’autorité parentale, décideront au final.

MC : d’une manière générale, le succès de la médiation s’appuie sur une démarche éthique garantissant le consentement de chacun des participants, la loyauté des personnes, la transparence des informations et la participation active de chacun dans le respect mutuel.

Pouvez-vous nous parler de la médiation familiale envers les personnes vulnérables ?

MC : ce type de médiation se déroule de la même manière que pour les autres médiations familiales : les décisions concernant les personnes vulnérables sont élaborées par étapes et en concertation et en lien avec la personne elle-même.

GB : une seule différence, si la médiation concerne un groupe de personnes (par ex une fratrie nombreuse), nous les recevons ensemble, Monique et moi, pour équilibrer le dialogue et faciliter les échanges.

Vous avez évoqué la notion de gratuité. Pouvez-vous nous indiquer si tout est gratuit et comment vous financez vos dépenses ?

MC : le tout premier entretien est gratuit car il s’agit surtout d’informer nos interlocuteurs. Pour la médiation familiale, la médiation personnes âgées, un barème a été institué par la CAF. Chaque interlocuteur, pour chaque entretien qui dure environ deux heures, participe financièrement selon ses revenus. Cela commence à 2 € pour un bénéficiaire du RSA, 5 € pour quelqu’un qui touche le SMIC. Ce barème est national et imposé par la CAF.

Ces rentrées ne couvrent évidemment pas le salaire à mi-temps de Gisèle et le mien à temps-plein ainsi que les charges de fonctionnement, même si celles-ci ne sont pas excessives. Nous avons été soutenues très rapidement par la préfecture des Yvelines, puis la caisse d’allocations familiales qui nous verse une subvention de laquelle elle déduit tout ou partie de la participation des usagers. Pour compléter le financement, IDFM a reçu des subventions de la commune de Meulan, du conseil général, du conseil régional et de la DDASS (direction départementale de l’action sociale et sanitaire) devenue depuis la DDCS (direction départementale de la cohésion sociale). Enfin nous avons reçu un soutien ponctuel du député Pierre Cardo, sur le budget de l’assemblée nationale et des subventions de communes avoisinantes. Nous saisissons l’occasion pour renouveler à tous nos remerciements.

GB : comme on l’a dit, IDFM a mis au point des entretiens médiatisés parents-ados. Ils ne sont pas subventionnés par la CAF. Un barème IDFM a donc été mis en place par notre conseil d’administration. Nous en donnons le détail lors de l’entretien d’information.

Nous voici déjà au moment de conclure, juste une dernière question : la médiation familiale se substitue-t-elle au rôle de l’avocat et du juge ?

MC : deux cas de figure se présentent. Un couple non marié pourra présenter directement son protocole d’accord ou son projet d’entente au juge aux affaires familiales à Versailles. Par contre un couple marié devra obligatoirement faire appel à un avocat pour la présentation du dossier de divorce auprès du juge.

GB : cela peut surprendre vos lecteurs, mais effectivement notre formation à la médiation, nous confère des compétences en sociologie, en psychologie et en droit, bien sûr sans oublier une bonne dose de bon sens. La médiation ne se substitue à aucun autre rôle de professionnel. Elle offre un espace unique en son genre et une opportunité de prendre à bras le corps sa destinée, celle de ses enfants.

Un grand merci pour votre accueil. A travers ce trop court entretien, dans le contexte ou la société actuelle est confrontée à de nombreux conflits familiaux, vous apportez des informations pouvant être très utiles à nos lecteurs, à titre personnel ou pour leur entourage.

Propos recueillis par Yves Maretheu

  1. IDFM 25 Rue de la Ferme de Paradis 78 250 Meulan-en –Yvelines

Tél : 01 34 74 79 52 site : www.idfm-mediation .asso.fr

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