Osons rêver l’avenir

Difficile de traduire en quelques lignes les nombreux exposés et ateliers des trois jours des 95èmes rencontres des Semaines Sociales de France fin novembre. Le thème était : « Osons rêver l’avenir » avec un sous-titre éloquent : « Prendre soin des Hommes et de la Terre ». Pour les plus curieux, la rubrique « Actualités » du site des SSF trace un résumé très fidèle de chacune de ces trois journées.

Présentons donc cette rencontre comme un creuset où chacun peut s’approprier des analyses… et des rêves. Et, puisqu’il faut bien choisir, je reviendrais sur l’atelier « Quelle consommation désirable ? », proposé parmi d’autres ateliers le deuxième jour de la rencontre. Le débat en petits groupes sur cette question était précédé par quatre témoignages : celui de Roxane Sansilvestri, celui de Laurent Seux et celui de Swann Bommier et Loïc Marcé.

Roxane Sansilvestri est cheffe de projet au campus de la Transition, un lieu d’enseignement, de recherche et d’expérimentation créé en Seine-et-Marne en 2018 par un collectif d’enseignants-chercheurs, d’entrepreneurs et d’étudiants réunis pour promouvoir une transition écologique, économique et humaniste, à l’échelle des enjeux qui bouleversent notre siècle. Laurent Seux est responsable du programme « ensemble, bien vivre, bien manger » du Secours catholique. Swann Bommier est chargé de plaidoyer pour la régulation des entreprises multinationales au CCFD-Terre Solidaire. Loïc Marcé est fondateur de « L’arbre des imaginaires » qui allie notre tête, lieu de la lecture et de la compréhension, notre cœur, lieu où naissent la tristesse, la colère, la volonté d’agir et notre corps qui nous met concrètement en action.

Les participants ont souligné que, entre 1990 et 2015, 1 % des plus riches du monde est responsable de plus du double des émissions de CO2 que les 50 % les plus pauvres et que, selon le rapport Carbon Disclosure Project, 71% des émissions globales de gaz à effet de serre depuis 1988 sont dues seulement à … 100 entreprises, sachant que la moitié de ces émissions est à imputer à 25 d’entre elles. L’augmentation des consommations (métaux précieux pour l’électronique, énergies fossiles, eau, papier…) à mettre en parallèle de ressources finies a aussi été soulignée plusieurs fois. Si des actions globales sont nécessaires, elles sont complémentaires d’actions individuelles. C’est aussi ce qu’avait signalé la veille Valérie Masson-Delmotte, responsable du groupe 1 du GIEC : les politiques publiques, dont certaines ont déjà fait leurs preuves (c’est une bonne nouvelle), sont importantes mais l’engagement individuel est capable à lui seul de réduire l’empreinte carbone de 20 à 25 % (alimentation, déplacements, etc.).

Lors des ateliers qui ont suivi ces exposés, les participants ont formulé de nombreux rêves parmi lesquels :

  • le rêve que chacun s’attache à mesurer l’empreinte carbone de sa consommation individuelle et à progresser vers un impact de deux tonnes de CO2 par an ;
  • le rêve d’un discernement individuel en vue d’une vue consommation raisonnée, durable, réutilisable, plus locale comprenant plus d’alimentation « bio » ;
  • le rêve d’un discours positif sur le supplément de bonheur, de plaisir de la sobriété : « plus de liens, moins de biens» ;
  • le rêve de rentrer dans un monde qui s’éveille à la nécessité de se transformer et le rêve d’avoir des arguments pour convaincre de la nécessité de changer ses habitudes de consommation ;
  • le rêve d’une responsabilité sociale et environnementale de nos fournisseurs, notamment dans l’achat de vêtements.

Aurons-nous l’énergie d’opérer ces changements dans nos modes de vie ?

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