Au cœur de notre vie : prier pour exaucer Dieu !
« C’est la fine pointe de notre amour que de puiser par la prière la vie au cœur de Dieu pour le monde » écrit Madeleine Delbrêl. Quand nous prions, n’oublions pas que le premier qui prie, c’est Dieu : il nous prie : « aime-moi, donne-moi ta prière » et notre cœur de répondre : « toi mon Dieu, parle-moi, donne-moi ton amour ». Dans la prière, il ne s’agit pas tant d’être exaucé que d’exaucer Dieu.
Mise à l’écoute de Dieu, méditation et silence
Tout d’abord, se mettre paisiblement en présence du Seigneur en traçant lentement sur soi un beau signe de croix ; ce signe reçu au baptême nous rappelle que nous sommes enveloppés dans le mouvement d’amour de la Trinité Sainte.
Nous pouvons invoquer l’Esprit-Saint qui n’est autre que l’amour même dont s’aiment le Père et le Fils. Comme introduction à la prière du soir, nous pouvons dire : « Seigneur, je t’ouvre la porte de mon cœur : vois où j’en suis. Voici tout ce que j’ai vécu de beau, en toi ; voici également ces moments où mon cœur s’est égaré loin de toi. C’est dans ce cœur que je t’invite Seigneur. Je veux te rencontrer toi qui toujours m’attends. Viens, je t’invite Seigneur, fais comme chez toi, chez moi. »
Thérèse d’Avila suggérait deux moyens pour la suite : une image et un livre, en particulier l’Évangile. « Pour moi, j’ai toujours beaucoup aimé les paroles de l’Évangile, qui m’ont toujours beaucoup plus recueillie que les livres les mieux faits » (Chemin, 23). Ces outils sont souvent indispensables pour soutenir l’élan de notre prière.
« Voici un moyen qui pourra vous aider pour le point en question. Ayez soin d’avoir une image, un crucifix ou une icône de Notre Seigneur qui soit à votre goût… Servez-vous en pour vous entretenir souvent avec lui et il vous suggérera ce que vous avez à lui dire. Un autre moyen excellent pour vous aider à vous recueillir, c’est de prendre un livre de spiritualité ou l’Évangile et ainsi, vous habituerez peu à peu votre âme à la méditation, sans l’épouvanter… Si l’on n’agit pas progressivement, autant qu’habilement, on ne fera jamais rien. »
Le silence au cœur de la prière n’est pas une parenthèse, un temps mort entre deux temps de paroles. Ainsi, faire silence est la seule façon d’écouter Dieu. Car Dieu est tendresse, il chuchote au cœur. Il n’ordonne ni ne crie ! Mais il est là, présent à qui veut bien l’accueillir dans la paix intérieure.
A chacun de trouver sa façon de terminer ce temps de méditation : par le Notre Père, le Je vous salue Marie, par un chant, par une phrase qui exprime à Dieu un merci pour ce qui a été vécu pendant ce rendez-vous d’amour.
D’autres formes de prière
- des prières courtes : à l’école des saints, nous apprenons aussi que des prières courtes, simples à mémoriser, peuvent imprégner notre âme de paix et de joie à tout moment de la journée ; ainsi : « Jésus, donne-moi la paix du cœur », « Ô Dieu, garde-moi dans la joie, la simplicité, la miséricorde », « Jésus ma paix» ou encore ce que l’on appelle la prière du cœur, ou prière de Jésus, popularisée par les moines du Mont Athos aux XIIIe et XIVe siècles : « Seigneur Jésus, Fils du Dieu Vivant, prends pitié de moi pécheur », que l’on peut dire au rythme de la respiration. Ainsi, la prière peut devenir continuelle, même dans les plus petits actes de chaque jour. « On peut trouver Dieu même au fond des marmites » s’exclame Thérèse d’Avila dans le livre des Fondations, c’est-à-dire même en faisant la cuisine, si l’âme demeure recueillie en Dieu ;
- le chant est un acte simple à la portée de tous. Il exprime et engage entièrement celui qui chante. En effet, chanter ensemble, à l’unisson, ou à plusieurs voix, permet une profonde communion, au-delà des mots. La flûte, le clavier ou la guitare soutiennent parfois le chant, lui donnant un relief festif ;
- la louange est le Merci à Dieu pour chaque jour et pour chacun : il nous place dans un émerveillement libérateur ; il nous délivre du souci de nous-mêmes ;
- la prière d’intercession : jour après jour, devant Dieu nous portons, nous apportons les femmes et les hommes en situation difficile et souffrante. Ainsi, nous prions pour celles et ceux qui nous sont proches. Ou bien encore, celles et ceux qui nous sont lointains. Du particulier à l’universel, Dieu invite à la solidarité avec toute la famille humaine.
En guise de conclusion
Voici un texte de Thérèse d’Avila et une prière de saint François d’Assise ; ces mots peuvent devenir notre prière :
« Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la Patience obtient tout ; qui a Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit ».
Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582).
« Seigneur, dans le silence de ce jour naissant,
Je viens Te demander la paix, la sagesse, la force.
Je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux tout remplis d’amour ;
Être patient, compréhensif, doux et sage ;
Voir au-delà des apparences Tes enfants comme Tu les vois Toi-même, et ainsi ne voir que le bien en chacun.
Ferme mes oreilles à toute calomnie ;
Garde ma langue de toute malveillance ;
Que seules les pensées qui bénissent demeurent en mon esprit ;
Que je sois si bienveillant et si joyeux
Que tous ceux qui m’approchent sentent Ta Présence.
Revêts-moi de Ta Beauté, Seigneur, et qu’au long de ce jour je Te révèle.
AMEN. »
Saint François d’Assise (1181-1226).
Eric Le Scanff

