Avant et après les Cassini
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Ptolémée Claude (90-168 après J.-C.) géographe, astronome, astrologue et mathématicien grec propose un système de projection plane de la surface terrestre sphérique : la projection conique arrondie. Il va surtout établir les coordonnées géographiques précises de plus de huit mille lieux, en longueur (longitude) et en largeur (latitude) et divise le monde en sept climats, c’est-à-dire sept zones climatiques parallèles.
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Les cartes dites en « T dans l’O » divisent la Terre en trois continents de façon symbolique. En s’appuyant sur la lecture de la Bible, le christianisme imposa une représentation religieuse du monde. Sur cette carte rédigée par le moine espagnol Beatus de Liebana vers 885 figure une quatrième partie en direction du sud légendée « Terre Australe ». |
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Gallia, la première carte de France est dressée par Oronce Fine et publiée entre 1525 et 1557. C’est une carte de grande taille : 0,95m sur 0,68m et correspond à une échelle approximative de 1/1 750 000. Elle est née de la volonté du pouvoir politique de construire des limites, des frontières, d’aménager son territoire et surtout de réguler la fiscalité et les marchés économiques internes. |
L’atlas réalisé par Mercator en 1569 innove par l’usage d’une nouvelle projection, dite projection Mercator, qui fournit aux navigateurs une réelle description des contours des terres. Encore aujourd’hui, la plupart des cartes marines utilisent cette projection où les parallèles sont parallèles à l’équateur. Gérard Mercator a déterminé la représentation du monde telle que nous l’utilisons chaque jour pour apprendre la géographie ou nous déplacer à un endroit. La projection du globe terrestre de ce mathématicien, astronome et géographe flamand est employée aussi bien par les cartes interactives présentes sur Internet (Google Maps, Bing Maps, OpenStreetMap…) que par les mappemondes des livres scolaires.
Pour la petite histoire … son visage figurait sur les billets de 1 000 francs belges avant l’euro et le voilier qui servit de navire-école à la marine marchande belge s’appelait Mercator.

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Napoléon 1er concrétise par la loi du 15 septembre 1807 une demande faite dans les cahiers de doléances de 1789 : la création d’un cadastre. Le cadastre napoléonien permet à chaque commune d’être pourvue de plans, d’un état de sections entre 1807 et 1850. C’est un outil juridique et fiscal. |
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Puis, en 1808, il décide la réalisation de cartes à l’usage des militaires à l’échelle 1/80 000° qui sera mise en œuvre entre 1817 et 1866, (les guerres napoléoniennes ayant obligé à ajourner l’entreprise) ; c’est la célèbre carte d’état-major. L’ensemble de la France est levé en couleurs, au 1/40 000, au terme de cinquante années de travail. Neuf cent soixante-cinq cartes sont réalisées par le Dépôt général de la Guerre et de la Géographie.
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Ces cartes vont évoluer au cours du temps, en fonction de l’échelle mais aussi de l’impact des guerres sur les frontières du pays, de l’impression devenue plus facile et de l’objectif pédagogique qui leur sera confié. Ainsi, après l’atlas Levasseur, 1894 verra la publication de l’atlas général Vidal-Lablache.
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L’IGN modifiera les échelles, 1/50 000 en 1922, 1/100 000 en 1954 puis sa symbolique cartographique en 1972.
Même si aujourd’hui, pour l’automobile en particulier, la cartographie se décline sous forme numérique, on ne peut passer sous silence la carte routière Michelin ! Elle apparaît en 1905 à l’occasion de la compétition automobile Gordon-Bennet. Sa véritable commercialisation ne sera effective qu’à partir
de 1910 sous la forme d’un pliage en accordéon de 2 fois 10 plis de 11 x 25 cm.
Et peut-on oublier les cartes Rossignol ornant les murs des salles de classe de l’après-guerre, mais encore souvent aussi aujourd’hui. Les Éditions ont fermé leurs portes mais un musée a vu le jour à Cissé près de Poitiers et la ville de Montmorillon propose aussi d’autres découvertes autour de l’imprimerie Rossignol.
Bruno Gonin








