Madeleine Grienet, une enfance à Hardricourt

Savez-vous qu’il y avait un Mont Blanc à Hardricourt ? Moi, non ! Mais c’est une des découvertes que j’ai faites pendant la conférence-expo-photos organisée à Hardricourt le 11 octobre à l’Espace 1901.

Dans le cadre du projet Mémoires d’Hardricourt porté par Nathalie Jarno et la municipalité d’Hardricourt, Muriel Janoir, guide conférencière spécialisée dans le patrimoine vernaculaire et industriel, a eu l’occasion de rencontrer Madeleine Grienet, 87 ans, mémoire vivante du village. De là est née l’idée d’un après-midi autour de ses souvenirs. Nous avons donc pu regarder un film où elle répondait aux questions de la vidéaste Chloé Martinez, puis elle a échangé avec le public, très nombreux, qui pouvait également parcourir des cartes postales anciennes parfois agrandies et commentées de la main de Madeleine.

Nous avons appris beaucoup de choses sur le village d’avant les années 1950 : le nombre important de petits commerces, l’école qui était dans le même bâtiment que la mairie, où les enfants écrivaient à la plume, où les grands parents de Madeleine, nés dans les années 1870, étaient instituteur et institutrice, les rencontres musicales entre voisins, les tailleurs, couturières et tricoteuses qui faisaient des miracles pour faire durer les habits pendant la guerre, la gare de marchandise qui servit de garnison aux soldats allemands, les maisons désertées où les Allemands s’installèrent dans un premier temps (mais grâce à une ruse consistant à envahir leur jardin de gamins hurlant et criant, la leur ne fut pas réquisitionnée), …

Madeleine a aussi parlé de sa vie d’enfant : l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul à 5 ans dans la section enfantine de l’école, la course pour se réfugier pendant les bombardements dans les carrières de l’actuel parking de la rue de la Chesnaye, de la grande liberté des enfants qui passaient beaucoup de temps à courir dehors (il faisait bien froid dans les maisons), des tâches qui leur étaient confiées comme mettre du papier journal dans les fentes des volets pour ne pas laisser passer la lumière, glaner dans les champs pour ramasser les pommes de terre et les dégermer tout au long de l’hiver, ouvrir la cage des lapins pour qu’ils courent se nourrir dans les champs et les rattraper ensuite, …

Et le Mont-Blanc, me direz-vous ? Eh bien pour construire le barrage sur la Seine aux Mureaux, les pierres utilisées étaient extraites en haut d’Hardricourt. On peut d’ailleurs voir encore la trace des anciennes carrières rue du Château avant d’arriver au stade. La terre qui recouvrait les pierres était blanchâtre et, entassée, formait un monticule, d’où son nom de Mont Blanc. D’en haut, les enfants jouaient au lance-pierre ou au lance-marrons…

Avec ce retour sur le passé, Madeleine a souhaité aux jeunes d’oser faire ce qu’ils ont envie de faire, de réaliser leurs projets…

Un grand merci pour ce moment très intéressant et vivant où certains auditeurs ont retrouvé leurs souvenirs d’antan. On attend la suite de Mémoires d’Hardricourt avec impatience.

Véronique Schweblin

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