Apprendre à lire

« Je ne peux pas aller à l’école car je ne sais pas encore lire » me disait une future élève de maternelle, il y a quelques années ! C’est dire l’importance et la nécessité de savoir lire et donc d’apprendre.

Cet apprentissage commence très tôt, sans s’en rendre compte, avant même l’école maternelle. Les enfants découvrent les usages sociaux de l’écrit à travers les affiches, les livres, les journaux, la télé, les enseignes… Dès qu’ils commencent à reconnaître leur prénom, ils s’intéressent aux lettres. Parfois nous sommes surpris de les entendre se raconter des histoires en tournant les pages d’un livre à bon escient ! En lui lisant des histoires, nous l’aidons à élargir son vocabulaire et à acquérir des compétences telles que l’écoute et la compréhension.

Au Cours Préparatoire, classe privilégiée pour l’apprentissage de la lecture, l’objectif est d’élargir cette offre de départ en y apportant des textes plus longs, des plans, des poèmes, des histoires, des bandes dessinées, etc.

Lorsque l’enfant a acquis le mécanisme et l’automatisme de la lecture, il lira d’une manière plus aisée et plus rapide, développant ainsi le plaisir de lire.

Les méthodes d’apprentissage

Apprendre à lire est une priorité de l’enseignement primaire. En charge d’un CP, l’enseignant se sent particulièrement responsable de l’apprentissage de la lecture, même si les programmes rappellent l’aspect continu de cet apprentissage tout le long du cycle primaire.

Toutes les méthodes ont le même objectif : permettre l’apprentissage de la lecture et faire de chaque enfant un futur lecteur expert. Cependant elles revendiquent des différences dans les moyens d’y parvenir.

La méthode synthétique

Elle impose la découverte et la compréhension du principe alphabétique. Les élèves sont amenés à lier certaines unités minimales en unités plus grandes, les syllabes, puis en mots, ce qui peut paraître très abstrait. C’est artificiel mais c’est aussi ce qui en fait la force.

La méthode analytique

Cette méthode part des grandes unités écrites (le texte, la phrase) pour aller vers leurs composantes (le mot) en privilégiant des activités d’hypothèse sur le sens : on découvre des mots, des indices. L’enfant reconnaît des mots ou des phrases globalement ce qui peut entrainer une saturation de la mémoire.

La méthode mixte

Elle s’appuie sur un mélange des deux premières ce qui induit certaines difficultés car elle articule un travail de lecture globale et un déchiffrage lettre – son – écriture. Les deux méthodes sont mises en concurrence dans la représentation que l’élève essaie de se construire de la lecture : faut-il apprendre des mots ou les décomposer ?

Chaque méthode possède ses avantages et génère ses difficultés. Il est souhaitable d’utiliser des supports à l’apprentissage, des manuels bien choisis en fonction de la méthode afin de les utiliser au mieux et de les compléter si besoin, d’éviter les pratiques mosaïques en piochant dans divers manuels avec le risque de perturber les élèves, surtout les plus fragiles, pour qui l’apprentissage est difficile.

Comment aider l’enfant dans l’apprentissage de la lecture ?

Eveline Charmeux, ex-chercheur en pédagogie à l’INRP (Institut National en Recherche Pédagogique) donne, à ce propos, des conseils judicieux aux parents pour aider leur enfant. Les apprentissages ne se font pas aisément sans une étroite collaboration entre enseignants et parents. Mais collaboration ne veut pas dire répétition : les parents n’ont pas à se considérer comme des répétiteurs du travail scolaire ni comme des anticipateurs de ce travail. C’est à tort que l’on croit bien faire en « enseignant » aux petits, à la maison, ce qu’ils vont apprendre au CP. « Chacun son métier » dit un vieil adage. Enseigner est un métier qui s’apprend et ne peut s’improviser. En fait, la relation qui unit les parents à l’école n’a rien d’une concurrence ni d’une dépendance, c’est une relation de complémentarité où chacun a sa spécificité. La tâche des parents est essentielle et irremplaçable. On ne peut découvrir comment se servir de la langue écrite que dans les situations réelles de lecture / écriture de la vie quotidienne. Lire, avant d’être un « savoir », est une « situation » qu’il faut vivre pour la maîtriser…

A la maison, c’est d’abord la manière dont la « chose écrite » est reçue qui va déterminer en grande partie la façon de la recevoir pour l’enfant. Si, par exemple, l’enfant entend souvent : « qu’est ce que tu fais là à rien faire, en train de lire ! » ou bien « inutile de lire le mode d’emploi, on n’y comprend jamais rien ! » ou s’il n’a jamais vu ses parents lire eux-mêmes par plaisir, il y a gros à parier que l’enfant abordera la lecture avec appréhension.

La première forme d’aide, c’est un certain type de « présence fonctionnelle » de l’écrit à la maison et dans la vie quotidienne, c’est-à-dire servant à quelque chose de précis : le livre de cuisine (ou un site de cuisine), les modes d’emploi ou les instructions d’utilisation, les indications écrites dans la rue pour trouver son chemin, la publicité à la télé … Il y a bien sûr tout le domaine de l’écrit d’informations diverses (journaux de télé pour connaître le programme, les cartes routières, le dictionnaire …). La culture, ce n’est pas « tout savoir », c’est savoir où se trouvent les réponses. Et ces réponses sont dans les écrits. Excellent moyen de comprendre à quoi sert le savoir lire !

Vivre avec ses enfants des situations de plaisir partagé avec la lecture

Depuis déjà longtemps, les spécialistes insistent sur la nécessité de lire très tôt des livres aux enfants : ce sont des moments de conversation à deux, d’échanges de confidences, de récits ou d’histoires improvisées, inventées. Outre la relation privilégiée qu’elle instaure, elle est l’occasion d’entendre une langue différente de celle qui apparaît dans la vie quotidienne. Attention cependant à ne lire que des images : pour que le « vouloir apprendre à lire » se déclenche, il faut que l’enfant ait découvert que l’histoire n’est pas dans les images mais dans les fameux petits signes qu’il importe d’apprendre à décrypter.

Offrir des « objets à lire »

Etre lecteur c’est avoir besoin de posséder des livres et se les approprier. Quels livres ? N’importe lesquels ! Pourvu qu’ils soient de taille, de collections, de formats différents et d’auteurs variés afin que l’enfant forme son propre goût. Il est bon aussi qu’il soit abonné à une revue qu’il reçoit à son nom. Le plaisir de lire n’a rien à voir avec quelque chose d’ennuyeux ou de « barbant » comme certains s’obstinent à le faire croire.

Pour aller plus loin : Apprendre à lire

 

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