Des étoiles, encore des étoiles !

Il y a étoiles et étoiles, celles du firmament et celles de la terre ; qui plus est, le mot peut être pris au sens propre ou au figuré.

Etoile, du latin « Stella », est le nom vulgaire de tous les astres doués d’un éclat propre. Par analogie, on donne ce nom à tout objet qui présente quelque ressemblance avec une étoile par son éclat ou sa forme rayonnante ; ainsi on dira « étoile des braves » pour la légion d’honneur, « étoile des prés » pour la marguerite. Par extension, le mot s’applique à toute personne qui brille d’un vif éclat ; ainsi en est-il de la « danseuse étoile », on dira « star », mot de même origine, employé principalement quand il s’agit d’acteurs de théâtre, de cinéma ou de la télévision.

Au sens figuré, étoile peut signifier le destin, la chance, par allusion à l’influence que l’on attribuait autrefois aux étoiles sur la destinée de l’homme. Si on a « foi en son étoile », il est souhaitable d’être né sous une bonne plutôt que sous une mauvaise étoile, car alors il ne nous reste plus qu’à « maudire notre étoile » !

En lisant l’article « je vous dis tout sur les étoiles », vous constaterez que, pour ce qui est du firmament, ce n’est pas une mince affaire en raison et de leur structure et de leur nombre ! La première liste systématique des étoiles fut dressée par Hipparque (130 av JC) dont les travaux nous ont été transmis par le mathématicien grec Ptolémée (IIème siècle) dans son « Almageste », catalogue qui renferme 1025 étoiles et qui a servi de base à de nombreuses listes postérieures. La position d’une étoile étant bien définie dans le ciel par ses deux coordonnées, et depuis peu par sa distance en années-lumière, on a pu former des recueils dits « catalogues ». Aujourd’hui, la science des astronomes, des instruments de plus en plus précis, sans oublier la conquête de l’espace, font sans cesse évoluer nos connaissances des étoiles ; n’oublions pas pour autant les « pionniers » qui, fascinés par le firmament, ont mis leur science au service des étoiles.

Laissons le firmament et redescendons sur terre où là aussi les étoiles ne manquent pas tant la référence fascine. Notons que nombre de décorations portent le nom d’étoile comme l’étoile noire du Bénin, l’étoile des Comores, d’Ethiopie, de Roumanie … et même « l’Etoile polaire » créée en Suède au XVIIème siècle. Quant à l’Etoile des Indes, elle a été voulue par la reine Victoria pour récompenser les services rendus à ce pays par les Européens et les indigènes.

L’étoile a toujours eu une connotation glorieuse ; il n’est donc pas étonnant qu’on la retrouve à cinq branches dans nombre de blasons ou écus ; on dira par exemple « d’argent à une étoile d’azur ».

En botanique, le nom est donné à plusieurs plantes dont les fruits ont forme d’étoile ; quant à l’étoile blanche ou de mer, c’est la désignation usuelle d’une astérie. L’étoile synonyme de valeur s’applique à bien des domaines ; ainsi à l’opéra, elle sert de repaire officiel dans la hiérarchie des corps de ballets et tous les petits rats de l’Opéra, d’étoile en étoile, rêvent de devenir « la danseuse étoile » du Palais Garnier. On marque aussi d’une étoile chevaux et bovins qui méritent cette distinction mais gare aux maquignons peu scrupuleux !

En toponymie, « étoile » est le nom de tout carrefour de plus de quatre voies ; ainsi l’Arc de triomphe trône au centre de la place de l’Etoile, convergence de douze avenues. Seules, trois communes et une chaîne de montagnes portent ce nom (à ma connaissance).

L’astérisque, du grec Asterikos, petite étoile, en typographie indique généralement un renvoi mais peut aussi servir à une classification de valeur, de compétence comme les étoiles du Guide Michelin décernées par un jury aux hôtels et restaurants.

La Bible fait aussi référence aux étoiles, « l’Etoile de David » est le symbole du Judaïsme car, dans une vision, Dieu fit cette promesse à Abraham : « Contemple donc le ciel, compte les étoiles si tu peux les compter … Telle sera ta descendance ».

C’est une fois encore une étoile qui guidera les Mages « nous avons vu son astre à l‘Orient ». « Cet astre avançait devant eux jusqu’à ce qu’il vint s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant » (Matthieu 2,1-6), raison pour laquelle nos crèches qui, au temps de Noël, fleurissent un peu partout, sont généralement ornées d’une étoile. Celle que préfère les enfants est celle installée au sommet du sapin !

On pourrait dire bien des choses encore sur cet astre fascinant même si le temps de « dormir à la belle étoile » est révolu, il nous reste pour rêver la contemplation des étoiles dans la clarté du ciel d’une belle nuit d’hiver.

 

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