En route pour le « French Cancan »

Le 31 décembre à Paris au pied de la butte Montmartre ! C’est peut-être l’occasion de passer le réveillon sous les ailes protectrices du « Moulin-Rouge » !

Ah ! La Belle Epoque !

Période de paix et d’optimisme marquée par le progrès industriel et un foisonnement culturel particulièrement riche, la Belle Époque fait encore rêver. Les expositions universelles de 1889 (centenaire de la Révolution et présentation de la tour Eiffel) et de 1900 en sont les symboles. A cette époque, une trentaine de moulins à vent qui broyaient grains, maïs, plâtre, pierre… couvraient la butte. Au milieu d’un Paris de plus en plus gigantesque, Montmartre a su garder une ambiance de village bucolique.

Le 6 octobre 1889, le Moulin-Rouge est inauguré au pied de la butte à l’emplacement de l’ancien Bal de la Reine Blanche, sur la place du même nom. Ses créateurs, Joseph Oller et Charles Zidler, connaissent bien les goûts du public. Leur objectif est de permettre aux plus riches de venir s’encanailler dans un quartier à la mode. Le lieu extravagant – le jardin est agrémenté d’un gigantesque éléphant – permet à toutes les populations de se mélanger. Employés, artistes, bourgeois, hommes d’affaires, femmes élégantes et étrangers de passage s’y côtoient. Surnommé « Le Premier Palais des Femmes », le cabaret connaît rapidement un vif succès.

Ingrédients de la réussite

Une architecture de salle révolutionnaire permettait les changements rapides des décors. On boit du champagne, on danse, on rit énormément grâce à des attractions pleines d’humour. Le « French Cancan », nouvelle danse inspirée du quadrille exécutée sur un rythme endiablé par des danseuses aux costumes affriolants avec jupons, est de plus en plus populaire. Ces danseuses illustres resteront dans l’Histoire du cabaret comme la Goulue, la Môme Fromage, Yvette Guilbert, Nini Pattes en l’air, Grille d’Egout… les hommes ont eux aussi leur vedette avec Valentin le Désossé. Le Moulin-Rouge est un lieu aimé des artistes de Montmartre : on peut y rencontrer Renoir, Braque, Apollinaire, Picasso, Proust, Modigliani… ainsi qu’Henri de Toulouse-Lautrec, le plus emblématique de tous, dont les affiches et tableaux assurent au Moulin-Rouge une notoriété rapide et internationale. Pour le rendre visible depuis les grands boulevards et le bas de la rue Blanche, la façade fut rehaussée d’un gros moulin peint en rouge et illuminé.

Grands moments

Les concerts bals ont lieu tous les jours à 22 h. Les premières années sont marquées par des spectacles extravagants, inspirés du cirque et d’attractions restées célèbres. La renommée du Moulin-Rouge dépasse les frontières. A l’image du prince de Galles, futur Edouard VII, les étrangers se pressent pour découvrir le « French-Cancan » dont la réputation n’est plus à faire.

Opérette et grand spectacle

Aux premières années du XXème siècle, après des travaux de rénovation, le Moulin-Rouge se transforme en véritable temple de l’opérette avec les débuts de Mistinguett et ses fameuses revues. Après l’incendie de 1915, l’ancienne salle de bal reconstruite se transforme en night-club ultra moderne. La Seconde Guerre mondiale vient interrompre l’effervescence du cabaret, qui devient un dancing : le Robinson Moulin-Rouge.

Ère du renouveau

En 1951, les soirées dansantes, les attractions et bien sûr le célèbre « French-Cancan » sont de retour. Jusqu’en 1960, des artistes venus du monde entier se succèdent: Bing Crosby, Liza Minnelli, Ginger Rogers, Luis Mariano, Charles Aznavour, Line Renaud, Joséphine Baker, Bourvil…

La troupe des « Doris Girls », du nom de sa créatrice, est fondée en 1957. Au nombre de quatre danseuses au départ, elles sont aujourd’hui une centaine, dont quarante sur scène.

Deux ans plus tard, le cabaret propose les « dîners-spectacle » avec une carte gastronomique pour une clientèle de plus en plus internationale. Avec des revues qui vont conforter sa réputation mondiale, le cabaret et son célèbre « French-Cancan » se déplacent à l’étranger comme le 23 novembre 1981 à Londres devant la reine d’Angleterre ou encore en février 2009 dans le cadre du Carnaval de Rio à l’occasion de l’année de la France au Brésil.

 

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