Hippocrate de KOS (460-377 av JC), le père de la médecine

Sur l’île de Kos  existait depuis le 4ème siècle av JC l’un des grands sanctuaires consacré à Asclépios, le dieu de la médecine. C’est là que naquit, en 460 av JC, Hippocrate.Son père était médecin, descendant de la célèbre famille des Asclépiades qui se consacraient aux soins des malades sous l’égide du dieu. Hippocrate fut le premier, tout au moins en Occident, à privilégier l’observation et codifier l’examen clinique des malades. Il sut tenir compte des réactions favorables de l’organisme contre les agents morbides et nous a laissé un corpus de doctrines remarquables dans des ouvrages qui sont parvenus jusqu’à nous.

A l’âge de 27 ans, il était déjà un des plus célèbres médecins de Grèce. Il fut appelé par le roi Perdicas vers 433 av JC et le soigna avec succès. Très rapidement, le médecin de Kos devint célèbre. Pendant quatre-vingt-dix ans ou plus, en tous cas  jusqu’à sa mort, Hippocrate mena l’existence d’un médecin voyageur, soignant les riches et les pauvres, citoyens ou esclaves.

Hippocrate a découvert que les maladies, comme leur guérison, ne sont pas le fait des dieux ou de prétendus guérisseurs, mais que toute maladie a une cause naturelle et peut être traitée par des moyens connaissables. Il a préconisé l’observation, la palpation et l’auscultation du malade, et considéré que le moindre signe pouvait orienter un diagnostic. Il conseillait de pratiquer une activité physique régulière accompagnée d’une véritable thalassothérapie, en particulier pour les douleurs lombaires. Il a préconisé les principes de la diététique. Il conseille aux sujets trop gras de consommer du poisson, des fruits,  ce qui est encore appliqué de nos jours ! Toutes ces méthodes vont bouleverser les idées reçues et ébranler les principes de la médecine reconnus jusque là. Il y avait en Grèce du temps d’Hippocrate, des médecins spécialisés : les uns pour les maladies, les autres pour les plaies et d’autres pour les yeux. Les médecins “ Hippocratiques” sondent les malades pour reconnaître si la vessie renferme une pierre ! Les Grecs méritent notre admiration, car ils introduisirent les premiers la notion de physiologie dans la médecine ; la physiologie étant la partie de la biologie qui étudie les fonctions et les propriétés des organes et des tissus des êtres vivants. Ils ont ainsi posé les bases d’un développement scientifique de la médecine.

A l’époque d’Hippocrate, on ignorait pratiquement tout de l’anatomie et de la physiologie humaine, en raison du tabou qui interdisait la dissection du corps humain. Hippocrate professait que le corps humain était constitué de quatre humeurs : le sang, la lymphe, la bile jaune et la bile noire, correspondant aux quatre tempéraments : sanguin, lymphatique, mélancolique et colérique. Ces états sont la transposition organique de chacun des éléments fondamentaux : l’Eau, la Terre, l’Air, le Feu.   Selon cette conception, connue sous le nom de théorie des humeurs, les maladies étaient la conséquence d’un déséquilibre entre ces quatre humeurs. Le corps contient le pouvoir de rééquilibrer les quatre humeurs et de se guérir lui-même. La thérapeutique hippocratique se donnait simplement pour but d’aider ce processus naturel. En règle générale, elle était très respectueuse du patient, le traitement était doux et visait surtout à garder le malade propre pour prévenir toute infection. On utilise encore aujourd’hui des termes médicaux créés par Hippocrate, par exemple : l’hippocratisme digital qui est une malformation des ongles des doigts de la main ; les ongles sont bombés et recourbés, l’extrémité des doigts est déformée en spatule. L’hippocratisme digital est dû à une mauvaise vascularisation des ongles. Il est la conséquence de pathologies respiratoires, cardiaques, digestives ou hépatiques. Bien que désormais obsolètes, ces concepts, qui ont largement dominé la médecine en Occident pendant plus de mille ans, ont laissé des traces dans la culture populaire.

Hippocrate est connu de tous par le serment qui porte son nom. Il définissait les bonnes pratiques et la morale médicale, posant ainsi les bases de l’éthique. Avec des termes modifiés, il est encore prêté de nos jours par tous les étudiants en médecine qui soutiennent leur thèse de doctorat.

Joseph Zammit

 

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