Marc CHAGALL, peintre, graveur et décorateur

Déjà trente ans, en 1985, qu’est décédé à Saint-Paul de Vence Marc Chagall, plus exactement Moïche Zakharovitch Chaglov, à près de quatre-vingt-dix-huit ans. Il était né le 7 juillet 1887 à Liozna près de Vitebsk en Biélorussie, alors intégré à l’empire russe. Chagall, à l’égal de Pablo Picasso, est considéré comme l’un des plus grands artistes français du XXe siècle, bien que né en Russie, car en 1937 il avait obtenu sa naturalisation sans pour autant renier ses origines. Il sera toujours habité par la tradition juive et le folklore russe, les « sheteti », villages juifs de l’Europe de l’est, son cocon familial qu’il garde au cœur sans pour autant négliger son pays d’adoption ; on dit qu’aucun peintre n’a célébré Paris comme Chagall ! C’est avant tout un poète, ami des poètes comme Blaise Cendrars, Apollinaire, Max Jacob et un collectionneur de poésies. On ne peut le rattacher à aucune école mais son œuvre est souvent considérée comme surréaliste et néo-primitiviste. Il est épris de couleurs et de d’espace : souvent ses personnages, animaux et même objets sont entre ciel et terre comme en apesanteur.

Son parcours

Il est l’aîné de neuf enfants, élevés dans la religion juive ; leur grand-père était chantre à la synagogue. Il fait des études à l’Ecole Impériale d’Encouragement aux Arts à Pétersbourg. En 1910 il vient à Paris et se lie d’amitié avec des poètes, des écrivains et des artistes comme Modigliani. En 1914 il expose à Berlin puis retourne à Vitebsk où il est nommé commissaire des Beaux-Arts du gouvernement et fonde une Académie dont il devient directeur. Il commence à rédiger « Ma vie » qu’il illustre d’eaux fortes. Sa première exposition à Paris remonte à 1924 et à New York deux ans plus tard. En 1937 il se fait naturaliser français pour fuir l’antisémitisme qui le rattrape pourtant ; il se réfugie alors à Gordes (Vaucluse) mais est arrêté et doit son salut à un journaliste américain qui lui facilite son départ aux Etats-Unis ; il y travaillera, entre autres, aux décors et costumes de « l’Oiseau de Feu » pour l’opéra de New York. Il rentre en France en 1947 et expose au Musée national d’Art moderne mais aussi à Amsterdam, à Londres puis Zurich en 1950. Cette même année il s’installe à Vence, aux « Collines », mais continue à voyager : Jérusalem, la Grèce, à exposer et à travailler principalement à des lithographies sur le thème du cirque et de la Bible. Veuf de sa première femme  Bella, il se remarie en 1952 avec Valentina Brodsky. Lors d’un voyage en Israël en 1957, il inaugure la « Maison Chagall ». C’est cette même année qu’il décore l’église du plateau d’Assy d’une grande céramique, de bas-reliefs et de vitraux et publie sa Bible, illustrée de cent cinq gravures. « Le texte sacré est, dit-il la plus grande source de poésie de tous les temps ». Ce magnifique ouvrage, il le donne à l’Etat qui fondera à Nice le Musée national du message biblique en 1973. Il meurt à Saint-Paul-de-Vence le 28 mars 1985.

Ses œuvres

Ses œuvres sont innombrables d’autant que son talent s’est diversifié. S’il peint plus d’une soixantaine de tableaux de chevalet, il s’adonne aussi bien à la gravure qu’à de vastes décors peints pour le théâtre juif de Moscou, pour un autre à Londres et le plafond de la grande salle de l’opéra de Paris. Il emploie le papier pour le « Cantique des cantiques». Il pratique aussi la céramique : « la Création de l’homme » (Nice) et la mosaïque. Sa passion pour la couleur le mène au vitrail à Moissac, Reims, Sarrebourg et avec Marq le grand vitrail du musée de Nice « la Création du monde ». N’oublions pas ses sculptures : Moïse, David et le Christ en croix. Son ami Ambroise Vollard, marchand de tableaux et éditeur d’estampes et la galerie Maeght contribueront à sa réputation y compris outre Atlantique. Suite à la donation de Marc et Valentine Chagall faite à l’Etat en 1998, est créé à Nice « le musée national du Message biblique » où on peut admirer dix-sept grandes compositions : Genèse, Exode et Cantique des cantiques, des gouaches et dessins, cent cinq eaux fortes commandées par Vollard pour illustrer la Bible, des sculptures, le grand vitrail de la Création du monde et bien d’autres œuvres de ce grand artiste aux multiples talents, toujours épris de mouvement et de couleur.

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