« GOD SAVE THE QUEEN »

Combien de fois l’hymne national anglais va-t-il retentir cette année dans tout le Commonwealth à l’occasion du soixantième anniversaire de l’accession au trône de la reine Elisabeth II ? Difficile de le pronostiquer tant ce jubilée de diamant revêt d’importance aux yeux de ses très nombreux sujets et même au-delà. Il sera longuement fêté et principalement du 2 au 5 juin car deux jours fériés complèteront le week-end.

Elisabeth Alexandra Mary Windsor, nom donné à la dynastie de Hanovre-Saxe-Cobourg en 1917, est née à Londres le 21 avril 1926. Son père, Albert d’York, était le second fils de George V mais en 1936 il succéda à son frère aîné Edouard VIII qui abdiquait pour épouser une Américaine divorcée : Mrs Simpson. Il prit alors le nom de George VI et sa fille aînée Elisabeth devint à l’âge dix ans héritière de l’Empire britannique. La guerre va très vite l’amener à s’engager au service de son pays. En 1942, le jour de ses seize ans, elle est nommée colonel en chef de la Garde des Grenadiers ; c’est sous l’uniforme militaire qu’elle conduira des ambulances devenant même mécano. En 1947, envoyée par son père en Afrique du Sud qui fait partie du Commonwealth, elle parle comme une future souveraine : « Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, qu’elle soit longue ou brève, à votre service et au service de la grande famille impériale ». Elle n’a jamais failli à cet engagement. Cette même année, le 27 novembre, elle épouse le beau Philippe Mountbatten, prince de Grèce et de Danemark, qui renonce à la succession hellénistique pour devenir citoyen anglais mais aussi duc d’Édimbourg.

La princesse Elisabeth est au Kenya, le 6 février 1952, lorsqu’elle apprend la mort de son père qui la fait reine non seulement du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du nord mais aussi des seize états indépendants du Commonwealth dont le Canada, l’Australie, la Nouvelle Zélande, la Jamaïque… Commandant en chef de leurs armées, elle y est toujours représentée par des gouverneurs généraux. A ces titres, il faut en ajouter bien d’autres : chef de l’Amirauté, chef de l’Eglise anglicane, duc de Normandie pour les îles Anglo-Normandes. Elle est couronnée à Westminster le 2 juin 1953.

Le prince Philippe et la reine Elisabeth ont quatre enfants et huit petits-enfants et sont arrières grands-parents depuis 2010. Le poids de ses responsabilités, la dignité avec laquelle la reine exerce son métier et sa grande réserve ont forgé son image officielle masquant son sens de l’humour. Elle ne donne jamais d’interview, ne fait jamais parler d’elle mais, au milieu de grandes foules, elle est facilement repérable grâce à ses manteaux et chapeaux assortis, couleur bonbon acidulé. Si on connaît moins sa passion pour la photographie, celle pour les chiens est célèbre, principalement les Pembroke Welsh Corgis ; mais ce sont les chevaux et les courses hippiques qu’elle aime avant tout : « I should like to be a horse », j’aimerais être un cheval, a-t-elle dit en 1945 ! Elle monte toujours et a été photographiée récemment à cheval avec ses petits-enfants. Les épreuves de la vie ne l’épargnent pas, et elle a appelé 1992 « annus horribilis » qui a vu le divorce de trois de ses enfants, Edouard, Anne et Charles et la mort de Lady Di.

Ces dernières années, son image publique s’est bien adoucie et un peu modernisée car, si elle est toujours très réservée en public, elle est devenue beaucoup plus souriante. Grand’mère moderne, elle adore la Nitendo Wil, achetée par Kate pour William. Elle a une adresse email, est sur facebook, sans oublier son portable et un iPod ! Enfin, à ses heures perdues, elle préside plus de six cent vingt bonnes œuvres appelées « charities ».

Long live to Elisabeth II, reine du Royaume Uni et du Commonwealth, ciment d’unité pour ses cent trente millions de sujets.

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