Une nouvelle de bonté radicale toujours nouvelle

Les hommes et les femmes transmettent la vie, certes, mais personne ne peut vivre à la place d’un autre, personne ne peut croire à la vie à la place d’un autre ; au cœur même de la transmission, il y a un intransmissible, l’intransmissible foi en la vie. Pour la foi en Christ, c’est pareil. Et c’est toujours un miracle quand quelqu’un accède à la capacité de vivre, de se mettre debout, de croire en la vie. L’acte de foi en la vie, en Dieu, naît dans la liberté de chaque être humain.

Croire que ça vaut la peine d’aller jusqu’au bout de son existence, c’est un acte de foi ; croire que ça vaut la peine d’aimer jusqu’au bout de son existence, c’est un acte de foi. C’est bien cette foi que le Christ a rencontrée.

Qu’est-ce que l’Evangile ? Une nouvelle de bonté radicale toujours nouvelle ; ce n’est pas tant comme un message à classer quand on en a pris connaissance, c’est une nouvelle de bonté radicale nouvelle chaque jour. Dans la Genèse, on lit ces expressions quand Dieu a créé tous les éléments puis l’homme et la femme : « C’est bon, c’est très bon » (cf. Gn 1, 1-31). Pourtant cette nouvelle ne va pas de soi : ce qu’on voit, c’est le mal sous toutes ses formes :

  • la mal-adie, là où l’on attendait la santé, c’est le corps qui s’abîme,
  • le mal-heur, le mal qui nous tombe dessus,
  • la mal-veillance (ou la mé-disance), le mal que nous nous faisons les uns aux autres.

Cette nouvelle de bonté radicale toujours nouvelle est inévidente ; c’est tellement exorbitant que seul Dieu peut être le sujet d’une telle nouvelle. Saint Paul dira : « C’est la folie » (1 Co, 1, 17-25).

Ne séparons jamais Dieu et l’Evangile ! Le mot Dieu est le plus ensanglanté de l’histoire quand il est séparé de cette nouvelle de bonté radicale toujours nouvelle. Croire, c’est faire crédit à la vie : croire, croyance, créance, confiance, courage d’exister. Il n’y a pas de vie humaine sans un acte de foi, sans faire crédit que ça vaut la peine d’aller jusqu’au bout ; ainsi, toutes les sociétés sont obligées d’inventer des rites d’initiation pour accompagner ce passage où dans l’enfant, dans l’adolescent, dans l’adulte, s’exprime cet acte de foi dans la vie.

Il ne suffit pas que des parents rendent crédible cette bonne nouvelle que la vie vaut la peine d’être vécue pour y accéder. Le Christ ne dit jamais dans l’Evangile « Je t’ai sauvé », mais « ta foi t’a sauvé ».

Regardons un instant Jésus, le Saint de Dieu :

  • en cohérence avec lui-même : Jésus a toujours dit ce qu’il a pensé ; il a toujours fait ce qu’il a dit ;
  • la règle d’or « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse» existe dans toutes les cultures. L’Evangile dit : « Tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux : voilà la loi et les prophètes. » (cf. Mt 22,39) ;

Jésus est le seul à avoir accompli jusqu’au bout la règle d’or ; dans le Nouveau Testament seulement, la règle d’or est formulée de façon positive ; il ne s’agit pas seulement d’éviter le mal, mais de manière décidée d’accomplir ce qui est bon pour autrui. Ça veut dire : c’est la capacité de se mettre à la place d’autrui (« ce que tu veux que l’autre fasse pour toi ») sans jamais quitter sa propre place, en sympathie et avec compassion. C’est une affaire d’entrailles et de cœur, cette capacité d’anticiper ce qui est en train d’advenir en autrui ;

  • c’est facile d’appliquer la règle d’or quand c’est un ami qui se présente (et encore !), mais quand c’est un ennemi… Pensons à la figure de Judas. Le Christ ne se laisse pas déloger de sa cohérence ; il reste dans l’empathie jusqu’au bout.

Les premiers chrétiens ont dit : Jésus n’a pas seulement « transmis » ; il EST cette bonne nouvelle de bonté radicale chaque jour nouvelle

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