Vie et foi

Sans fin nous pourrions parler de la vie et de la foi, sans fin nous pourrions écrire quantité de livres, débattre pendant une vie entière et ne jamais arriver au bout des démonstrations qu’à tout moment une contestation viendra tout remettre en cause. L’objet de cette méditation n’est pas de démontrer mais de réfléchir et au cœur de nos questionnements peut-être découvrir un peu plus la présence vivante et aimante de notre Dieu.

Tout d’abord il convient de savoir ce que l’on entend par vie et ce que l’on entend par foi.

C’est quoi la vie ?

Les philosophes pourront me contredire à volonté mais je pense que la vie humaine c’est la conscience que l’on a d’exister, « je pense donc je suis » comme l’a écrit Descartes. Je pense donc je vis. Le fait de penser nous fait exister dans notre for intérieur. Nous existons par la conscience que nous avons de notre corps matériel et par les actes de la vie que nous posons au quotidien.

De cette réflexion que nous avons sur la vie nous pouvons avoir deux approches :

  • Notre existence est purement matérielle, concrète et liée au monde dans lequel nous vivons. Il y a un commencement, c’est notre naissance et il y a une fin, c’est la mort qui se produit au moment de l’arrêt des fonctions vitales du cœur et du cerveau. Il n’y a plus rien, plus de pensées et le corps retourne à la terre.

A partir de cette première approche, chacun peut estimer qu’il convient d’en profiter au maximum et de jouir de tout ce que le matérialisme peut apporter au cours des quelques décennies que l’existence nous accorde. La bonne ou la mauvaise conscience n’a que peu d’importance puisqu’il n’y a  pas de suite, alors pourquoi se priver ?

  • Notre existence ne s’arrête pas au moment de la mort mais continue bien au-delà de cet évènement. Toutes les religions professent ce principe et précise que notre vie terrestre conditionne notre vie au-delà de la mort. Si elle continue par-delà la mort cela veut dire qu’il y a dissociation entre notre conscience d’exister et notre corps matériel. Si notre corps matériel disparait notre conscience demeure. Cette conscience, chez les chrétiens est appelée « âme » ou esprit.

A partir de cette seconde approche, on constate que la vie ne s’arrête pas avec la mort mais qu’elle continue sous une autre forme et nous comprenons mieux comment notre vie terrestre nous marquera dans la vie au-delà de la mort. Tout le bien et tout le mal que nous avons acquis auront modelés notre âme et notre condition de vie dans l’au-delà en sera dépendante.

C’est quoi la foi ?

La foi c’est croire que Dieu existe et que son amour est absolu et inconditionnel. Cette définition n’est pas suffisante. A la croyance il faut y adjoindre la confiance absolue et la fidélité absolue à Dieu. Une foi profonde est une foi qui se vit au quotidien dans les détails de chaque instant. Jésus nous dit (Matthieu 7, 21) : « ce n’est pas en me disant Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le royaume des cieux mais en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux ». De même, sainte Justine nous rapporte ces paroles du Christ : «…même la foi la plus solide n’est rien sans les actes… ».

Le Christ nous invite à avoir foi en la Vie Eternelle dans l’Amour de Dieu. C’est pourquoi la foi sauve car elle cherche à être toujours en harmonie d’amour avec Dieu. Si l’on rejette l’amour de Dieu dans le quotidien de notre vie nous risquons de nous éloigner de Lui et, trop loin, c’est la mort, le néant. Ce n’est pas Dieu qui condamne mais nous qui nous détruisons par le pêché.

Jésus nous rappelle en permanence que l’amour est à la base de tout. Même si l’on ne partage pas la foi chrétienne, que l’on confesse une autre religion ou aucune, la communion avec Dieu est toujours possible à travers tout l’amour que nous aurons eu tout au long de notre vie. La foi commence par l’amour qui habite en nous.

Souvenons-nous de ces paroles du Christ, souvent prononcées : « va, ta foi t’as sauvé » ou encore : « moi non plus je ne te condamne pas, va et ne pêche plus ».

La vie est un acte de foi de Dieu vis-à-vis de l’humanité car il croit en la capacité de l’homme à aimer, c’est ce qu’il attend de nous. La foi est un don qui appelle à la vie. Il nous appartient de faire grandir en nous la foi. Saint Paul nous le dit : « notre foi sauve » car elle nous unit à notre Dieu qui est Vie.

Je vous invite à méditer sur cette double interrogation : la vie est-elle une question de foi ou la foi est-elle une question de vie ?

Si la vie c’est la foi et si la foi c’est la vie, alors foi et vie ne font  qu’un.