Mais qui donc sont-ils venus voir ?

Dans l’évangile de Matthieu (Mt 11, 7-10), Jésus disait aux foules à propos de Jean, le Baptiste : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? Non ? Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits magnifiques ? Mais ceux qui portent des habits magnifiques se trouvent dans les palais des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir ? Un prophète ? Oui, vous dis-je, et même bien plus qu’un prophète, car c’est lui dont l’Écriture déclare : Je vais envoyer mon messager devant toi, dit Dieu, pour t’ouvrir le chemin. »

Fin septembre, ce sont près de deux millions de personnes qui se sont déplacées pour voir, entendre et prier avec notre pape. De plus, ce sont environ quatre millions de spectateurs qui ont suivi les cérémonies à la télévision. Aucun homme politique, aucune vedette artistique ne réunit autant de monde en si peu de temps !

Pourquoi ? Qu’est-ce qui fait que les gens, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes bougent, sortent de chez eux, se manifestent paisiblement mais avec ferveur pour un personnage que l’on connait peu et que l’on aperçoit de temps en temps de très loin ? Ce personnage, c’est le pape ! Certains pourront dire : « Mais il n’a rien fait, c’est une personne comme une autre. » A première vue oui, mais si l’on prend la peine de le regarder dans la foi, il est le représentant du Christ sur la terre à la suite de saint Pierre et le garant de la foi chrétienne catholique et qu’à ce titre, comme tout baptisé d’ailleurs, il est prêtre, prophète et roi !

C’est ainsi qu’il visite les pays et qu’il est venu dernièrement chez nous en France pour célébrer/prier (prêtre), nous enseigner (prophète) et prendre soin du peuple de Dieu (roi). Lorsque l’on écoute ses paroles, ce sont celles du Christ qui nous invite à avoir la foi et l’espérance. De cette foi, découle automatiquement le désir de paix dans notre cœur, parmi nos frères et sœurs et dans le monde. La charité et le partage en sont les conséquences directes. Si notre foi invite à l’amour du prochain comment laisser le nécessiteux sur le bord du chemin enfermé dans ses problèmes ?

En nous rappelant avec gentillesse nos obligations liées à notre adhésion au Christ, le pape nous incite à œuvrer pour toujours plus d’amour dans le monde. Dieu ne fait pas les choses à notre place mais il les fait avec nous. Comme le dit Jean de La Fontaine dans sa poésie Le charretier embourbé : « Aide-toi et le ciel t’aidera ». Regardons comment le Christ agit avec ses disciples en Luc 11, 13 : « Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert ; mais il leur dit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Les disciples font le travail de réunir les maigres provisions insuffisantes apportées par la foule et le miracle se produit, tous eurent à manger à satiété.

Pour conclure, nous pouvons méditer sur ce passage de l’homélie de notre pape Léon XIV à Paris : « Celui qui croit en moi, […] de son cœur couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7, 38). En nous abreuvant à la source qu’est le cœur du Christ, nous devenons nous-mêmes, comme l’a écrit Origène, des puits, des sources et des fleuves pour les autres (cf. Homélie 12, 1, 2-3). Le croyant qui y boit devient lui aussi source de vie par son lien existentiel avec le Christ et communique cette même vie au prochain. Invoquons avec confiance Marie afin que par son intercession des sources d’eau vive jaillissent au sein du Peuple de Dieu et fassent partout fleurir en France des germes de foi, d’espérance et de charité. »

 

Yves Corvisy

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