L’amour ressemble

La reine Marguerite de Valois, ou Marguerite de France, première femme du roi Henri IV, la fameuse reine Margot, qui rendit souvent la pareille à son frivole de mari, était aussi une lettrée et savait composer de jolis poèmes, comme le sonnet ci-dessous…

 

L’amour ressemble un champ, le laboureur l’amant ;

L’un et l’autre présume, à la fin de l’année,

Selon qu’elle sera mauvaise ou fortunée,

Moissonner le chardon, la paille ou le froment.

 

La paille est la douceur d’un vain contentement,

Mais le vent la dérobe aussitôt qu’elle est née ;

Le chardon, la rigueur d’une dame obstinée ;

Et la grâce est le grain qu’on recueille en l’aimant.

 

L’amant ne peut gagner, pour service qu’il fasse,

Un point d’honneur plus haut qu’être en la bonne grâce

D’une dame accomplie, objet de sa langueur.

 

La grâce vient du cœur, et toute autre espérance

S’éloigne du devoir d’honnête récompense.

Que désire-t-on de plus en amour que le cœur ?

 

Marguerite de France (1552-1615)

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