Animaux de nos jardins
Voici quelques petites « bestioles » qui peuplent nos jardins ; elles ont parfois des noms imagés, une réputation sulfureuse, dans tous les cas elles suscitent l’étonnement…
Le gendarme
On l’a ainsi nommé car sa livrée rouge et noire rappelle quelque peu celle de la maréchaussée. On le voit souvent dans nos jardins en groupe quelquefois très compact ; ne croyez pas pour autant qu’il a une vie sociale particulièrement animée ; non, il aime tout simplement partager les meilleurs lieux de dégustation et surtout dans le but d’y retrouver l’âme sœur. A ce sujet, vous avez sans doute remarqué que ses accouplements durent très longtemps, eh oui, parfois même jusqu’à trente heures ! On l’appelle aussi « punaise de feu », car il s’agit bien d’une variété de punaise même s’il ne dégage pas une odeur aussi désagréable. S’il apprécie tout particulièrement les tilleuls, les roses trémières, le bois mort et la rocaille, sachez qu’il sait se rendre très utile au jardin où il mange un grand nombre d’indésirables, morts ou vifs, en particulier les pucerons et les cochenilles. Alors, par pitié, laissez-le vivre !
La mésange bleue
Si elle est indéniablement la star de nos jardins elle est avant tout un auxiliaire précieux pour tous les jardiniers, surtout au printemps pendant sa période de reproduction qui s’étale d’avril à juin. Elle se nourrit alors de toutes sortes d’insectes et de chenilles qui auraient pu être nuisibles pour les plantations. Elle est réputée fidèle mais ce n’est pas toujours le cas et il est fréquent que les œufs que l’on trouve dans le nid, qu’elle fait en hauteur dans un endroit sûr, ne soient pas tous du même père. Elle peut avoir deux portées par an et pond une dizaine d’œufs. L’éclosion arrivera deux semaines plus tard et environ trois semaines après, les oisillons prendront leur envol. Vous avez sans doute pu admirer le ballet incessant formé par les deux parents pour nourrir leur progéniture.
Le carabe doré

Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme également « jardinière ». En effet, ce précieux auxiliaire des jardins et potagers est un redoutable carnivore qui s’attaque souvent à plus grand que lui. Grâce à sa morsure, il injecte des molécules qui prédigèrent la chair et du coup est friand de limaces, d’escargots, de pucerons, de chenilles ou encore de doryphores. Certaines études ont même montré qu’il pouvait avaler les grains de certaines herbes réputées mauvaises. Malheureusement, l’usage des pesticides a fait reculer cette espèce pourtant si utile. Vous voulez lui rendre service ? Alors, allez-y doucement sur les granulés contre les limaces…
La limace léopard
Cette limace, une des plus grandes limaces du continent européen, tire son nom de sa robe tachetée rappelant celle du beau félin. Elle est omnivore et, si elle vous dévore parfois une feuille de salade, sa préférence va vers les végétaux en décomposition et les champignons, ce qui permet de diminuer les nuisances faites par les deux plaies du potager que sont l’oïdium et le mildiou. Mais ce n’est pas tout, plutôt rapide, 15 cm/min, elle rattrape ses congénères à la course et se délecte de leurs œufs. Le plus surprenant reste son accouplement. Les deux limaces en présence grimpent le long d’un tronc d’arbre et se suspendent dans le vide à un fil de mucus, les corps et les pénis de chaque partenaire s’enroulent, chaque partenaire fécondant l’autre. Après un temps très long, parfois plusieurs heures, ils se décollent et se laissent tomber, puis chacun pond des dizaines d’œufs qui éclosent quelques semaines plus tard. Attention, si vous voulez manipuler une limace léopard, un conseil, prenez des gants, son mucus est très très tenace.
Jannick Denouël

