Difficile de choisir
En navigant sur Internet, je suis tombé sur une singularité de la langue française. Régulièrement, nous sommes amenés à prendre des décisions qui, lors du raisonnement préalable, nous conduisent à des options totalement opposées : bien/mal, jour/nuit, blanc/noir, pour/contre ! Avez-vous remarqué la particularité de ces quelques mots pris en exemple ? Ils ont chacun le même nombre de lettres mais expriment leur contraire ! Je n’ai pas fait de recherches avec d’autres langues.
Poursuivons notre recherche avec d’autres mots :
Richesse/pauvreté (8 lettres), positif / négatif (7 lettres), naître / mourir (6 lettres), homme / femme (5 lettres) et ainsi de suite. Quel enseignement pouvons-nous tirer de ces quelques mots ? Rien d’académique, rassurez-vous. On peut y voir la présence de l’humain qui est au cœur des différentes situations. Il est en équilibre entre deux états. Quand il s’agit de décider, on peut voir que nous sommes au centre à égale distance de chacun des deux côtés du choix. Cela nous amène souvent à des hésitations du genre « entre les deux mon cœur balance ». Par exemple : bénédiction (11 lettres) et malédiction (11 lettres).
Quelle option choisir ? Celle retenue entraînera de toute façon le futur de notre existence ainsi que celui de la personne concernée. Elle peut aussi n’impliquer que la personne qui va faire son choix. De même les mots : amour (5 lettres) et haine (5 lettres) nous engagent pour notre devenir et celui de notre entourage. Le bien et le mal sont à égale distance en situation très souvent instable. A un moment plus ou moins proche, le fléau de la balance va devoir pencher d’un côté ou de l’autre. Si l’on ne veut pas que quelqu’un d’autre prenne la décision à notre place, il va falloir se décider.
Lorsqu’un choix de vie est sur le point de nous mener au salut ou à la catastrophe, il convient de bien réfléchir, éventuellement de demander conseil avant toute prise de décision. C’est en ces moments que le oui (3 lettres) et le non (3 lettres) prennent toute leur importance. Dans toute l’histoire du monde, il y a des prises de décision qui ont eu de très grands retentissements en bien comme en mal pour l’humanité. Inutile de les lister chacun est à même d’en identifier bon nombre. De même dans nos vies personnelles, nous avons été au pied du mur et il a bien fallu se décider. Le choix a-t-il été le bon ? Notre vie a-t-elle été transformée en bien ou en mal pour nous-mêmes et notre entourage ? Pierre Corneille dans sa pièce de théâtre, Le Cid, a mis Don Rodrigue dans une position intenable. Ce choix cornélien s’avère être un dilemme insoutenable et pourtant il a choisi. On pourra se demander si ce fut une bonne décision…
A chacun sa liberté de conscience. Celle-ci peut guider nos choix mais pour nous, chrétiens, nous pouvons toujours ajuster nos décisions en nous référant aux enseignements du Christ. Sa Parole peut nous guider et nous aider dans nos vies, dans nos difficultés. En recentrant l’Amour au cœur de nos existences, nous aurons plus de facilités à choisir notre destinée. L’être humain est à égale distance de chacune des options. Il est au point d’équilibre entre les deux. Positif (7), négatif (7).
Le Christ nous a dit : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » Amour (5), haine (5). Saint Exupéry l’a exprimé à sa façon : « on ne voit bien qu’avec le cœur ».
Alors laissons notre cœur, symbole de l’Amour, exprimer nos choix.
Yves Corvisy

