Foi, grâce et nature
Saint Thomas d’Aquin, religieux dominicain qui vécut au XIIIe siècle a écrit : « la grâce perfectionne la nature. » Cette phrase me paraît très moderne et géniale.
La vie chrétienne n’est pas l’aliénation que tant de maîtres du soupçon ont proclamée par le passé, à tel point que bien des chrétiens en France adoptent encore aujourd’hui un profil bas comme s’ils avaient peur d’être identifiés comme tels. La vie chrétienne est pourtant un plus dont il convient d’être fier. Les musulmans sont fiers d’être musulmans. Si j’écoute mon expérience personnelle, je constate que ma vie chrétienne, vie dans la foi, dans l’espérance et la charité, non seulement ne m’aliène pas mais me fait grandir en humanité. Elle perfectionne ma nature, comme le dit saint Thomas. En effet, ma foi m’apporte un plus ; elle n’est pas comme un étage qu’on ajouterait à une maison déjà construite ; elle est plutôt ce qui rendrait la maison plus belle et plus agréable à vivre. La foi ne m’apporte pas un complément qui s’ajouterait de l’extérieur à ma nature humaine et dont je pourrais sans dommage me passer. Elle est un accomplissement.
La foi en Dieu le Père de Jésus-Christ, Dieu d’amour, me révèle que la vie chrétienne, loin de déboucher sur le néant, rend la vie plus belle. Elle donne du goût à la vie. Elle lui donne son sens. La foi me montre le chemin à prendre : le chemin de l’amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et tu aimeras ton prochain comme toi-même » « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » J’avance sur ce chemin depuis ma jeunesse et y trouve ma joie, la joie de servir. C’est une joie solide, durable, d’une autre tout saveur que les menus plaisirs passagers que procure la vie au fil des jours.
Ce chemin me rend heureux aujourd’hui et transforme mon regard sur l’avenir : les mauvaises nouvelles, les incompréhensions, les échecs, les épreuves, les diminutions du grand âge ne m’enlèvent pas l’espérance qui m’habite. Pourquoi cela ? Elle ne prend pas ses racines dans le seul terreau des raisons humaines d’espérer. Elle vient de plus loin, elle est le fruit de la foi. Certes, des épreuves plus graves peuvent survenir dans ma vie à venir, mais je sais qu’« à brebis tondue, Dieu ménage le vent. »
Et vous-même, quelle est votre expérience ? Qu’est-ce que la foi vous apporte ? Qu’est-ce qu’elle change dans votre vie ?
Un prêtre missionnaire retraité

