Jean-Louis Clément, président du Club de Canoë-Kayak Vexin-Seine
L’été est fini mais nous pouvons encore espérer quelques belles journées, pourquoi pas sur l’eau ? Nous sommes allés à la rencontre de Jean-Louis Clément, président du CCKVS, c’est-à-dire du Club de Canoë-Kayak Vexin-Seine.
Bonjour Jean-Louis, merci de nous recevoir alors que je sais que vous avez eu un emploi du temps très chargé ces dernières semaines…
Oui, c’est vrai, nous étions présents au forum des associations à Meulan et surtout, nous rentrons de notre sortie annuelle sur la Loire de début septembre…
Une sortie sur la Loire, ça fait rêver… Mais la Loire, c’est long, quelle portion parcourez-vous ?
Nous changeons tous les ans et choisissons un tronçon entre Digoin et Saumur. Cette année, nous avons navigué entre Nevers et Cosne-sur-Loire. Nous aurions aimé continuer jusqu’à Briare mais le niveau de la Loire était vraiment trop bas ! C’est un fleuve encore sauvage où on peut observer les oiseaux et faire des rencontres imprévues comme celle de deux marcassins cette année, aussi surpris que nous… et quel que soit le parcours, c’est magnifique, d’autant que cette année nous avons eu très beau temps !
Mais du coup, où dormez-vous ?
Nous bivouaquons sur une des îles du fleuve. Nous emportons du matériel pour camper et pique-niquer, en prenant bien soin de ne pas laisser de traces derrière nous, bien sûr. C’est un moment de partage et de cohésion important pour le groupe, la bonne humeur étant toujours là…
Justement, nous sommes déjà rentrés dans le vif du sujet mais parlons de votre club. Depuis quand existe-t-il ?
Le club a été fondé en 2003 pour répondre au besoin de naviguer en extérieur. Il existait bien un club à Meulan, mais qui ne proposait que le kayak polo dans l’ancienne piscine de l’Île Belle. Nous étions à l’époque une trentaine d’adhérents et avons commencé à naviguer sur la Seine et sur l’Epte dans le Vexin voisin. Nous ne sommes plus aujourd’hui qu’une dizaine. Comme bon nombre d’associations, nous avons perdu beaucoup d’adhérents après le COVID.
Vous êtes donc le président du club. Que représente le kayak pour vous ?
Oui, je suis président depuis 2010. Je dirais que le kayak est une école de vie. On est obligé de tenir compte de l’environnement : météo, courant, niveau d’eau, arbres tombés, … C’est aussi un sport collectif où l’on vit la fraternité : on navigue en groupe au rythme des plus faibles et on peut avoir à porter secours à un équipage en difficulté. C’est un sport où la sécurité est primordiale ; il faut donc apprendre un minimum de bagage technique, il faut aussi savoir faire preuve de modestie et quelque fois débarquer… Mais c’est surtout un sport plaisir pour tous ceux qui aiment être en contact avec la nature et qui souhaitent se « vider la tête ».
Nous avons parlé de la Loire, mais avez-vous d’autres terrains de jeu ?
Oui, bien sûr ! D’abord la Seine à Meulan, l’Epte pendant l’après-midi du samedi, voire le stade de Cergy. Dans le cas de parcours sur l’Andelle, l’Eure, la Sarthe, la Baie de Somme, les côtes normandes, il faut compter une bonne journée. Pour la Cure dans le Morvan, il faut prévoir le week-end ; quant aux rivières alpines ou aux randos type Loire, il faut partir pour plusieurs jours …
La baie de Somme, les côtes normandes ? Vous faites donc aussi des sorties en mer ?
Nous disposons d’une dizaine de kayaks de 5 m de long pour la mer et l’eau plate ; ils permettent d’emporter du matériel. Nous avons aussi, pour les activités de rivière, une quinzaine de bateaux plus petits, plus agiles, bien adaptés à l’eau vive avec des tailles en rapport au poids du pagayeur.
Cela fait un certain nombre de bateaux mais où sont-ils stockés ?
Nous avons beaucoup de chance : nous bénéficions gratuitement d’un hébergement au sein du hangar de l’AMMH, le club nautique d’aviron de Meulan-Les Mureaux-Hardricourt, pour les bateaux que nous utilisons le plus souvent et d’un local sur l’Île Belle mis à disposition par la mairie de Meulan pour ceux qui sortent moins souvent. Nous les remercions vivement. Les adhérents commencent avec le matériel et les bateaux du club. Certains achètent ensuite leur propre matériel mieux adapté à leur activité de prédilection et/ou à leur morphologie, un peu comme le vélo avec les VTT, les VTC, BMX, vélos de ville, …
Est-ce qu’on peut faire du kayak toute l’année ?
Oui, nous sortons toute l’année y compris pendant les vacances scolaires, sauf si vraiment le temps est très mauvais ou si un arrêté préfectoral l’interdit comme pendant la canicule cet été. L’habillement qui doit être adapté à la saison reste à la charge de l’adhérent. Dans tous les cas, en dehors de la Seine, le port du gilet de sauvetage et du casque est obligatoire, sécurité oblige !
Et c’est ouvert à toute tranche d’âge, aux hommes et aux femmes ?
Nous acceptons les jeunes mineurs au-dessus de 15-16 ans ou un peu en dessous pour accompagner un parent adhérent. En deçà, il serait nécessaire d’avoir des bateaux plus petits dédiés à leur morphologie. Bien sûr, les femmes sont présentes dans le club et dans le conseil d’administration dans une proportion d’un tiers à l’image du niveau national.
Quel lien y a-t-il avec d’autres associations ?
Nous sommes affiliés à la Fédération Française de Canoë-Kayak (FFCK). Je suis aussi secrétaire du Comité Départemental des Yvelines de Canoë-Kayak (CD78CK) qui organise des sorties interclubs permettant aussi de mutualiser les transports, de pouvoir participer à des stages spécifiques comme l’initiation à la navigation en mer, l’esquimautage en piscine … ou encore de louer un créneau privé au stade d’eau vive de Cergy.
Pour les transports, quand vous organisez vous-même la sortie, comment faites-vous ?
Nous prenons nos propres voitures avec les deux remorques du club, chacune adaptée aux kayaks de mer et de rivière. Nous partageons les frais de transport avec les participants à la sortie, les coûts des carburants étant en constante augmentation, notre cotisation annuelle est la plus réduite possible et couvre la licence, donc l’assurance, et le remplacement du matériel.
Merci, Jean-Louis, de nous avoir fait découvrir votre club et le canoë-kayak. Avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs ?
Oui, faîtes du kayak ! C’est un sport de nature, collectif et convivial, une école de la vie, chez nous c’est sans compétition et chacun progresse à son rythme.
Propos recueillis par Véronique Schweblin
Pour tout renseignement : https://cckvs.sportsregions.fr/








