Un cœur qui bat
Octobre tu es là assis devant ma porte
Je te vois face à moi dans les peines que tu portes
Comme des plaintes sans voix et tes lourdes pensées
S’étalent devant moi, boulets des jours passés
Les souvenirs épars de départs volontaires
Les actes qui séparent, décès des êtres chers
Qui ont coupé le fil de leur vie ici-bas
Pour vivre le subtil de l’espace au-delà
Je te vois te morfondre sous tes airs flamboyants
Octobre aux idées sombres et les tons rougeoyants
Dont tu pares tes forêts, ne peuvent masquer la gêne
Que tissent les fils secrets de l’énergie en berne
Des cœurs éplorés qui prennent dans leurs bras
Les mères qui s’effondrent quand leurs fils maladroits
Soudain trébuchent et tombent de l’envers à l’endroit
D’où ils ont à œuvrer et ne reviennent pas
Il y a un an déjà mon enfant de lumière
Tu as sauté le pas pour capter les mystères
De la mort, cette dame au manteau miroitant
Qui a éteint la flamme de ton cœur de géant
Pour laisser librement ton âme s’évader
Vers des temps différents, là-bas de l’autre côté
Me laissant la mission d’accueillir ton envol
Dépasser l’affliction et comme le tournesol
Garder la tête haute et les yeux vers le ciel
Et mon cœur sous mes côtes tourné vers le soleil
Qui brille malgré tout quand octobre revient
Pour enfoncer des clous dans mon récent chagrin
Et tester ma faiblesse, ma force chancelante
La fêlure, la tristesse de mon âme inconstante
Qui monte et qui descend et qui fait de son mieux
Qui avance et qui tend vers la voie du milieu
C’est un chemin aride sous le soleil ardent
Dans ma vie qui se vide et se remplit pourtant
Et cette année passée à la fois courte et longue
Je la vois dériver comme une ellipse oblongue
Dans le temps élastique qui accélère lentement
Régresse à toute allure dans le moment présent
Et ses combats épiques que je ne comprends pas
Figeant sur ma figure la trace de larmes sans joie
Alors quand je te vois octobre récurrent
Et que mon corps soupire de s’ouvrir maintenant
Je laisse passer tranquille les émotions vivantes
Sous tes ors qui scintillent, éphémères et vibrantes
Car je sais que bientôt quand l’hiver s’en viendra
Déposer son manteau de neige comme un drap
Je saurai accueillir la douceur et la paix
Retrouver le sourire de mon âme à jamais.
Nalie Portier, Hardricourt, le 4 octobre 2018
Issu du recueil « Eclats de Vie » tome 1

