En parlant avec le père Christophe Roumegous
Nommé, depuis le 1er septembre dernier, curé du groupement paroissial de Meulan – Triel et prêtre référent pour l’établissement catholique d’enseignement Notre-Dame de la Clarté à Triel, il poursuit sa mission d’aumônier national de la branche guides des Scouts Unitaires de France.
Un grand merci de recevoir les Echos de Meulan pour nous permettre de vous présenter à nos lecteurs après la messe d’installation présidée par Mgr Luc Crepy, le 13 septembre dernier (voir article p 7). Pour cela pouvez-vous, tout d’abord nous parler de vous et de votre parcours ?
Originaire des Landes, j’ai une formation d’ingénieur en informatique, spécialisé dans les réseaux, l’infrastructure des systèmes d’entreprise et la sécurité. Je suis arrivé en 2005 dans les Yvelines pour travailler, d’abord dans une PME spécialisée dans l’architecture et l’intégration des systèmes à haute disponibilité, puis dans un grand groupe américain (ADP-GSI).
C’est dans ma paroisse à Poissy que j’ai peu à peu découvert ma vocation. Je suis donc rentré assez tard (en 2012) en année de discernement qu’on appelle propédeutique, puis au séminaire en 2013 pour devenir prêtre. J’ai été formé au séminaire diocésain à Chatou, puis à celui de Notre-Dame de Vie dans le Vaucluse où j’ai obtenu le baccalauréat canonique de théologie (licence) puis la licence canonique de théologie (master). Ordonné prêtre en 2019 à 37 ans, après avoir terminé mes études de théologie, j’ai été nommé en 2020 vicaire à Montfort-l’Amaury, une paroisse rurale qui comporte vingt-quatre communes.
Très heureux comme vicaire durant six années, j’ai vécu une mission passionnante auprès de la jeunesse, notamment dans l’enseignement catholique, les aumôneries de l’enseignement public et dans le scoutisme. À la demande des Scouts Unitaires de France (SUF), Monseigneur Crepy m’a mis à leur disposition pour trois ans en 2025, pour être l’aumônier national de la branche guides. Je suis curé du groupement paroissial de Meulan-Triel depuis le 1er septembre, tout en conservant cette charge auprès des SUF. C’est notamment pour faire face à cette mission extra-paroissiale que le père Boniface Sanla, prêtre étudiant togolais, est arrivé sur la paroisse.
Une question que l’on a dû vous poser fréquemment : quand et comment vous est venue votre vocation de prêtre ?
Pour moi, l’élément fondamental est le message martelé par le pape Jean Paul II : « Le plus grand service à rendre à l’humanité, c’est de lui annoncer l’Évangile ».
Vous quittez donc le milieu professionnel pour devenir prêtre, avec des domaines très différents entre l’informatique et les mathématiques, d’une part, la philosophie et la théologie, d’autre part ?
Oui, ce sont des univers très différents mais la philosophie et la théologie nécessitent également de la rigueur. L’expérience de la vie professionnelle est aussi un atout précieux pour entreprendre une formation au sacerdoce et elle me permet de comprendre ce que vivent mes paroissiens dans le monde professionnel.
Comment avez-vous accueilli votre nomination de curé du groupement paroissial de Meulan-Triel ?
Avec beaucoup de joie. Je connaissais déjà la paroisse de Triel car j’y suis venu en tant que séminariste en formation pendant les vacances de Pâques et de Noël. J’y avais fait deux camps d’été à l’époque avec le père Matthieu Berger.
La paroisse a beaucoup changé depuis mon passage en 2015-2017, puisqu’il s’agit maintenant d’un groupement paroissial complexe qui s’étend de Triel à Mézy et Gaillon. Dans les faits, la fusion des deux paroisses de Meulan et de Triel est toute relative. Dans beaucoup de domaines, il y a un double fonctionnement car il y a en réalité deux territoires, deux communautés dominicales et deux pôles assez différents. Sur le plan de la carte scolaire qui affecte la pastorale des jeunes et conditionne les habitudes des familles, tant dans le public que dans l’enseignement catholique, Meulan fonctionne naturellement avec Les Mureaux, Triel avec Verneuil et Poissy.
C’est aussi assez difficile pour moi de connaître les paroissiens, car les messes dominicales sont à la même heure et je ne peux pas être chaque dimanche à Triel ou chaque dimanche à Meulan. Toutefois, il y a un seul secrétariat paroissial, une seule Équipe d’Animation Pastorale (EAP) et un seul Conseil Paroissial pour les Affaires Économiques (CPAE). Sur le plan pastoral, certains secteurs sont mutualisés et il y a une vraie coopération : préparation aux mariages et initiation chrétienne des adultes notamment.
Ce qui me réjouit le plus, c’est la vitalité de la paroisse, la présence de familles et l’engagement bien réel des paroissiens dans les différents secteurs de la pastorale, que ce soit à Meulan ou à Triel. La présence des sœurs missionnaires de Saint-Paul de Chartres à Meulan est une vraie bénédiction. Le groupement est riche sur le plan scolaire avec l’école primaire Notre-Dame de la Clarté à Triel et le groupe scolaire Mercier-Saint Paul à Meulan. L’évêque m’a aussi demandé de m’impliquer à Verneuil à Notre-Dame des Oiseaux où sont scolarisés de nombreux Triellois, pour aider le père Henri Laroche qui en est le prêtre référent et arrive lui aussi comme nouveau curé à Verneuil. Je ne manque pas de travail ! La richesse de ce groupement paroissial c’est aussi la présence de votre journal qui est lié à la paroisse, mais qui s’adresse à tous, bien au-delà des catholiques, et qui traite de nombreux sujets de la vie locale.
Nous avons appris que l’église de Meulan allait être fermée pour travaux à partir de début janvier jusqu’à fin juin 2028, soit un an et demi ; comment abordez-vous cette contrainte ?
D’abord, c’est une chance formidable pour la paroisse et pour la ville de Meulan, puisque la mairie, qui est propriétaire de l’église depuis 1905, s’engage dans la durée avec le désir de sauver ce patrimoine communal en danger. Mais c’est aussi une difficulté, car au moment où les salles paroissiales de Sainte-Avoye sont terminées, l’église Saint-Nicolas doit fermer en janvier pour un an et demi. Cela nous oblige à réfléchir où célébrer la messe dominicale, les baptêmes et les obsèques, mais aussi comment organiser les activités paroissiales à Meulan et cela a des conséquences sur l’ensemble du groupement. C’est le gros sujet de cette fin d’année 2026.
Pour conclure, avez-vous un message particulier ?
Le pape Léon XIV lors de sa visite nous a encouragés à vivre avec confiance notre foi. Comme chrétiens, il nous a exhortés à être nous-mêmes, à demeurer fidèles à l’Évangile du Christ et surtout à devenir les saints d’aujourd’hui à la suite de ceux qui nous ont précédés dans l’histoire de notre pays. Ils l’ont construit en y portant l’Évangile, à nous de suivre leurs traces. Soyons donc conscients de notre responsabilité et apportons la joie et l’espérance chrétiennes dans ce monde qui est soumis à de multiples tensions et qui en a tant besoin.
Un grand merci père Roumegous pour votre accueil et le temps que vous avez consacré à cette interview. Avec l’enthousiasme et les encouragements reçus du pape Léon et votre accompagnement pastoral, nous cheminerons à vos côtés pour annoncer l’Evangile.
Propos recueillis par Yves Maretheu

