La Victoire
Novembre est là, avec ses commémorations d’un temps de plus en plus lointain… Nous avons retrouvé dans les poèmes de notre regretté Georges Rabaroux, ce petit texte qui rappelle que la Victoire (avec un grand V) n’a pas tout à fait la même valeur pour tous.
La Victoire (sonnet)
La guerre était finie, et combien étaient morts,
Combien de ces soldats abreuvés de victoire
Qui rêvaient d’une paix redevable à leur gloire
Et d’un monde nouveau surgi de leurs efforts,
La guerre était finie aux sinistres décors,
Les vainqueurs, triomphants, s’inscrivaient dans l’histoire,
Mais rôdait sur la plaine une auréole noire :
Cent mille âmes erraient qui recherchaient leurs corps,
La guerre était finie, on parlait de justice,
Tout un peuple fêtait l’éphémère armistice
Et rayonnait la joie au fond de tant de cœurs, …
Mais près de la croix blanche, au fond du cimetière,
L’enfant, tout doucement, interrogeait sa mère :
« Petit papa sait-il que nous sommes vainqueurs ? »
Georges Rabaroux
26 août 1967

