Les 400 ans du Jardin des Plantes

Evoquer Paris, c’est bien souvent évoquer le bruit, la circulation, la foule, les touristes, … Mais Paris, c’est aussi plus de quatre cents espaces verts allant de grands parcs et bois aux jardins historiques et squares intimistes, offrant détente, loisirs et biodiversité au cœur de la ville.

Outre les bois entourant la capitale, c’est au XVIIe siècle que l’aménagement des jardins prit son essor. Parc du Luxembourg, du Palais Royal, des Tuileries…, chacun ayant une superficie de vingt à vingt-cinq hectares, ils sont réservés au bien-être de la royauté et de la noblesse. Autre espace vert et premier jardin de l’histoire à être ouvert au public parisien, le Jardin des plantes a lui aussi vu le jour au XVIIe siècle. Il en garde les allées symétriques des parcs royaux mais dévoile une collection de plantes rares et une riche diversité de végétaux à travers douze jardins thématiques. Un cadre de promenade idyllique au milieu d’arbres remarquables et de statues.

A cette époque les jardins botaniques connaissent un véritable essor en Europe. A Paris, le Jardin royal des plantes médicinales est fondé en 1626 par un édit de Louis XIII grâce à Guy de La Brosse, l’un de ses médecins. Son implantation est décidée entre la Bièvre, aujourd’hui souterraine et la rue du Faubourg Saint-Victor (actuelle rue Geoffroy Saint-Hilaire) pour en faire un jardin destiné à la culture et à la formation des futurs médecins et apothicaires.

Une véritable réserve de plantes médicinales a alors été constituée. S’il s’agit dès le départ d’un lieu de promenade, des leçons publiques et gratuites de botanique, de chimie et d’anatomie sont également dispensées en français par des démonstrateurs et non en latin comme partout ailleurs. Le succès est immédiat et le Jardin royal devient une véritable institution. Les serres, présentes dès l’origine, permettaient de conserver et d’étudier des espèces rares et exotiques. C’est surtout au XVIIIe siècle que le jardin prend son envol : l’observation et l’étude des espèces animales et végétales menées en ce lieu permettent de faire progresser l’art de guérir et de s’alimenter. C’est ici que l’on acclimate les espèces exotiques ramenées des différents voyages de jeunes savants : Tournefort, Plumier, Feuillée, … qui, au retour de leurs missions lointaines aux Antilles ou en Asie, ont effectué des expériences d’acclimatation avec les plantes rapportées. En 1729, un cabinet d’Histoire naturelle est créé afin de recevoir les collections royales de zoologie et de minéralogie. Des scientifiques de renom viennent y faire des recherches. Le Jardin va considérablement évoluer jusqu’à la Révolution : agrandissement, construction de l’amphithéâtre Verniquet du nom de son architecte, nouvelles serres équipées d’un réseau souterrain de tuyaux d’eau chaude, …

En 1793, la Convention crée le Muséum d’Histoire naturelle. L’année suivante voit l’ouverture officielle de la Ménagerie. Les premiers animaux à arriver sur le site sont ceux confisqués aux forains qui les exhibaient dans les rues de la capitale et dont l’activité fut interdite par arrêté municipal le 4 novembre 1793. Ils sont rejoints par les animaux des ménageries de Versailles et du Raincy appartenant au duc d’Orléans, au début 1794 pour ouvrir officiellement le 11 décembre suivant.

Tout au long du XIXe siècle, d’autres bâtiments sont construits pour abriter des collections toujours plus importantes et diversifiées : minéralogie, géologie, zoologie, paléontologie et anatomie. La Grande Galerie de l’Evolution, bâtiment phare du Jardin, est édifiée en 1889, quelques semaines après la tour Eiffel.

De nouveaux espaces verts ont vu le jour au cours du siècle dernier tel que le jardin alpin (1936), le jardin écologique (1938) ou encore le jardin des iris (1964).

La Ménagerie, très fréquentée par les visiteurs, s’étend sur plus de cinq hectares. Elle présente environ six cents mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens auxquels s’ajoutent des invertébrés, pour un total de cent quatre-vingt-neuf espèces. C’est l’un des rares zoos français à présenter des kangourous arboricoles, des orangs outans et des diables de Tasmanie.

Véritable trésor animal, végétal et anthropologique composé de jardins, galeries, zoo et de bibliothèques abritant plus de deux mille ouvrages, le Jardin des plantes de Paris est incontournable. Depuis 1993, tous les bâtiments, abris horticoles ou zoologiques inclus, sont classés monuments historiques.

Geneviève Forget

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