Une cinquième génération de TGV
Une cinquième génération de TGV
Appelé TGV-M, sa mise en service initialement annoncée pour les JO 2024, repoussée à début 2026, aurait pu vous transporter pendant les vacances d’été. Finalement il sera (devrait être) sur les rails début septembre 2026.
Ce nouveau TGV, moins gourmand en énergie (- 20%) avec des émissions de CO2 réduites de 32% mais transportant plus de passagers représente la cinquième génération des trains à grande vitesse conçue par Alstom pour la SNCF. Dans son ensemble, un TGV-M mesurera 202 mètres, contre 198 mètres pour les TGV actuels. Avec des aménagements (la lettre M pour Modulable), ces nouveaux trains permettront d’ajouter une « voiture » et d’augmenter la capacité jusqu’à 740 places contre 634 maximum aujourd’hui. La ligne Paris-Lyon-Marseille bénéficiera la première de ce nouveau train à deux étages.
Comment en est-on arrivé là ?
Dans les années 60, deux ingénieurs planchent sur un prototype de train à grande vitesse, deux projets différents entrent en concurrence : un projet sur rails (TGV) ayant la SNCF pour partenaire, un autre sur coussin d’air et sur un monorail en T inversé (aérotrain) soutenu par le président de la République Georges Pompidou. Chaque projet se développe et les records de vitesse tombent : 432 km/h en 1969 pour l’aérotrain, 318 km/h en 1972 pour son concurrent propulsé par une turbine à gaz.
1973 : premier choc pétrolier, le prix du gaz devient fluctuant… 1974 : mort de Georges Pompidou. Ces deux évènements signent l’arrêt du projet aérotrain. La ligne expérimentale reste toutefois visible, entre Saran et Ruan dans le département du Loiret sur 18 km. Quant au TGV expérimental de la SNCF, en se branchant aux caténaires et en promettant de réutiliser une partie du réseau classique, son évolution va continuer.
En 1981, le président Mitterrand inaugure la 1re ligne de train à grande vitesse. Ce premier TGV a marqué son époque avec sa couleur orange et son aérodynamisme. Il fut rénové au moment de l’ouverture de la LGV Méditerranée (Ligne à Grande Vitesse). La deuxième génération correspond à l’ouverture de la LGV Atlantique. Elle se distingue par sa composition, qui passe de huit à dix remorques, par sa livrée grise et par ses aménagements intérieurs (en particulier en 1ère classe). Ce sont aussi le TGV Réseau, l’Eurostar et le Thalys.
Le TGV Duplex sera la troisième génération de ce train et se signale par les nouvelles formes de la motrice et l’amélioration de l’aménagement intérieur en plaçant la plupart des sièges en vis-à-vis autour des baies vitrées. Les personnes à mobilité réduite disposent d’une plate-forme élévatrice en remorque d’extrémité de 1re classe.
La quatrième génération de train à grande vitesse l’AGV d’Alstom n’a pas été utilisée sur le réseau national. Elle fut plutôt pensée pour l’Europe et circule par exemple en Italie.
Patrick, Sophie, Mélusine, Hélène et le TGV
Derrière ces noms de code se dissimulent les rames de présérie TGV-PSE 01 et 02. Patrick est la première rame TGV sortie des usines Alstom de Belfort en 1978, il s’agit d’une rame destinée à faire des tests sur la nouvelle ligne à grande vitesse qui a ouvert en 1981 entre Paris et Lyon. Le surnom de Patrick aurait pour origine le prénom du fils du premier conducteur du TGV. Sophie quant à elle est le surnom de la deuxième rame TGV et aurait aussi pour origine le prénom de la fille du deuxième conducteur.
Le nouveau concept que constitue le TGV fit apparaître une difficulté concernant les essais. Il fallait pour faire les mesures nécessaires transformer une remorque de la rame TGV en voiture laboratoire. Mais cette solution privait le service commercial d’une rame pendant les temps d’immobilisation pour permettre la préparation de la remorque ainsi que pour sa remise à disposition. C’est dans ce contexte que fut alors décidée, en 1984, la construction d’une voiture d’essais spécifique au TGV : la VEGV, la Voiture d’Essais à Grande Vitesse, qui fut surnommée Mélusine.
La voiture Hélène (immatriculée LN184) est une voiture spéciale de la SNCF. Il s’agit d’un ancien prototype de première classe transformé en voiture laboratoire pour contrôler et mesurer les installations de sécurité et les signaux radio sur les LGV. Sa couleur évoque les teintes des rames TGV, et elle a semble-t-il une réplique bien connue en modélisme ferroviaire.
Un TGV au bord de l’autoroute
Si vous avez déjà circulé sur l’A4 pour sortir de Strasbourg, vous avez peut-être remarqué cette locomotive de TGV échouée au niveau de la sortie 50 (celle qui va vers Bischheim). Il s’agit du TGV 001 remisé en 1988 qui a connu plus de 5 000 marches d’essais et parcouru quelques 450 000km. La ville de Bischheim a décidé de racheter une des motrices en 1996 afin de la faire inscrire au titre des monuments historiques et de l’installer à son emplacement actuel. Les ateliers de Bischheim sont un très important centre de maintenance de la SNCF : le Technicentre.
Un TGV jaune aux logos bleu et rouge
Les TGV postaux ont effectué leurs dernières circulations commerciales le samedi 27 juin 2015. Ces TGV reconnaissables à leur livrée jaune, assortie de l’emblème bleu de La Poste et du logo SNCF ont transporté des centaines de millions de lettres et colis pour les Français de septembre 1984 à juin 2015. Les TGV postaux circulaient la nuit pour transporter du courrier et des colis, entre Paris, Lyon, Mâcon et Cavaillon. En raison de la baisse continue du trafic de courrier physique et de la concurrence routière, La Poste avait décidé d’en cesser l’exploitation.
Bruno Gonin

