Belle et douloureuse liberté

Il est intéressant en ce temps de Carême, de voir que le Christ est l’Homme qui refuse dans le désert de s’agenouiller devant Satan, alors que nous, nous pouvons céder à la tentation du miracle quand nous écoutons le démon qui nous fait croire que Dieu peut changer les pierres en pains.

Jésus n’est pas l’homme du miracle mais l’Homme signe de Dieu. Il nous invite à prendre notre grabat et marcher. Il nous invite à préférer les questions aux réponses toutes faites, au milieu des défis complexes de notre temps. Il nous invite à faire route ensemble pour risquer notre liberté au lieu de nous laisser tenter, comme le peuple dans le désert, de revenir en arrière, un retour qui ressemble à un esclavage. Nous pouvons être tellement nostalgiques du passé (y compris liturgique) et tellement négatifs sur notre monde ou notre Église d’aujourd’hui. Nous pouvons tellement espérer avec le démon un sauveur qui résout tous nos problèmes !

Belle et douloureuse liberté. « Le Christ nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres. Demeurez donc fermement dans cette liberté et prenez garde de ne pas redevenir des esclaves ». (Galates, chapitre V, 1).

En ces temps de grands défis écologiques et géopolitiques pour notre monde, en ces temps électoraux, en ces temps de purification de l’Église, osons croire en notre force intérieure, en celle des autres et de tout homme de bonne volonté, en celle du Christ qui parle en nous. Jésus n’a jamais été l’homme du passé, d’un clan, mais l’Homme qui parle du chemin à faire pour aller vers le Royaume. Ce chemin se fait sans exclure ou marginaliser des personnes.

Frère Baudoin, prêtre

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