Charles de Gaule (1890-1970)

Lorsqu’on évoque le général, c’est l’homme du 18 juin 1940 qui nous vient à l’esprit (cf l’article sur l’appel du 18 juin dans notre numéro de juin sur notre site Internet) puis le chef de la France libre et le président du gouvernement provisoire pendant quelques mois en 1945. Rappelé au gouvernement pour résoudre la crise algérienne, il reçoit les pleins pouvoirs pour modifier la Constitution, donnant ainsi naissance à la Vème République avant d’être élu au poste suprême le 21 décembre 1958.

Son bilan politique

C’est tout d’abord le droit de vote des femmes et leur éligibilité (1944) puis la création de la Sécurité sociale (1947). Pendant les dix ans de sa présidence : élection du président de la République au suffrage universel, modernisation et développement de la France avec une croissance de 5% par an, création du nouveau franc et du Marché commun, modernisation de l’armée, loi sur la contraception, 4ème semaine de congés payés, scolarité jusqu’à 16 ans, formation des jeunes agriculteurs, développement de la télévision et du cinéma, constructions d’autoroutes, du tunnel du Mont Blanc, du paquebot France, du Concorde… C’est aussi cinq attentats ratés entre 1961 et 1964 dont celui du Petit Clamart en 1962.

Le général dans l’intimité

Ne voulant pas profiter des avantages attribués au locataire de l’Elysée, il règle ses dépenses personnelles : téléphone, courrier, électricité (installation d’un compteur). En quittant le pouvoir, il renonce au traitement et à la retraite de chef d’Etat, se contentant de celle de général de brigade.

C’est à La Boisserie qu’il reçoit sa famille. Pour sa fille handicapée disparue à 20 ans en 1948, il se transforme en papa gâteau, lui apprend à parler, lui raconte des histoires… Elle est sa force. Bon chrétien, il se soucie toujours de son prochain et participe à la vie des habitants de Colombey-les-Deux Eglises. Avec ses cinq petits-enfants qui envahissent La Boisserie à chaque vacance scolaire, il est affectueux, chaleureux, d’autorité naturelle sans être sévère. Le parc de trois hectares est aménagé pour eux : piscine démontable, balançoire, vélo, mini-golf où il tape parfois une balle en leur compagnie, promenades auprès du mouton, des poules… qu’il refuse de manger car il les connaît.

9 novembre

Comme chaque matin le général endosse son manteau, met son chapeau et part se promener dans le parc de La Boisserie. Après le déjeuner qu’il prend de bon appétit, il reçoit un voisin. Vers 16 h 30, il retrouve son épouse pour le thé. A la tombée de la nuit, il s’installe à sa table de bridge, allume la télévision et s’occupe les mains avec ses cartes. Et puis, un cri : « J’ai mal, là, dans mon dos » ! Madame de Gaulle se précipite. Il porte déjà la main au côté, s’affaisse. Elle mesure son pouls qui est très faible ; ses employés de maison parviennent à l’allonger sur le tapis et lui glissent un coussin sous sa tête ; le général gémit… Le médecin et le prêtre sont appelés : l’un lui fait une piqûre de morphine, l’autre lui administre les derniers sacrements. Il est 19 h 35, le docteur fait un signe : Charles de Gaulle vient de succomber à une rupture d’anévrisme. Yvonne réussit à garder l’évènement secret quatorze heures durant, jusqu’à ce que celui-ci soit annoncé par une allocution télévisée du président Pompidou, restée en mémoire : « la France est veuve … » !

L’hommage du monde entier

Dès 1952, le général avait spécifié dans son testament : « Je ne veux pas d’obsèques nationales ». L’annonce de son décès fait l’effet d’une bombe ; l’émotion est immense sur toute la planète et il est impensable que le monde ne puisse lui rendre un dernier hommage. Le 12 novembre, à 11 h, en présence de Georges Pompidou et des autorités de l’Etat, près d’une centaine de dirigeants étrangers (souverains, présidents, ministres, …) se retrouvent à Notre-Dame de Paris pour une messe de requiem sans le défunt.

A 15 h, le cercueil recouvert du drapeau tricolore quitte La Boisserie sur un engin blindé. On dénombre plus de quarante mille personnes dans les rues de ce petit village de trois cent trente habitants. Au passage du cortège, alors que le glas sonne, la foule silencieuse cède à l’émotion. Sur le parvis, des Saint-Cyriens lui rendent les honneurs ainsi que des Compagnons de la Libération et quelques militaires. Après l’office religieux, douze jeunes gens de Colombey portent le général à sa dernière demeure pour y retrouver sa fille chérie qui le faisait tant sourire.

Le soir, malgré la pluie, une foule immense remontera les Champs-Elysées pour rendre un dernier hommage à ce grand homme que l’Histoire retiendra comme l’un des plus grands héros du XXème siècle.

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